BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 6 MARS 2026
a prouvé sa résilience», tout en revendiquant une posture de pré- paration : «en responsabilité, nous avons le plan d’action qu’il faut». Les drivers de croissance ne dis- paraissent pas D’un autre côté, les moteurs domestiques restent identifiables avec un cycle d’investissement structurant, des besoins en infrastructures, des programmes publics (reconstruction, loge- ment), une dynamique BTP, et des perspectives sectorielles qui continuent d’alimenter la visibilité de plusieurs compartiments de la cote. Dans ce contexte, la ques- tion centrale n’est pas de nier la volatilité, mais de la remettre à sa place, comme une variable de marché souvent amplifiée à court terme, rarement suffisante pour réécrire seule les fondamentaux. Sur la méthode, notre source sou- ligne que «raisonner en cycles est essentiel pour investir en actions». Et il précise le cadre en expliquant que «les marchés ne progressent jamais de manière linéaire. Ils alternent naturelle- ment entre phases d’expansion et phases de correction» . Il ajoute aussi un repère de long terme pour le moins important : « si l’on regarde l’historique du MASI, on constate que malgré des épisodes de volatilité, la tendance de long terme reste positive. Sur les dix dernières années, l’indice affiche une progression cumulée de près de 90%, ce qui illustre bien la création de valeur dans la durée». Les repères à garder en tête En dehors du diagnostic, la ques- tion pratique est surtout de savoir quels repères conserver quand le marché devient nerveux et que les séances se succèdent à un rythme inhabituel ? Sur ce point, notre interlocuteur souligne que «trois repères me semblent particulièrement impor- tants pour les investisseurs parti- culiers». D’abord, « le premier est l’horizon d’investissement. Les actions doivent être envisagées sur plusieurs années, car c’est sur ces horizons que les cycles économiques et la croissance des entreprises se matérialisent» . Ensuite, «le deuxième est la diver-
tement supérieur à la moyenne historique» . Et il tranche égale- ment sur la nature du mouvement actuel : «ce que nous observons aujourd’hui ressemble davantage à une réaction de marché face à un choc externe qu’à une remise en cause des fondamentaux éco- nomiques». Des fondamentaux toujours là Sur le plan souverain, le Maroc a retrouvé le statut Investment Grade après le relèvement de la note par S&P à BBB- fin sep- tembre 2025. Ce point pèse sur la perception du risque pays et sur le coût du financement externe, sans immuniser le marché contre la volatilité. Sur le plan boursier, la correction intervient après une séquence de hausse qui a revalorisé la place. Le MASI affichait plus de 60% de progression sur trois ans, avec une dynamique haussière instal- lée depuis 2023, avant l’entrée dans une phase de consolidation. La capitalisation a, elle, dépassé le seuil des 1.000 milliards de DH, un marqueur de profondeur et de taille de marché. L’élargissement de la base d’in- vestisseurs constitue un autre fait marquant. La dernière IPO a mobilisé un volume inédit de souscripteurs, avec plus de 168.000 particuliers, selon les chiffres communiqués autour de l’opération SGTM. Une donnée à lire avec lucidité : elle montre un marché plus diffusé, mais aussi une base de primo-investisseurs plus exposée au choc émotionnel des premières corrections. C’est dans ce contexte, conclut notre interlocuteur, que le mes- sage aux investisseurs, et plus précisément aux particuliers, doit rester clair : «il faut éviter de confondre une volatilité de court terme avec un changement de tendance structurelle». En parallèle, la ministre de l'Eco- nomie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, s'est voulue ras- surante à ce sujet de crise au Moyen-Orient, en expliquant en substance que « nous avons des réserves de change, un mix éner- gétique qui est de plus en plus vert et puis une économie qui
baissent fortement, les valorisa- tions deviennent mécaniquement plus attractives. Cela permet d’in- vestir dans des entreprises solides à des niveaux de prix plus raison- nables». Plutôt que de chercher à deviner la séance exacte du point bas, l’enjeu est de tenir un cap, lis- ser ses décisions, et rester cohé- rent avec son horizon. «Ceux qui ont su rester investis pendant les phases de volatilité, ou renfor- cer progressivement leurs posi- tions, sont généralement ceux qui profitent le plus des phases de reprise », conclut-il. En définitive, chercher à « timer» le marché séance par séance est rarement payant. Ce qui fait la différence, sur la durée, c’est une lecture en cycles, une diversifica- tion réelle et une stratégie tenue dans le temps, y compris quand la volatilité s’invite. À bon enten- deur. ◆
Sur les dix dernières années, l’indice affiche une progression cumulée de près de 90%, ce qui illustre bien la création de valeur dans la durée.
sification, qui permet d’amortir les fluctuations d’un secteur ou d’une valeur». Enfin, « le troisième repère est la discipline d’investissement. Les investisseurs qui cherchent à réagir à chaque séance de marché prennent souvent plus de risques que ceux qui suivent une stratégie régulière et structurée» . Par ailleurs, la question des points bas revient toujours quand la volatilité s’installe. «L’histoire des marchés montre que les phases de correction ont souvent constitué des opportunités pour les investisseurs de long terme », affirme-t-il. Son raisonnement est lucide: «lorsque les marchés
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