Argenteuil 2025 12 12

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UNE MARCHE POUR DIRE NON À LA VIOLENCE ENVERS LES FEMMES

FRANCIS LEGAULT Initiative de journalisme local (IJL) Argenteuil francis.legault@eap.on.ca

Ce sont plus d’une soixantaine de personnes qui ont pris part à une marche commémorative dénonçant les violences faites aux femmes le 4 décembre dernier, au parc Barron de Lachute. Cet événement était la culmination des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes dans la région. Le 6 décembre 1989, un homme a pénétré à l’École Polytechnique de Montréal dans le but avoué de « combattre le féminisme » : il abattra de sang froid 14 étudiantes en ingénierie et en blessera neuf autres ainsi que quatre hommes avant de s’enlever la vie. Chaque année, le triste anniversaire de cette tuerie misogyne est souligné au Québec. De façon plus large, cette tuerie de masse a mis de l’avant la violence fondée sur le genre. Si l’anniversaire de Polytechnique est soulignée chaque année, on en profite également pour dénoncer toutes les formes de violence qui sont encore commises envers les femmes. C’est dans ce contexte que le Comité des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes de la MRC d’Argenteuil a organisé une marche commémorative le 4 décembre dernier. Des affiches individuelles avec la photo et le nom des 14 étudiantes tuées à Polytechnique ont été remises aux marcheurs. Quatre affiches supplémentaires, soit malheureusement une de plus que l’an dernier, ont également été distribuées pour rendre hommage à quatre femmes victimes de féminicide dans Argenteuil : Manon Trottier (1990), Aylin Otano-Garcia (2000), Océane Boyer (2020) et Patricia Lynda Thériault (2025). Cette marche était le point culminant des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes qui se sont tenus à travers la province. Sous le thème Même monde, même lutte, même espoir, ces 12 jours visaient notamment à mettre les projecteurs sur la violence que peuvent subir les femmes partout dans le monde. « Mais partout, ces femmes résistent, s’entraident et espérent un avenir plus sécuritaire, a expliqué Martine Mantha, co- coordonnatrice au Carrefour des femmes de Lachute. Peu importe nos origines ou nos réalités, nous partageons les mêmes combats et les mêmes rêves d’égalité. » Unis contre la violence La communauté d’Argenteuil a répondu présente à l’invitation du Comité des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes de la MRC alors que plus d’une soixantaine de marcheurs ont pris

Une soixantaine de participants, dont plusieurs membres de la famille d’Océane Boyer, ont pris part à cette marche commémorative au parc Barron de Lachute. (Francis Legault, EAP)

part à l’événement. Cependant, on notera également que ce comité était composé de plusieurs acteurs communautaires de la région, démontrant que l’éradication de la violence faite aux femmes est l’affaire de tous. Parmi ces organismes membres, on retrouvait les maisons des jeunes de Lachute et Brownsburg-Chatham. « Notre mission est de rendre les jeunes actifs, critiques et responsables, a déclaré Mélissa Desmarais, intervenante à la maison des jeunes Univers jeunesse Argenteuil de Lachute. Pourquoi avons-nous joint cette cause? C’est parce que c’est au début de la socialisation des jeunes que l’on peut les rendre plus critiques pour déceler ce qu’est de la violence, autant dans leurs amitiés que leurs relations amoureuses, et les rendre responsables de leurs actions. » Dina Tchoutchui, bénévole du Centre pour l’Immigration en région, organisme qui est aussi membre de ce comité, a pour sa part souligné comment les femmes immigrantes se retrouvent souvent isolées à leur arrivée dans un nouveau pays en raison d’un cercle social beaucoup plus réduit. « Pour moi, cet isolement s’est fait par la coupure avec ma famille et mon cercle social, explique cette Camerounaise arrivée au Québec en 2019. Le décalage horaire est un détail tellement important : c’est six heures de décalage avec mon pays d’origine. Quand moi j’étais libre, eux étaient couchés ou au travail et vice versa. Je pouvais être

des mois sans parler avec ma famille ou mes amis. L’isolement est un facteur de vulnérabilité : quand on a personne à qui se confier, on ne peut pas parler de situations particulières que l’on vit. » « Tous les 2,5 jours, une femme est tuée parce qu’elle est une femme. Chaque jour, des femmes sont humiliées, menacées, harcelées et réduites au silence, a rappelé de son côté Marie-France Rhéaume, interve- nante externe en sensibilisation et formation au centre d’hébergement La Citad’Elle de Lachute. Il faut le dire clairement : la violence faite aux femmes n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix sociaux, politiques et institutionnels. Nous sommes ici pour refuser la résignation et dire que notre deuil doit être transformé en action, que notre colère est légitime et que notre solidarité est indéfectible. » Notons que le Carrefour des femmes de Lachute et la MRC d’Argenteuil faisaient également partie de ce comité. Se souvenir Parmi les participants à cette marches, plusieurs membres de la famille d’Océane Boyer, assassinée en 2020, étaient présents. Pour sa part, la Lachutoise Nathalie Miron est venue prendre part à l’événement en souvenir de sa meilleure amie Patricia Lynda Thériault, qu’elle connaissait depuis l’âge de 9 ans et qui a été assassinée à Lachute au printemps dernier. « Je trouve qu’il est important de continuer

à faire vivre ces femmes à travers un tel événement, a-t-elle mentionné. Je suis contente de voir qu’autant de gens sont venus. On voit que l’on en parle plus, qu’il y a une sensibilisation auprès de la prochaine génération. » Madame Miron admet participer à un tel événement pour la première fois. Comme bien des gens, il faut parfois être touché personnellement par une situation pour comprendre toute son ampleur. « J’ai commencé à fréquenter le Carrefour des femmes depuis peu car cette cause me rejoint beaucoup. Mais avec le deuil, ça m’a pris du temps avant d’y aller, confirme- t-elle avant de lancer un appel à la vigilance envers la violence conjugale. Il faut rester à l’affût. Il faut aussi prendre le temps de parler avec les gens, pour voir s’il n’y aurait pas de la violence conjugale. Il faut les épauler et leur faire savoir qu’elles ne sont pas toutes seules. » Les femmes qui auraient besoin d’aide ou les personnes qui voudraient avoir des conseils pour aider une femme victime de violence peuvent contacter La Citad’Elle au 450 562-7797 ou en visitant le www. citadellelachute.ca. On peut aussi visiter le SOS Violence Conjugale au 1 800 363-9010 ou au sosviolenceconjugale.ca. Pour en savoir plus sur les services offerts par le Carrefour des femmes de Lachute, visitez le www.cafela.org ou composez le 450 562-7122.

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