Les Souvenirs de Mamans - le roman The Promised Neverland

Le résumé : Nous sommes en 2049, Tokyo est devenue la ville la plus dangereuse au monde. La criminalité dans les quartiers a engendré la résurgence de combattants de l’ombre : les Shinobi ! L’un d’entres eux, Jin, sauve un garçon du nom de Enh, qui possède un objet de grande valeur extrêmement convoité. Afin de le protéger, Jin décide de l'intégrer dans son squad de combattants d'élites. En sera-t-il de taille pour relever les missions les plus périlleuses de Jin et ses hommes ?

Roman

Souvenirs de Mamans

Scénario : Kaiu Shirai Dessin : Posuka Demizu Roman : Nanao

Souvenirs de Mamans

Scénario : Kaiu Shirai Roman : Nanao Dessin : Posuka Demizu

Les enfants de Grace Field House Ils ont soigneusement préparé leur évasion, en suivant les instructions laissées par Norman.

EMMA

NORMAN

RAY

Boute-en-train de l’orphelinat. Enjouée, intelligente, dynamique et très agile.

Seul élément de Grace Field House dont l’intelligence rivalise avec celle de Norman.

Petit génie doué d'une capacité d’analyse hors norme et d’une faculté

de discernement exceptionnelle.

PHIL

GILDA

DON

Joyeux luron, il déteste perdre.

Petit garçon plein de vie. Il adore Emma.

Très observatrice, elle analyse finement les situations.

LANNION THOMA

NAT

ANNA

Calme mais au tempérament bien trempé, elle est attentionnée envers tous.

Thoma et lui sont inséparables.

Lannion et lui sont inséparables.

Un peu trouillard, et légèrement narcissique.

Les adultes de Grace Field House

KRONE

MÈRE-GRAND ISABELLA

Talentueuse éleveuse. C’est elle qui a éduqué Emma et ses camarades.

Directrice de Grace Field House.

Assistante d’Isabella, elle aussi au service des démons.

Les démons de Grace Field House

L’allié des enfants

WILLIAM MINERVA

Mystérieux individu qui a disséminé des indices à l’attention des enfants.

Ils élèvent les enfants de Grace Field House pour se nourrir de leurs cerveaux.

RÉSUMÉ Emma et Norman menaient une existence joyeuse et bien rythmée à l’orphelinat Grace Field House jusqu’à ce qu’ils découvrent que celle qu’ils considéraient comme leur attentionnée “Maman” ne les élevait, en réalité, que comme du bétail destiné à être livré à d’abominables démons. Ils décident alors de monter un plan d’évasion avec l’aide de leur ami Ray, puis mettent également Don et Gilda dans la confidence. Hélas, Norman, la principale tête pensante du groupe, est livré. Malgré tout, Emma et ses camarades surmontent leur chagrin et parviennent à s’évader, laissant derrière eux les moins de quatre ans, mais se jurant de revenir les sauver. Pour l’heure, ils tentent de rallier le point B06-32 que leur a indiqué William Minerva dans un message…

SOMMAIRE

Souvenirs de Mamans

Un ciel étoilé et la liste de Leslie . . . . . . . . . . . . . . 005 À la recherche du ciel de la liberté . . . . . . . . . . . . . 087

Un ciel étoilé et la liste de Leslie

À travers les bosquets se profilait l’incendie qui

ravageait l’orphelinat. Rougies par la lueur des flammes, les volutes de fumée s’étiraient haut dans le ciel nocturne. L’immense feu qui enveloppait la bâtisse teintait de pourpre les bois plongés dans la pénombre. Isabella caressait les cheveux des enfants qui s’étaient endormis sur ses genoux. Les petits, qui pleuraient quelques instants auparavant, respiraient maintenant paisiblement dans leur sommeil. Un chant rauque s’échappait d’entre ses lèvres. La jeune femme fredonnait depuis un moment un air avec nostalgie, telle une berceuse. Sa voix résonnait en accord avec le crépitement des flammes qui consumaient Grace Field House. Dans un grincement sonore, un pilier s’effondra. Tout en chantant, elle contemplait la bâtisse qui s’écroulait sous ses yeux. — … L’espace d’un instant, le site où elle avait grandi se confondit avec l’orphelinat où elle avait élevé, en tant

