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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 11 JUIN 2026

3 ème édition de l’AI Conférence De la réflexion aux usages

Pour Yassine Ziad, directeur Innovation & Digital Banking à Crédit du Maroc, l’IA doit avant tout être considérée comme un outil d’augmentation des capaci- tés humaines. «Le premier usage, et le plus principal, c’est d’abord pour augmenter le collaborateur afin de mieux servir le client», a-t- il expliqué. Dans le secteur bancaire, les applications concernent notam- ment l’analyse des données, la préparation des rendez-vous clients, la détection de fraude, la cybersécurité ou encore les pro- cessus de conformité. L’objectif n’est pas de remplacer le conseil- ler, mais de lui permettre de consacrer davantage de temps aux interactions à forte valeur ajoutée. Même constat du côté des Eaux Minérales d’Oulmès. Son Directeur général adjoint en charge de la transformation, Ali Chami, a détaillé plusieurs cas d’usage déjà déployés au sein du groupe. L’IA intervient aujourd’hui dans la préparation des visites com- merciales, l’analyse de plusieurs années d’historique de don- nées, la détection précoce des impayés ou encore l’optimisation des actions commerciales. Le groupe exploite également l’IA pour améliorer la relation avec les consommateurs à travers des assistants conversationnels capables de répondre en continu aux demandes des clients. Pour Yassine Ziad, les prochaines années marqueront une nouvelle étape dans l’adoption de ces technologies. «Dans trois ans, on ne posera plus la question : utilisez-vous l’IA ? Mais plutôt : qu’avez-vous amélioré ou redéfini grâce à l’IA ?», a-t-il estimé. Un constat partagé par Không- Lô Pham, qui considère que les entreprises les plus performantes demain ne seront pas nécessai- rement les plus automatisées, mais celles qui sauront combi- ner intelligence humaine et intelli- gence artificielle. «L’entreprise du futur ne sera pas une entreprise AI-centric. Ce sera une entre- prise hautement cognitive», a-t-il conclu. ◆

Lors de la troisième édition de l'AI Conférence, organisée à Casablanca par l'AI Institute, experts et dirigeants ont partagé un même constat : l'intelligence artificielle n'est plus une technologie à tester, mais un levier de transformation déjà à l'œuvre dans les entreprises. Par K . A.

 «L’entreprise du futur ne sera pas une entreprise AI-centric, mais une entreprise hautement cogni- tive», selon Không-Lô Pham.

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éunis à Casablanca à l’occasion de la troisième édition de l’AI Conférence, organisée par l’AI Institute à l’initiative du Groupe Holmarcom, dirigeants et experts ont partagé une conviction com- mune : la question n’est plus de savoir si l’IA transformera les entreprises, mais comment cette transformation doit être conduite. En ouvrant les travaux, Karim Chiouar, Directeur général du Groupe Holmarcom, a donné le ton. «Ce à quoi nous avons affaire, c’est une rupture civilisa- tionnelle» , a-t-il affirmé, estimant que l’intelligence artificielle repré- sente une révolution technolo- gique sans précédent appelée à remodeler les façons de penser, de travailler et d’interagir. Selon lui, les entreprises ont aujourd’hui la responsabilité de comprendre les enjeux de cette transformation qui s’annonce déterminante pour

les prochaines années. Invité principal de cette édition, Không-Lô Pham, professeur de stratégie et de leadership à l’Afri- can Business School de l’Univer- sité Mohammed VI Polytechnique, a proposé une lecture plus large du phénomène. Pour lui, l’intelli- gence artificielle ne doit pas être appréhendée uniquement comme une innovation technologique. «Je pense qu’on est dans une rup- ture de civilisation», a-t-il déclaré, allant jusqu’à suggérer d’inverser le thème de la conférence pour parler de «rupture civilisationnelle et bascule technologique» . Selon l’universitaire, le véritable bouleversement provoqué par l’IA est d’abord cognitif. «La vraie révolution, elle est cognitive d’abord, avant d’être une révolu- tion technologique» , a-t-il insis- té. L’expert estime que l’IA agit comme un miroir des aspirations et des inquiétudes humaines. Derrière les débats sur la souve- raineté numérique, la régulation ou l’automatisation, se cache une question plus profonde : celle de la place de l’humain dans un envi-

ronnement où certaines tâches intellectuelles peuvent désormais être déléguées aux machines. Cette évolution n’est pas sans risque. Không-Lô Pham a notam- ment alerté sur le phénomène qu’il qualifie de « Great Cognitive Flattening», ou grand aplatisse- ment cognitif, qui pourrait pro- gressivement affaiblir les capaci- tés de réflexion, de mémorisation et de raisonnement. «Le plus grand danger pour l’hu- manité dans l’ère de l’IA n’est pas technologique ou économique, mais que l’humain perde sa facul- té à générer des idées par lui- même », a-t-il averti. Face à cette réalité, il appelle les entreprises à adopter une approche proactive. «Ne soyez pas des entreprises qui subissent l’IA» , a-t-il lancé à l’assistance.

De la théorie aux usages concrets

Au-delà de la réflexion straté- gique, la conférence a également donné la parole à des entreprises déjà engagées dans l’intégra- tion de l’intelligence artificielle.

Le plus grand danger pour l’humanité dans l’ère de l’IA n’est pas technologique ou économique, mais que l’humain perde sa faculté à générer des idées par lui-même.

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