La revue du détaillant N° 576 - Edition 2016

Un vin primeur est un vin mis en vente presque immédiatement après la récolte, généralement deux mois, dès que la fermentation a eu lieu. On l'appelle aussi « vin nouveau », « vin jeune » ou « vin de l'année ». Il est tout à fait l'inverse de ce qu'est un vin de garde. De nombreux vignerons utilisent, pour l'obtention de leurs vins primeurs, la méthode de la macération carbonique, l'exemple le plus connu étant le Beaujolais nouveau dont le succès a incité d'autres régions à mettre en œuvre ce type de vins. Alors que la saison des vins primeurs approche à grands pas, votre magazine La Revue du Détaillant vous propose ce mois-ci de découvrir leurs particularités dans le Dossier Spécial.

UNE RÉGLEMENTATION PRÉCISE En France, les vins à Appellation d’Origine Contrôlée ne peuvent être commercialisés qu’à partir du 15 décembre suivant la récolte. Cette disposition, prise en 1951, a une finalité qualitative : il s’agit d’éviter une course à la mise en marché de vins insuffisamment préparés, en laissant le temps à tous les opérateurs de procéder aux opérations de soutirage, filtration, mise en bouteille, indépendamment de l’agrément en AOC qui a pu intervenir dès la fin des fermentations. Toutefois, dès l’origine, une exception avait été prévue pour certains vins à Appellation d’Origine Contrôlée (Gaillac, Muscadet, Beaujolais…) traditionnellement proposés sous forme de « vin bourru », c’est à dire vin jeune en fin de fermentation ou en fermen- tation tout juste achevée, consommés dès la fin des vendanges.

Un décret du 15 novembre 1967 a fixé pour ces vins, que l’on peut indifféremment qualifier de « primeurs » ou « nouveaux », et toujours dans l’esprit d’éviter la mise en marché de vins instables, une date de mise à la consommation au 15 novembre suivant leur récolte. En 1987, pour en faciliter la distribution, cette date est devenue le troisième jeudi de novembre . Devant le succès grandissant de ces vins et l’augmentation des volumes, des dates intermédiaires ont été fixées : une date de sortie de propriété, pour les vins en vrac, afin de laisser le temps de procéder aux agréments et opérations sur cuves, et une date de livraison aux détaillants, en France et dans le monde, afin de procéder aux opérations d’embouteillage sans subir la pression des distributeurs. Un dispositif analogue a été mis en place pour les Vins de Pays, qui peuvent être mis à la consommation dès le troisième jeudi d’octobre , étant produits dans leur grande majorité dans les régions méridionales, plus précoces. Compte tenu des enjeux économiques pour tous les opérateurs de la filière, du producteur au distributeur en passant par les intermédiaires qui assurent la logistique, le respect de ces dates est un élément fondamental de la loyauté des transactions. Par ailleurs il est important que ces vins, par nature délicats et objets de manipulations importantes en un temps restreint, présentent malgré tout une qualité satisfaisante. C’est la raison pour laquelle la commercialisation de ces vins fait l’objet chaque année d’une surveillance particulière sur les deux aspects évoqués.

L A R E V U E D U D É T A I L L A N T

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N°576-Octobre2016

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