que “Maman”, Emma et ses compagnons. Isabella baissa les yeux et observa les enfants qui dormaient tranquillement sur ses genoux, des traces de larmes encore visibles sur leurs joues. Ces enfants plongés dans le sommeil, ignorant tout de leur situation. Elle jeta un coup d’œil à l’un d’eux, un jeune garçon aux cheveux noirs et courts. Phil… Le petit devait avoir compris le plan qu’avaient mis à exécution ses aînés. Elle ne savait cependant pas encore quelles idées s’étaient faites les quatre bambins en fuite. Isabella contempla longuement ces visages innocents. Et moi, qu’ai-je pensé en apprenant la vérité sur ce monde ? La jeune femme s’étonna en silence de constater que vingt années s’étaient écoulées depuis ce moment. À cette époque, tout comme Emma et ses amis, elle vivait également à l’orphelinat dans l’ignorance la plus totale. Mais cet endroit, qu’elle voyait comme un havre de paix, s’était révélé être un élevage d’enfants destinés à être livrés en pâture aux “démons”. Les tests qu’ils passaient tous les jours servaient à rendre leur cerveau plus savoureux. Leur Maman adorée n’était autre qu’une éleveuse de bétail, complice de ces monstres.

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Si les enfants n’avaient pas le droit de se rendre au fond de la forêt, c’était en réalité parce qu’ils risquaient de découvrir le mur qui les retenait prisonniers. Et leurs frères et sœurs, qu’ils pensaient partis vivre dans de nouvelles familles, avaient été tués. Les visages des camarades avec qui elle avait joué et ri lui revinrent en mémoire. Elle se rappelait parfaitement chacun d’entre eux, leur nom, leur apparence, ainsi que les mots qu’ils avaient échangés. Son petit frère qui pleurnichait tous les matins parce qu’il n’arrivait pas à nouer ses lacets, sa grande sœur câline… Et puis, Leslie. Ce prénom, qui demeurait perpétuellement au fond d’elle sans qu’elle puisse l’oublier, résonna en écho avec le chant qu’elle fredonnait depuis un moment. — Leslie… Du même ton que la mélodie qu’elle chantait jusqu’alors, Isabella prononça doucement ce nom dans l’obscurité de la nuit. Ce souvenir qui avait refait surface revenait par intermit- tence dans son esprit, comme une image sur un projecteur défectueux. Isabella lâcha un rire amer. C’est sûrement parce que jusqu’à maintenant, j’ai toujours fait en sorte de ne jamais regarder en arrière… Son passé, qu’elle avait scellé pendant vingt ans, rejaillissait à présent.

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Cette nuit-là, avec un visage radieux, elle avait accompagné du regard son ami tandis qu’il s’en allait, avant d’apprendre la vérité. Bien trop tard. — … Aujourd’hui encore, elle se souvenait très bien du désespoir qu’elle avait ressenti en se tenant sur le mur. Ce soir-là aussi, il faisait froid, et la neige tombait du ciel en virevoltant. Par-delà les flocons blancs s’étendait un abîme ténébreux. La fillette qu’elle était alors ne comprenait pas ce qu’impliquait le paysage qui se dévoilait sous ses yeux. C’est quoi, ça ? Le monde extérieur qui se trouvait derrière ce mur était pourtant censé être celui dans lequel Leslie était parti vivre. — “Isabella !” Alors qu’une voix étonnée avait brisé le silence en pro- nonçant son prénom, la jeune fille s’était retournée avec stupeur. Sa Maman se tenait au bas du mur, un sourire sur les lèvres. Puis, elle avait appris la vérité sur ce monde. Le fait qu’ils n’étaient que du bétail condamné à être dévoré. Qu’il n’y avait pas d’humains à l’extérieur. Que Leslie, soi-disant parti dans sa nouvelle famille, était probablement mort… Depuis ce jour, le désespoir et la colère s’étaient mis à bouillir en elle sans jamais s’arrêter. Elle s’était mise à

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haïr sa Maman et les dirigeants de l’orphelinat. Elle s’était juré de s’échapper. Mais si maligne qu’elle était, elle avait vite compris que malgré l’ardeur et les moyens qu’elle y mettrait, il serait impossible de mettre ce plan à exécution. L’enfant de douze ans avait alors choisi la voie d’éleveuse. (Mais…) Comme éblouie, Isabella songea à la corde qu’elle avait vue ondoyer dans l’obscurité de la nuit, et aux enfants qui devaient se trouver au bout. Emma et ses compagnons se tenaient à présent de l’autre côté du mur. Ils se trouvaient à “l’extérieur” de ce monde clos. Ils étaient parvenus à accomplir l’évasion dont elle avait autrefois abandonné le projet. L’air glacé de l’hiver vint caresser les joues de la jeune femme. Ce n’était plus l’expression sévère de l’éleveuse qui poursuivait Emma et ses amis qui se dessinait sur son visage, mais plutôt le sourire paisible d’une mère. Le vent apportait l’odeur de l'incendie. Isabella tira une couverture afin que les cendres ne se déposent pas sur les enfants. Soudain, une bourrasque s’éleva et les bouts de papier brûlés se mirent à danser comme des flocons. L’un d’eux tomba tout près de sa main. Elle saisit machinalement la feuille aux bords roussis. — Ah !

