Finances News Hebdo 1228

23 VENDREDI 6 MARS 2026

FINANCES NEWS HEBDO

Une équation urbaine devenue plus exigeante Au moment où elle prend ses fonctions, la question de l’ha- bitat et de l’urbanisme est traversée par des tensions visibles : accès au logement devenu plus difficile pour une partie des ménages, rareté du foncier dans les grandes agglomérations, pression sur les loyers et extension urbaine rapide et désordonnée. Il s’est agi ainsi d’élargir l’ac- cès à la propriété ou à une location décente en ciblant mieux l’effort public. Dans ce cadre, la réforme de l’aide au logement a privilégié des mécanismes plus directs et plus lisibles afin d’amélio- rer l’efficacité sociale de la dépense publique. Dans l’urbanisme, El Mansouri a fait un diagnostic sévère de l’existant : des plans d’amé- nagement hétérogènes et peu flexibles, des documents d’urbanisme dépassés ou incomplets dans certaines grandes villes et un cadre juridique vieillissant qui ne répond plus à la dynamique urbaine actuelle. C’est pour- quoi elle a élaboré une feuille de route articulée autour de plusieurs priorités, notam- ment accélérer la produc- tion de documents d’urba- nisme de nouvelle génération, moderniser le cadre juridique, renforcer la gouvernance et la coordination territoriale, pré- server l’identité architecturale des villes dans les opérations de réhabilitation urbaine et mieux encadrer la question de l’habitat menaçant ruine, à travers un accompagne- ment technique et une action publique plus efficace. Dans ce sens, le Parlement a adopté le projet de loi n°64.23 relatif à la création des Agences régionales d’ur- banisme et de l’habitat, avec l’objectif de territorialiser davantage l’action publique. Le texte s’inscrit dans une réforme plus large des éta-

blissements publics. La pro- messe de cette réforme tient en trois mots: cohérence, proximité et efficacité. Avec pour objectif de corriger un défaut souvent reproché aux politiques urbaines, à savoir une administration trop ver- ticale et une coordination régionale insuffisante entre les acteurs qui fabriquent la ville. Changement de paradigme Pour sa part, la politique de la ville, elle, doit composer avec des urgences très concrètes, notamment la lutte contre l’habitat insalubre, l’amélio- ration du cadre de vie, la résorption des poches de vul- nérabilité et la sécurisation du bâti menaçant ruine. Ainsi, sous l’impulsion de Fatima Ezzahra El Mansouri, la poli- tique de la ville est sortie d’une logique administrative de relogement pour s’orien- ter vers des solutions plus durables et mieux intégrées. Le programme «Villes sans bidonvilles», qui demeure un chantier emblématique, s’ins- crit désormais dans cette relecture stratégique. À fin

décembre 2025, 382.176 familles en ont bénéficié et 62 villes et centres urbains sont déclarés sans bidonvilles. Mais, au-delà des chiffres, la ministre a porté un change- ment de paradigme : subs- tituer à une approche ponc- tuelle une vision structurelle fondée sur le recasement intégré, visant à insérer les ménages dans des tissus urbains viables, dotés d’équi- pements, de services et de perspectives d’intégration économique. Dans le cadre du programme quinquen- nal 2024-2028, c’est égale- ment à son initiative qu’a été engagée l’actualisation des données relatives à des mil- liers de ménages à l’échelle nationale. Cette mise à niveau statistique constitue le socle d’une action publique mieux

ciblée, accompagnée de mécanismes de suivi destinés à prévenir toute reconstitu- tion de l’habitat insalubre. En fait, El Mansouri a la conviction que la politique de la ville doit s’inscrire dans une stratégie continue, capable d’anticiper la pression démo- graphique, l’attractivité des grandes agglomérations et les mutations socioécono- miques. C’est dire qu’à travers son action, la ministre cherche à articuler trois dimensions complémentaires. D’abord, l’habitat, avec l’améliora- tion de l’accès au logement. Ensuite, l’urbanisme, à tra- vers la modernisation des documents de planification, la simplification des procédures et l’organisation maîtrisée de la croissance urbaine. Enfin, la politique de la ville pro- prement dite, orientée vers la réduction des inégalités territoriales, la sécurisation du bâti menaçant ruine et le renforcement de l’intégration sociale. C’est cette cohérence d’ensemble qui rythme, au quotidien, l’action de Fatima Ezzahra El Mansouri. ◆

Sous l’impulsion de Fatima Ezzahra El Mansouri, la politique de la ville est sortie d’une logique administrative de relogement pour s’orienter vers des solutions plus durables.

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