Rencontre
Sébastien Dezecot, responsable R&D d’Evatec-Tools
« Une veille active pour guider nos choix technologiques futurs »
Le carburier a participé activement au Projet thématique transversal (PTT) Fabrication additive métallique à coût accessible (Famca), qui s’est terminé début décembre. Son responsable R&D revient sur les raisons de sa participation et les bénéfices qu’il en a tiré.
Cetim Infos : Vous faites partie des entreprises engagées dans le PTT Famca qui vient de se clôturer. Pourquoi cette participation ? Sébastien Dezecot : Evatec-tools est un carburier, un fabriquant d’outils coupants et de pièces d’usure en carbure de tungstène. Nous fabriquons aussi des composants en acier pour nos corps d’outil d’usinage. Pour nous le premier intérêt est une question de veille technologique. Même si certaines technologies sont un peu plus matures, la fabrication additive est encore assez nouvelle pour la plupart des industriels, et les procédés à « coût accessible » sont encore émergents. Par notre activité, nous avons des connaissances dans les procédés à poudre, en particulier en ce qui concerne le carbure de tungstène, mais nous avons besoin de faire de la veille active pour récolter des informations pertinentes pour nos choix technologiques futurs. CI : En quoi a consisté plus particulièrement votre participation au PTT ? SD : Dans ce PTT, nous avons été sollicités pour proposer des démonstrateurs. Pour l’axe 1 du projet, consacré à la veille technologique, nous avons ainsi proposé l’ébauche d’un corps de fraise trois dents pour l’usinage des métaux, afin d’essayer de simplifier les gammes de fabrication et de réduire les coûts par rapport aux solutions actuelles de fabrication par enlèvement de matière. Les solutions qui ont été testées par les équipes du Cetim dans le cadre de ce projet ont été plutôt pertinentes sur ce point. Certaines présentent des propriétés matériaux et des tolérances géométriques convenables pour ce genre de composant, avec des coûts qui restent raisonnables. Donc dans notre métier de fabricant d’outils spécifiques en petite série, il y a un intérêt à aller sur ce genre de technologies.
CI : L’usinage reste nécessaire sur ce type de pièces ? SD : Nos outils tournent à des vitesses élevées. Pour des questions vibratoires, les porte-outils doivent donc être impérativement équilibrés. En outre, les plaquettes en carbure sont placées dans leurs logements à quelques centièmes de millimètres près. Actuellement, les procédés additifs ne permettent pas d’obtenir une pièce finie fonctionnelle brute d’impression. Mais pour des ébauches, cela peut convenir. C’est un peu comme une étape de forge, mais « net shape », au plus près des dimensions de la pièce finie. Et bien sûr, ces technologies apportent l’avantage de la personnalisation et de l’ajout de fonction sur de petites séries. CI : Que vous a apporté ce travail collectif du Cetim ? savons très bien que sur ce type de procédés, certaines technologies ne fonctionnent bien qu’avec certains matériaux, notamment en termes de qualité matière. Ce travail nous a permis de cibler quelques procédés intéressants pour nos applications. Nous participons de manière assez intensive à des projets dans le domaine de la fabrication additive de pièces en carbure, notamment tournés sur la technologie de Metal Binder Jetting. La partie acier, en revanche, est un peu à la marge de notre activité principale et nous n’avons pas la capacité d’être aussi actifs sur ces sujets. Pour une entreprise comme la nôtre, ce type de projet est donc très utile. n SD : Avec ce PTT, nous avons avancé en particulier dans la connaissance de la fabrication additive des aciers. Nous
Pour une entreprise comme la nôtre, ce type de projet est très utile.
Propos recueillis par Jean-Sébastien Scandella
3
CETIM INFOS N° 279 I NOVEMBRE/DÉCEMBRE 2025
Made with FlippingBook - professional solution for displaying marketing and sales documents online