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Ses yeux s’écarquillèrent devant les mots qu’elle découvrit. Les sentiments et la nostalgie qui jaillirent alors vinrent se confondre avec la chanson qu’elle fredonnait depuis un moment déjà. Pourquoi mainte- nant ? pensa-t-elle. Elle n’avait pourtant jamais osé rouvrir ce “carnet”. — Leslie… prononça-t-elle comme une prière. Sur la feuille entre ses mains était rédigée une liste… Les rayons du soleil éclairaient paisiblement le toit de l’orphelinat. Des cris joyeux de bambins s’éle- vaient çà et là dans le jardin. Un peu plus à l’écart, sous un arbre surplombant une colline, un garçon chantait. Les cheveux lisses et les yeux clairs, son visage était parsemé de taches de rousseur. Il fredonnait doucement, d’une voix si modérée que seul le papillon qui voletait près de ses mains semblait pouvoir l’entendre. — Elle est drôlement jolie, cette mélodie ! Leslie – le garçon qui chantait – sursauta à cette re- marque qui provenait des branches au-dessus de sa tête. — Isabella ! La fillette bondit en toute légèreté au sol depuis les hautes branches. Suivant le mouvement, sa natte sautilla dans son dos. 1

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— J’étais perchée dans l’arbre quand je t’ai entendu fredonner… Alors qu’elle tournait vers lui un sourire désolé, Leslie se tenait la poitrine, le cœur battant à tout rompre. — Tu m’as fichu une de ces trouilles ! Isabella s’assit à côté du garçon, les genoux entre ses bras. — Comment s’appelle cette chanson ? Devant sa question, Leslie balbutia quelques instants. Il pensa se taire, mais, bien trop heureux que la fillette s’intéresse à cet air, il finit par répondre d’une petite voix : — Ben, en fait… Elle n’a pas de titre. Isabella comprit aussitôt ce qu’impliquait sa réponse. De surprise, elle se pencha en avant. — Attends, tu veux dire que c’est toi qui l’as inventée ?! — Oui… Une chanson sans nom était forcément une chanson de son propre cru. Devant la réaction inattendue de la jeune fille, Leslie avait répondu avec hésitation. — Woah ! Génial ! fit Isabella avec insouciance en le fixant de ses yeux noirs. Elle semblait sincère. Après tout, il est normal d’être épaté devant une personne qui possède un talent que l’on n’a pas. — Tu veux bien me la chanter en entier ? demanda-t-elle en riant. — Hein ?!

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Le garçon la fixa en clignant des yeux devant cette de- mande inattendue. À ses côtés, la fillette attendait qu’il

entonne sa mélodie. — Bon… D’accord.

Il se sentait un peu gêné devant son premier spectateur. — Mais tu n’en parleras à personne, d’accord ? Je pré- fère que ça reste entre nous… fit-il en levant l’index. Isabella acquiesça dans un sourire. À voix basse, comme pour confier un secret, Leslie commença à chanter. Son souffle tremblotant se transforma peu à peu en voix claire. À ses côtés, les genoux contre sa poitrine, Isabella fixait le jeune chanteur. Alors qu’il baissait souvent la tête par timidité, quand il s’agissait de musique, le garçon avait les yeux brillants de plaisir. Tout en continuant de l’observer, Isabella se mit à reprendre son chant en duo. Leslie tourna vers elle un regard légèrement surpris en voyant qu’elle avait déjà retenu les paroles, mais ne s’arrêta pas de chanter pour autant. Reprenant une profonde respiration, Isabella répéta les vers. Quelle jolie chanson… Le vent emporta leurs deux voix par-delà la colline.

Par la suite, Isabella avait chanté cette mélodie

en chœur avec Leslie à plusieurs reprises. Ils passaient ensemble des moments agréables et amusants.

