Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc
Du 19 février 2026 - 8 DH - N° 1226
PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC
Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli
Réglementation des changes Cap sur la simplification avec l’IGOC 2026
Futur indice obligataire de JP Morgan Un tournant pour l’attractivité du Maroc
P. 2/8/9
P.11
P. 6/7
Grève des avocats
Comment la Russie alimente ses tranchées avec la jeunesse africaine Guerre en Ukraine
Entretien avec Me Omar Bendjelloun, docteur en droit international, avocat aux Barreaux de Rabat et Marseille. «Nous avons gagné une bataille, mais pas encore la guerre»
P.24/25
P.4
Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma
SOMMAIRE
2
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
Ça se passe au Maroc Voyons voir : Guerre en Ukraine, comment la Russie alimente ses tranchées avec la jeunesse africaine 3 4 ACTUALITÉ Point Bourse Hebdo : Appel d'air pour le Masi Programme "Croissance" : Trente-et-une entre- prises industrielles certifiées pour accélérer leur développement Ouverture du capital : Ryad Mezzour exhorte les industriels à passer à l’action Réglementation des changes : Cap sur la simplifica- tion avec l’IGOC 2026 Croissance : Le FMI anticipe la poursuite de la dyna- mique en 2026 Futur indice obligataire de JP Morgan : Un tournant pour l’attractivité et le financement du Maroc L’administrateur référent au Maroc : Levier de per- formance et d’équilibre des pouvoirs Crédit du Maroc : Cap maintenu, place à l’accéléra- tion 5 6 7 8 10 11 12 16 BOURSE & FINANCES
22 L'UNIVERS DES TPME
Editorial
Entretien avec Khalid Aoussar : Vove ID, «Notre ambition est de devenir une infrastructure de confiance pour l’économie digitale»
SOCIÉTÉ
24
Entretien ave Me Omar Bendjelloun : Grève des avocats, «Nous avons gagné une bataille, mais pas encore la guerre» Intempéries : Ces anonymes qui ont refusé d’aban- donner les animaux Entretien avec Dr Hafsa Abouelfaraj : Catastrophes naturelles, Derrière les dégâts maté- riels, des traumatismes invisibles Entretien avec Dr Mohammed El Kiadi : Intempéries, «Dans toute catastrophe, les ani- maux sont des victimes silencieuses»
26
Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication
28
29
Régime des changes
L' Une mue pragmatique
Instruction générale des opérations de change (IGOC 2026) s’inscrit dans une trajectoire de réforme graduelle qui confirme un changement de posture de la réglementation des changes au Maroc. Longtemps perçue comme un cadre essentiel- lement prudentiel, parfois rigide, elle revendique désormais un rôle plus économique et plus stratégique au service de la compétitivité des entreprises et de l’internationalisation du tissu productif. La rencontre entre la CGEM et l’Office des changes (OC), tenue le 17 février courant, au-delà de son caractère institution- nel, consacre cette évolution. En effet, la nouvelle architecture de l’IGOC 2026 traduit d’abord une volonté de lisibilité. Dans un environnement économique marqué par une montée en com- plexité des opérations et une accélération des flux numériques, la clarté régle- mentaire devient un facteur de performance. En simplifiant les dispositifs, en rationalisant les procédures et en clarifiant les règles applicables, l’OC répond à une attente forte des entreprises, en particulier celles tournées vers l’export, l’investissement productif et les services à valeur ajoutée. Cette lisibilité limite les risques d’erreurs involontaires et améliore la prévisibilité des décisions, un élément déterminant pour l’investissement à moyen et long terme. L’IGOC 2026 consacre également une logique d’assouplissement maîtrisé. Dans un contexte où le Maroc cherche à renforcer sa base industrielle, soutenir la montée en gamme de ses exportations et attirer davantage d’investisse- ments directs étrangers, la réglementation des changes ne peut rester figée. Elle doit accompagner cette dynamique sans fragiliser les équilibres macroé- conomiques. La stratégie 2025-2029 de l’OC illustre cette approche progres- sive qui privilégie l’adaptation continue aux réalités économiques. Les mesures relatives au commerce électronique constituent, à cet égard, un signal fort. Le relèvement de la dotation annuelle dédiée aux startups à 2 MDH marque une reconnaissance explicite du rôle du digital dans la