FNH N° 1037 (2)

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SOCIÉTÉ

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 30 SEPTEMBRE 2021

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dose est-elle une option à l’échelle mon- diale ? Nous savons pertinemment que les personnes âgées, immunodéprimées, qui présentent des facteurs de risque, ne répondent pas forcément aux vaccins, que ce soit celui de la Covid-19 ou celui de la grippe par exemple. En effet, pour ces personnes dites vulnérables, notamment les diabétiques, les obèses…, le système immunitaire ne réagit pas d’une bonne manière si l’on compare avec les enfants, les jeunes adultes ou les personnes en bonne santé. Ces derniers possèdent un système immunitaire solide et résistant. Du coup, pour les personnes souffrant de comorbidités, l’efficacité vaccinale n’est pas aussi optimale que chez les jeunes sujets. Ajoutez à cela, qu'à chaque émer- gence de nouveaux variants, cela affai- blit considérablement l’efficacité du vac- cin administré. On se retrouve aujourd’hui avec des personnes vaccinées depuis 7-8 mois qui attrapent pourtant la maladie à cause de ces souches qui émergent en continu. Certaines même se retrouvent en réanimation. Les personnes vaccinées attrapent le virus 4 fois moins que les non vaccinées. C’est donc pour cette catégorie cible que la 3 ème dose a été préconisée afin de booster son immunité et la protéger. Il y a également une autre catégorie : ce sont les personnes qui sont en première ligne, à savoir les professionnels de la santé. Ces personnes-là nécessitent égale- ment un rappel vaccinal pour les protéger davantage contre la maladie. En tout cas, le débat est lancé concernant la généralisa- tion du rappel vaccinal pour les personnes qui ont plus de 50 ans et qui ne souffrent pas de pathologie. L’autre point à soulever concerne les autres personnes vaccinées : faut-il leur administrer une 3 ème dose ? Ce qui signifie que le schéma vaccinal serait trois doses au lieu de deux; là encore c’est un autre débat qui reste ouvert. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévient qu’il est inadmissible que des nations arrivent à trois injections, tandis que d’autres pays, notamment ceux d’Afrique (3% seulement de la population sont vac- cinées) peinent à se faire vacciner par les première et deuxième doses. Ce n’est pas équitable, et encore moins éthique. L’OMS insiste sur un équilibre vaccinal entre les nations pour éviter toute recrudescence de la pandémie, notamment l’émergence de nouveaux variants. Je rappelle toutefois que la troisième dose pour les personnes prioritaires est nécessaire.

L’OMS insiste sur un équilibre

vaccinal entre les nations pour éviter toute recrudescence de la pandémie, notamment l’émer- gence de nouveaux variants.

F.N.H. : Actuellement, certains pays appellent à se préparer à une qua- trième dose de vaccin. Parlez-nous en ? T. H. : Certains pays se préparent effective- ment à l’éventualité d’une 4 ème dose. Mais, personnellement, je pense que c’est encore prématuré de parler de cette option, même si elle existe. Il faut à mon avis attendre les résultats des études qui consolident et argu- mentent l’utilité déjà de la 3 ème dose chez les immunodéprimés. Il n’y a que les études qui peuvent démontrer la nécessité de cette 3 ème dose chez les personnes qui souffrent

de maladies chroniques ou âgées. Il faut observer la nécessité chez un groupe cible et particulier pour que la 4 ème dose soit une éventualité, mais il va falloir s’appuyer sur des études cliniques. Actuellement, il faut rester concentré et se focaliser sur la vac- cination complète de la population, à savoir recevoir les deux doses. Une troisième dose pour booster l’immunité chez les 60 ans et plus, les immunodéprimés, sans oublier les fronts liner, notamment les professionnels de la santé, est nécessaire. Nous verrons par la suite l’évolution de la pandémie et les résultats des études. ◆

Les pays qui adoptent la 3 ème dose

L’Allemagne est le premier pays européen à acter l’administration d’une 3 ème dose dès la rentrée. En France, la campagne du rappel vaccinal contre la Covid-19 bat son plein depuis le 1 er septembre. Cette démarche concerne les personnes souffrant de comorbidités et les plus âgées (65 ans ). Les États-Unis étendent la liste des personnes concernées par cette 3 ème dose. En effet, l'injection de cette 3 ème dose ne devait concerner audépart que les personnes de plus de 65 ans et les citoyens améri- cains appartenant à la tranche «à risque», de 18 à 64 ans. Mais une autre catégorie vient d’être rajoutée par l’Agence américaine des médicaments (FDA) : il s’agit des travailleurs qui sont particulièrement exposées à lamaladie. L'injectiond'une 3 ème dose pour les personnes de plus de 50 ans sera également débattue. Israël, pionnier en la matière depuis fin juillet, a déjà commencé la vaccination des personnes âgées de plus de 60 ans pour contrer le variant Delta. La Suède table sur un rappel vaccinal en 2022, avec possibilité de commencer plus tôt en faveur des personnes vulnérables. En Grande-Bretagne, le challenge est d’administrer ces fameuses doses «booster» à 32millions de Britanniques de plus de 50 ans et aux soignants. Les personnes plus jeunes souffrant de comorbidités sont également concernées par ce rappel vaccinal. Pour doper l’efficacité des vaccins anti-Covid, le rappel vaccinal fait encore débat dans certains pays occidentaux. A cet effet, le régulateur de l'Union européenne a annoncé, le 23 septembre, qu'il s'expri- merait en faveur ou pas de l'injection d'une troisième dose du vaccin Pfizer/BioNTech pour la popula- tion de plus de 16 ans. Le verdict sera annoncé début octobre.

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