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Isabella aimait aussi courir partout ou jouer aux échecs avec les autres enfants, mais la compagnie de Leslie lui offrait un confort différent. Être avec le garçon l’apaisait. La chanson qu’il avait écrite était à l’image de la bonté qui émanait de lui. Mais lorsqu’on lui faisait ce compliment, le garçon riait avec embarras en détournant le regard. — Je ne suis qu’un bon à rien… Isabella ne comprenait pas. Il avait écrit un morceau, il était doué au chant, savait même jouer du violon, et malgré ça, il n’avait absolument aucune confiance en lui et répétait toujours qu’elle était bien plus incroyable que lui. À ses yeux, Isabella était en tout point une fille parfaite et bien plus éminente que les autres. Intelligente, elle obtenait toujours le meilleur score aux tests. Rapide, elle était aussi très douée en sport, ce qui lui valait d’être la coqueluche de ses petits camarades. Ses cadets l’admiraient ; ses aînés reconnaissaient sa supériorité. Comparé à elle, Leslie pensait n’être qu’un bon à rien insignifiant. Il n’était pas fait pour les études et se faisait toujours attraper en premier lorsqu’ils jouaient au loup. Il craignait de s’exprimer en public, n’était pas capable d’amuser son entourage et n’avait rien pour s’attirer la popularité de ses camarades.

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Il aimait certes la musique, mais au fond de lui, Leslie pensait que ce n’était pas un domaine duquel il pouvait tirer une quelconque fierté. Être doué dans les études et en sport, c’était classe, être bon en musique, ça n’appor- tait rien. C’est ainsi qu’il voyait les choses. Voilà pourquoi il aspirait à être meilleur qu’Isabella ne serait-ce que dans un seul autre domaine. Il souhaitait changer depuis toujours. C’était dans ce but qu’il avait commencé à faire la liste de ses “objectifs”, il y avait déjà un moment de cela. — Haa… Je n’en ai toujours pas réalisé un seul… Pendant leur récréation de l’après-midi, Leslie était assis sur son lit dans la chambre vide. Il tenait entre ses mains un petit carnet de notes. Le garçon souligna divers mots de son index et poussa un soupir. À ce moment-là, le visage d’Isabella apparut dans le cadre de la porte ouverte. À la hâte, il referma son carnet et le fourra dans le tiroir de sa table de chevet. Il descendit du lit et suivit son amie dans le couloir. Dans le réfectoire, on s’activait déjà pour préparer le dîner. — Maman, j’ai ramené Leslie ! lui lança Isabella tandis que celle-ci réprimandait les petits qui couraient dans tous les sens. — Leslie ! Maman t’appelle. — Hein ? Ah, OK ! J’arrive.

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La jeune femme qu’on appelait “Maman” se retourna alors, dans sa robe noire et son tablier blanc. À côté de sa camarade, Leslie laissa errer son regard à droite, à gauche, inquiet de ne pas savoir pourquoi on l’avait fait venir. Maman posa une main sur l’épaule du jeune garçon. — Félicitations, Leslie ! À ces mots, il leva les yeux et rencontra le regard plein de tendresse de sa tutrice. — Nous t’avons trouvé une famille ! Leslie poussa un énième soupir. — Leslie, tu fais déjà ta valise ? Pendant le temps libre après le dîner, les enfants s’affairaient soit au nettoyage, pour ceux dont c’était le tour, soit à leurs devoirs. Isabella était venue voir Leslie, qui profitait de ce moment pour réunir ses affaires. — Pas vraiment… Mais je me suis dit que j’allais au moins rassembler ce que j’allais emporter avec moi. — Bonne idée. Tu veux un coup de main ? Isabella s’assit sur le lit et regarda le contenu des tiroirs que Leslie avait vidés. Il s’y trouvait toutes sortes de souvenirs, comme des lettres que ses aînés lui avaient données avant de quitter l’orphelinat, ou des dessins de 2 En rangeant ses objets personnels autour du lit,

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ses cadets. La fillette prit une carte réalisée par une de leurs petites sœurs, partie le mois dernier. — Leslie, après-demain soir, toi non plus, tu ne seras plus là… murmura-t-elle. — Oui… J’ai du mal à réaliser. Le garçon nettoya un tiroir avant d’en contempler l’espace vide. — Dis, est-ce qu’il y a quelque chose que tu aimerais faire ici et que tu n’as pas encore réalisé ? — Hein ? Devant une question aussi soudaine, Leslie ne sut que répondre. Isabella posa un doigt sur son menton et dit tout en réfléchissant : — Tu vois… Ce serait par exemple une bêtise super grave, ou bien désobéir à Maman ? — Je ne peux pas faire une chose pareille… Devant son air ébahi, Isabella se mit à rire candidement. — Pourquoi pas ? C’est ta dernière occasion. Alors que la jeune fille s’amusait de la situation, Leslie pensa à quelque chose de bien différent. — Ou… Oui, c’est vrai… répondit-il, les yeux tournés vers son carnet posé à côté de la main de son amie. Il voulait le saisir l’air de rien et le remettre dans le tiroir, mais cela risquait d’éveiller ses soupçons. Alors qu’il commençait à paniquer, Isabella remarqua ce

que fixait son regard. — Tu as besoin de ça ?

