VOYONS VOIR
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 18 JUIN 2026
Ormuz
La fin de la gratuité ?
Lorsqu’il est rouvert, les marchés sont soulagés. Lorsqu’il devient payant, c’est toute la chaîne économique mondiale qui encaisse le choc. Certes, certains observateurs minimisent l’im- pact potentiel d’un péage. Quelques dollars par tonne transportée ne bouleverseraient pas à eux seuls les équilibres mondiaux. Mais ce raisonne- ment oublie l’essentiel : ce n’est pas tant le mon- tant qui compte que le précédent qu’il créerait. Car si l’Iran obtient le droit de monétiser le pas- sage dans Ormuz, pourquoi d’autres puissances maritimes ne suivraient-elles pas le même che- min ? Pékin pourrait être tenté d’appliquer une logique similaire en mer de Chine méridionale ou autour du détroit de Taïwan. D’autres Etats pourraient revendiquer des droits comparables dans des passages stratégiques. Le risque n’est donc pas seulement économique, mais plutôt géopolitique et juridique. Il touche au principe même de la liberté de navigation qui consti-
tue l’un des fondements de la mondialisation contemporaine. L’autre conséquence serait plus immédiate : l’énergie coûterait plus cher. Même modérés, les frais imposés aux navires finiraient par être répercutés sur les affréteurs, puis sur les raffineurs, et enfin sur les consommateurs. Le pétrole, le gaz, mais aussi une multitude de mar- chandises verraient leurs coûts logistiques aug- menter. Dans un monde déjà confronté à des tensions inflationnistes récurrentes, ce serait un nouveau facteur de renchérissement. Plus profondément encore, un Ormuz payant consacrerait une mondialisation devenue plus coûteuse. C’est sans doute la véritable leçon de cette guerre. C’est dire que même rouvert, Ormuz ne rede- viendra jamais ce qu’il était avant février 2026. Les assureurs, les armateurs et les investisseurs ont découvert qu’une simple bande d’eau de quelques dizaines de kilomètres pouvait mettre l’économie mondiale sous tension pendant plu- sieurs mois. Et au-delà du fait de savoir si l’Iran obtiendra un péage ou des frais de service, la question est de savoir si le monde acceptera que les artères du commerce international soient transformées en instruments de rapport de force géopolitique. That is the question. ◆ oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ............................................................................... Adresse : ......................................................................................... Ville : ............................. Code Postal : ......................................... Tél : ........................................ Fax : ............................................. E-mail : .......................................................................................... Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)
L e détroit d’Ormuz est rouvert, ou du moins en voie de l’être. Après plus de cent jours de guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, l’accord de paix annoncé entre Washington et Téhéran redonne un peu d’oxygène aux marchés, aux armateurs et aux pays importateurs d’énergie. Mais au-delà du soulagement immédiat, se pose une question qui pourrait redessiner durablement les règles du commerce mondial : l’Iran pourra-t-il faire payer le passage dans le détroit d’Ormuz ? Pour l’heure, personne ne semble détenir la réponse définitive. Les Américains affirment que le détroit sera rouvert sans péage et de manière permanente. Les Iraniens, eux, évoquent désor- mais non pas un droit de passage classique, mais des «frais de services maritimes» liés à la sécurité, la navigation, l’assurance ou la protec- tion environnementale. La nuance est diploma- tique. La facture, elle, serait bien réelle. Par D. William
En réalité, le débat dépasse largement le Golfe. Ormuz est l’une des artères vitales de l’éco- nomie mondiale. Près d’un quart du pétrole consommé dans le monde et une part considé- rable du gaz naturel liquéfié y transitent chaque jour. Lorsqu’il est fermé, les prix flambent.
Si l’Iran obtient le droit de monétiser le passage dans Ormuz, pourquoi d’autres puissances maritimes ne sui- vraient-elles pas le même chemin ?
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