transformation de l’économie. De même, le relèvement de la dotation e-commerce individuelle traduit une prise en compte de l’évolution des comportements de consommation et de la digitalisation des dépenses. Tout autant, les ajustements opérés sur les dotations liées aux voyages professionnels et personnels participent de la même logique. Au-delà des montants et des seuils, l’IGOC 2026 se distingue par son approche orientée vers l’accompagnement. Le discours de l’OC met l’accent sur la pédagogie, la formation de l’écosystème et la modernisation des services. Le lancement de la plateforme OC E-Rendez-vous s’inscrit dans cette dynamique de digitalisation de la relation avec les usagers. Cette initiative illustre une évolution vers une administration plus proactive, plus accessible et plus alignée sur les standards internationaux. En définitive, l’IGOC 2026 ne se limite pas à une mise à jour technique de la réglementation des changes. Elle reflète une vision économique qui place l’entreprise, l’innovation et l’ouverture internationale au cœur du dispositif. Avec une ambition forte de l’OC : accompagner la transformation structurelle de l’économie marocaine et renforcer sa capacité à s’inscrire durablement dans les chaînes de valeur internationales. u
ECONOMIE
17
Habitat rural : L’Etat opère un recentrage straté- gique Investissements : L’heure du rééquilibrage public-privé Mobilité verte : Le Maroc peine encore à changer de vitesse Entretien avec Driss Effina : BTP, «La dynamique positive enregistrée en 2025 devrait se poursuivre en 2026»
HIGH-TECH
18
20
30
Réduction des droits d’importation des smart- phones : Des prix en baisse, mais un effet encore limité sur le marché Apps mobiles : Derrière les 149 milliards de télé- chargements, un marché devenu une machine à sous
21
31
• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine • Mise en page : Zakaria Beladal
• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL
• Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021
• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com
ÇA SE PASSE AU MAROC
3
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
CMI : Lancement de Fatourati Agrégateur
L e Centre monétique interbancaire poursuit l’élargissement de son écosystème digital avec le lan- cement de Fatourati Agrégateur, une nouvelle évolution de sa plateforme de règlement de créances. Cette initia- tive permet désormais aux éditeurs de logiciels, fintechs et plateformes digi- tales d’intégrer directement les services Fatourati dans leurs solutions, facilitant ainsi l’accès au paiement multicanal pour un large tissu d’entreprises. Evénements catastrophiques Activation du volet assurantiel du régime de couverture A la suite de la décision du chef du gouvernement de déclen- cher l’état d’événement catas- trophique, conformément à la loi 110- 14, pour plusieurs communes relevant des provinces de Kénitra, Larache, Sidi Kacem et Sidi Slimane, la Fédération marocaine de l’assurance annonce l’ac- tivation du volet assurantiel du régime de couverture contre les conséquences des événements catastrophiques. Les types de contrats donnant droit à une indemnisation matérielle et/ou corpo- relle sont les suivants, à condition que les assurés se trouvent dans l’une des communes mentionnées dans l'acte administratif attendu dans les prochains jours, conformément aux dispositions réglementaires : • Les contrats d’assurance couvrant les dommages aux biens, tels que l’assu- rance multirisque habitation, la multi- risque industrielle ou encore la multi- risque commerciale. • Les contrats d’assurance automobile, couvrant les dégâts au véhicule ainsi que les préjudices corporels subis par le propriétaire, son conjoint et ses enfants (y compris en cas de décès). • Les contrats d’assurance de respon- sabilité civile, tels que la RC exploita- tion, pour les préjudices corporels cau- sés aux tiers présents dans les locaux prévus aux contrats. La FMA informe les assurés et bénéfi- ciaires qu’ils doivent se rapprocher de leur intermédiaire en assurance pour vérifier leurs droits à indemnisation et effectuer leurs déclarations. ■
Interconnectée à 32 banques et éta- blissements de paiement, la plateforme Fatourati ambitionne de démocratiser le règlement électronique des créances, aussi bien pour les grands comptes que pour les PME et TPE. Avec Fatourati Agrégateur, les logiciels de facturation peuvent devenir de véritables outils de gestion financière, couvrant l’ensemble du cycle, de l’émission de la facture