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— Ah ! Leslie tenta d’attraper le petit cahier dont sa camarade venait de s’emparer, mais dans sa précipitation, sa main le heurta. Le carnet tomba au sol dans un claquement. Il s’ouvrit alors sur une page lue et relue à plusieurs reprises. — C’est… — Ouaah ! Regarde pas ! Affolé, le garçon essaya de ramasser l’objet, mais son amie fut plus rapide. — “Liste d’objectifs” ? Sur la page ouverte avaient été rédigés au crayon à papier plusieurs éléments numérotés. 1. Arriver à jouer Nocturne n o 2 au violon. 2. Obtenir la note maximale aux tests. 3. Être trouvé en dernier au jeu du loup. 4. Lire tous les livres de la bibliothèque. 5. Arriver à grimper aux arbres. 6. Surprendre mes petits frères et sœurs. 7. Être félicité par Maman pour quelque chose d’autre que la musique.

8. Aller voir au-delà de la forêt. 9. Lui montrer une étoile filante.

Il semblait y avoir encore une ligne, mais celle-ci avait été noircie. Leslie reprit son carnet avant qu’Isabella ne la remarque.

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— Ce… c’est… euh… Le visage écarlate, le garçon baissa la tête. Son expression masquée par sa frange, il marmotta à voix basse : — J’ai juste noté ce que je veux arriver à faire avant de partir d’ici… Elle doit me trouver ridicule… pensa-t-il au fond de lui. Son carnet à la main, le garçon ne pouvait se résoudre à lever les yeux vers son amie. Il y eut un silence pesant. — OK, tu vas accomplir tout ça dès maintenant. Leslie ne s’attendait pas du tout à cette réaction. — Hein ? fit-il en levant la tête, surpris. Ses yeux croisèrent le regard noir et étincelant d’Isabella. — Ben oui, commencer ta nouvelle vie en laissant des regrets ici, ce n’est pas terrible, non ? — C’est vrai, mais… c’est impossible. Il ne me reste plus que deux jours, sans compter aujourd’hui. — Exactement, il nous reste ENCORE deux jours, fit Isabella en reprenant la formulation pessimiste de son ami. Commençons par le premier vœu : “Arriver à jouer Nocturne n o 2 au violon.” Elle sauta au pied du lit. Le carnet serré sur son cœur, le garçon ouvrit de grands yeux ronds en réalisant qu’Isabella avait récité mot pour mot la première ligne de sa liste. — Hein ? Tu l’as retenue en si peu de temps ?! Ne me dis pas… que tu as tout mémorisé ?

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— Ben quoi ? C’est pas si long que ça, lâcha-t-elle l’air de rien à un Leslie muet de surprise. C’est vrai qu’elle obtient tous les jours le maximum aux examens… — Bien, retrouvons-nous demain dans la salle de musique pendant le temps libre ! lança-t-elle en agitant la main tandis qu’elle se dirigeait vers le couloir. — Euh… quoi ?! Leslie était déconcerté. Il serra contre lui son carnet, qu’il n’avait jusqu’alors jamais montré à personne…

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YAKUSOKU NO NEVERLAND -MAMA TACHI NO TSUISOKYOKU- © 2019 by Kaiu Shirai, Posuka Demizu, Nanao All rights reserved. First published in Japan in 2019 by SHUEISHA Inc., Tokyo.

French translation rights in France and French-speaking Belgium, Luxembourg, Switzerland and Canada arranged by SHUEISHA Inc. Édition française KAZÉ 8, rue Ambroise Thomas 75009 Paris www.kaze-manga.fr DIRECTEUR ÉDITORIAL Pierre Valls TRADUIT DU JAPONAIS PAR Manon Debienne et Sayaka Okada DESIGN & MAQUETTE Clémence Perrot RESPONSABLE DE FABRICATION Julie Baudry

ISBN : 978-2-82033-881-5

Achevé d’imprimer en janvier 2020 par L.E.G.O. SpA, Lavis (Italie). Dépôt légal : février 2020

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