L'UNIVERS DES TPME
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 11 JUIN 2026
de construire au Maroc des solu- tions capables de répondre aux besoins de l’ensemble du conti- nent africain. Plusieurs probléma- tiques que nous adressons, sécu- risation des prescriptions, accès à l’information médicamenteuse, gestion des officines ou surveil- lance sanitaire, sont communes à de nombreux pays. Nous ciblons en priorité les mar- chés où la transformation numé- rique du secteur pharmaceutique est déjà engagée et où les autori- tés manifestent une volonté forte de modernisation des systèmes de santé. L’un des atouts de notre plate- forme réside dans sa capacité à intégrer des référentiels locaux tout en s’appuyant sur des stan- dards internationaux tels que les classifications thérapeutiques, les terminologies médicales ou les référentiels de médicaments. F. N. H. : Quelle est votre vision pour l’avenir de votre startup ? Dr A.S : Notre vision est de faire de Blink Pharma l’un des prin- cipaux fournisseurs d’intelligence sanitaire du continent africain. Nous pensons que les prochaines années verront converger plu- sieurs évolutions majeures. Les acteurs capables de relier ces dif- férentes dimensions joueront un rôle déterminant dans l’améliora- tion de la qualité des soins. Notre ambition est de construire une infrastructure numérique per- mettant aux professionnels de santé de prendre de meilleures décisions, aux institutions de dis- poser d’indicateurs fiables pour orienter leurs politiques publiques et aux patients de bénéficier de soins plus sûrs et plus personna- lisés. Notre mission reste profondément humaine, il s’agit de contribuer à rendre les systèmes de santé africains plus performants grâce à une utilisation responsable de la donnée et de l’intelligence arti- ficielle. ◆
Blink Pharma entend devenir l’un des principaux fournisseurs d’intelligence sanitaire du continent africain.
ficielle et à l’aide à la décision cli- nique sans imposer aux officines de changer leurs outils habituels. Il faut garder à l’esprit que l’exploi- tation des données de santé exige un haut niveau de sécurité, d’ano- nymisation et de protection contre toute réidentification. Les lois maro- caines en matière de données per- sonnelles doivent être respectées et renforcées afin de préserver notre souveraineté sanitaire. F. N. H. : L’intelligence arti- ficielle intervient également dans la gestion des stocks et le pilotage économique des officines. Comment ces outils permettent-ils aux pharmaciens d’anticiper leurs besoins et d’améliorer la performance de leur phar- macie ? Dr A.S : L’IA joue un rôle majeur dans la gestion des officines. Nos algorithmes analysent les histo- riques de vente, les comportements saisonniers, les tendances locales de consommation et les niveaux de stock afin de générer des recom- mandations prédictives. L’objectif est d’aider le pharmacien à commander les bons produits au bon moment, à limiter les ruptures de stock, à réduire les pertes liées aux péremptions et à optimiser son besoin en fonds de roulement. Nous développons ainsi une approche où la performance éco- nomique et la qualité de service vont de pair. Une pharmacie qui anticipe mieux ses besoins est éga- lement une pharmacie qui répond mieux aux attentes de ses patients. Nous construisons une plateforme
capable d’analyser les prescriptions et d’anticiper les risques.
des phénomènes émergents, qu’il s’agisse d’épidémies saisonnières, de tensions d’approvisionnement ou de nouvelles tendances de santé publique. C’est cette capacité à transformer les données du terrain en intelligence sanitaire qui a par- ticulièrement retenu l’attention du jury du Gitex. F. N. H. : Quel rôle le finan- cement a-t-il joué dans votre croissance jusqu’à présent ? Dr A.S : Le financement joue un rôle déterminant dans toute entre- prise technologique, particulière- ment dans le domaine de la santé où les exigences de qualité et de conformité sont extrêmement éle- vées. Jusqu’à présent, nous avons privilégié une croissance fondée sur nos revenus opérationnels et sur des investissements ciblés dans la recherche et le dévelop- pement. Aujourd’hui, compte tenu des opportunités qui s’ouvrent à nous au niveau régional et conti- nental, nous étudions différentes options de financement suscep- tibles d’accélérer notre dévelop- pement. Toute levée de fonds éventuelle devra avant tout nous permettre d’investir davantage dans l’IA, les infrastructures de cybersécurité, les référentiels de santé et l’expansion internationale. F. N. H. : Où en est aujourd’hui votre stratégie de développement interna- tional et comment adaptez- vous vos solutions aux spé- cificités réglementaires et sanitaires de chaque pays ? Dr A.S : Notre vision a toujours été
F. N. H. : Le projet qui vous a valu d’être récompensé au Gitex repose notamment sur l’exploitation des données de prescription en temps réel afin de générer des signaux de santé publique. Comment cette innovation peut-elle contribuer à détecter préco- cement certaines tendances sanitaires ou l’émergence de phénomènes épidémiques ? Dr A.S : Historiquement, les sys- tèmes de surveillance sanitaire reposent souvent sur des don- nées consolidées avec plusieurs semaines ou plusieurs mois de décalage. Notre approche consiste à analyser de manière anonymisée les tendances observées au niveau des prescriptions et des dispensa- tions en temps réel. Imaginez un système capable de détecter une épidémie due à un agent inconnu 2 à 3 mois avant que celle-ci ne soit connue. Les gains pourraient être des milliers de vies sauvées, sans parler des ressources écono- misées. Lorsque certaines classes thérapeu- tiques connaissent une augmen- tation inhabituelle dans une région donnée, ou lorsqu’un ensemble de symptômes et de traitements associés apparaît de manière sta- tistiquement significative, il devient possible de générer des alertes pré- coces à destination des autorités sanitaires et des acteurs de santé. L’objectif est de fournir des indi- cateurs complémentaires permet- tant de détecter plus rapidement
AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM
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