Finances News Hebdo 1228

25 VENDREDI 6 MARS 2026

FINANCES NEWS HEBDO

rique constitue un détermi- nant majeur de la compéti- tivité d’un Maroc moderne, ouvert aux dynamiques inter- nationales et soucieux d’opti- miser sa performance institu- tionnelle. Dans son approche, l’IA n’a de sens que si elle sert concrètement l’usager. «Nous devons être capables de rendre les systèmes proac- tifs, capables de surprendre utilement le client en allant au-delà de la simple extrapo- lation du passé» , nous confie- t-elle lors des Nuits de la Finance organisées par notre publication, traçant une ligne directrice qui s’adresse aussi bien aux services publics qu’aux acteurs économiques. La tâche est exigeante. La transformation digitale de l’Administration ne saurait être réduite à un simple chan- tier technologique. Elle consti- tue une réforme économique d’envergure, impliquant des coûts de transition, des ajus- tements organisationnels et une allocation plus efficiente des ressources. La digitalisa- tion des services publics, la dématérialisation des procé- dures et l’interopérabilité des bases de données requièrent rigueur et montée en compé- tence institutionnelle. C’est dans cette perspec- tive que s’inscrit le projet de loi-cadre «Digital X.0», des- tiné à structurer un nouvel écosystème de gouvernance numérique. La ministre y défend notamment le prin- cipe d’une identité numérique «à identifiants sectoriels» : au lieu d’exposer tout le «sac de données» d’un citoyen à chaque interaction, l’accès serait borné à ce qui est stric- tement nécessaire selon les usages (banque, santé, assu- rances…), dans une logique de protection par conception. Il ne s’agit plus d’exposer l’ensemble des informations d’un citoyen, mais d’en maî- triser la circulation, avec pré- cision et traçabilité.

L’expérience internationale montre que la qualité de l’administration numérique devient un critère d’évalua- tion déterminant pour les investisseurs étrangers. Pour Amal El Fallah Seghrouchni, la compétitivité d’un pays ne se mesure plus uniquement à la simplification des pro- cédures ou à la décentrali- sation géographique; elle se juge désormais à la maturité digitale de son État et à la robustesse de ses infrastruc- tures technologiques. L’IA comme levier de sou- veraineté et de confiance L’intégration de l’intelligence artificielle dans la gestion publique ouvre ainsi une nouvelle phase. L’IA permet l’analyse prédictive des poli- tiques publiques, l’optimisa- tion fine des ressources et la détection précoce des ano- malies administratives. Ces avancées constituent des préalables à la souveraineté numérique. Pour la ministre, la protection des données, la cybersécurité et la maîtrise des infrastruc- tures deviennent, dans cette

forme en profondeur l’appa- reil administratif. Mais à la différence des réformes bud- gétaires ou sectorielles, la transition numérique ne pro- duit pas toujours des résul- tats immédiatement visibles. Son impact est progressif, diffus, mais profondément transformateur. Elle agit en profondeur, reconfigure les circuits décisionnels, fluidi- fie les processus et installe durablement une culture de la performance et de la res- ponsabilité. Alors, qu’une scientifique de cette stature pilote un porte- feuille ministériel aussi stra- tégique n’est pas anodin. Le Maroc fait ainsi le choix de la compétence et de la rigueur pour façonner son avenir. L’empreinte d’Amal El Fallah Seghrouchni s’inscrit ainsi dans une dynamique de modernisation durable : poser les fondations d’une écono- mie plus agile, plus sécuri- sée et plus compétitive, en inscrivant la souveraineté numérique au cœur du projet national. Fière de vous, Amal. Bonne fête. ◆

La digitalisation des services publics, la dématérialisation des procédures et l’interopérabilité des bases de données requièrent rigueur et montée en compétence institutionnelle.

optique, des enjeux de sta- bilité économique. Car une économie digitalisée sans protection adéquate expose son système financier, ses entreprises et ses institutions à des risques qui pourraient être coûteux. Là encore, la ministre plaide pour un équilibre : «l’ambi- tion n’est pas de durcir pour durcir, mais d’aligner des règles accueillantes aux usages tout en protégeant les citoyens, l’identité numé- rique et la confiance» . Dans le même esprit, l’interopérabilité ne peut plus reposer sur un consentement approximatif; elle suppose un consente- ment explicite, traçable et des échanges strictement limités aux données autorisées. Aujourd’hui, la réforme que conduit Seghrouchni trans-

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