jusqu’au suivi effectif du paiement. L’intégration de Fatourati représente également, pour les éditeurs, un facteur de différenciation en enrichissant leurs offres d’une brique de paiement multi- canal, sans gestion directe des fonds et dans le respect du cadre réglementaire. Concrètement, Fatourati offre aujourd’hui plus de 70 canaux de règle- ment, digitaux et physiques, incluant
le mobile banking, l’e-banking, les wal- lets, ainsi que les réseaux de proxi- mité, agences bancaires et guichets automatiques. Cette diversité permet de répondre aux besoins de tous les profils d’usagers, bancarisés ou non, en milieu urbain comme rural. Déployée depuis 2013, la plateforme a traité plus de 240 millions de transactions et collecté plus de 220 milliards de dirhams à fin 2025. ■
www.fnh.ma
VOYONS VOIR
4
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
Guerre en Ukraine Comment la Russie alimente ses tranchées avec la jeunesse africaine
L
logistique, certaines affichant ouvertement la des- tination militaire et d’autres se cachant derrière des offres d’études ou d’emplois civils. Pour appâter les candidats, la promesse d’une rémunération conséquente. Les montants avan- cés varient selon les annonces, mais l’offre typique mise en avant parle d’une prime à la signature comprise entre 2.000 et 30.000 dol- lars et d’un salaire mensuel autour de 2.200 à 2.500 dollars, avec couverture médicale, puis la perspective d’une naturalisation après trois à six mois de service. Pour une partie de la jeu- nesse africaine, cette promesse se superpose à un horizon bouché. Chômage, précarité, crises politiques récurrentes et obsession de quitter le pays. Moscou exploite alors ces fragilités. Et elle le fait en jouant aussi sur un contraste politique avec, d’un côté, une Europe qui tient un discours de plus en plus hostile à l’immigration et, de l’autre, une Russie qui se met en scène comme accueillante et ascenseur social, parfois même comme terre prétendument «sans racisme». C’est une propagande vicieuse, construite sur la fatigue morale d’une jeunesse africaine qui cherche déli- bérément une issue à sa misère sociale. Le plus inquiétant est la porosité entre migration et militarisation. Le rapport décrit le visa touris- tique comme porte d’entrée fréquente, accéléré par des agences qui promettent des procédures rapides, parfois via l’achat de lettres d’invitation. Il évoque aussi un canal coercitif documenté dès 2024 : celui des migrants africains en situation irrégulière interceptés en Russie, confrontés à un choix binaire entre expulsion et contrat militaire. Et lorsque l’on ajoute les fausses offres d’emploi oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)
pour des usines ou des sites industriels, l’hypo- thèse d’un entonnoir vers l’enrôlement devient difficile à écarter. Le Maroc n’est pas hors du champ. Selon les éléments issus des listes nomi- natives exploitées par INPACT et présentées comme non exhaustives, au moins trois ressortis- sants marocains sont identifiés comme ayant été recrutés par l’armée russe depuis 2023 pour com- battre en Ukraine. Parmi eux, deux sont recensés comme tués au combat. Agés de 22 ans au moment du décès, leur nom figure dans la liste des combattants africains morts en Ukraine annexée au rapport. Le troi- sième marocain, 28 ans, dont le contrat aurait été signé en mars 2024, est présumé vivant au moment de la collecte des données. Quelle réaction des pays africains ? Il faut regarder en face ce que ces recrute- ments disent de la Russie d’aujourd’hui. Moscou industrialise le recrutement transnational pour ensuite utiliser la jeunesse africaine comme chair à canon. Elle le fait tout en cultivant un discours de partenariat avec l’Afrique, comme si l’amitié géopolitique pouvait se mesurer au nombre de jeunes africains envoyés dans les tranchées. Du côté des dirigeants africains, la gêne officielle, voire l’indignation, quand elle existe, est souvent tardive. En effet, le phénomène se dissout très souvent dans l’indifférence ou dans la prudence diplomatique. Seuls quelques Etats se sont expri- més publiquement, souvent après des captures ou des décès médiatisés. En 2022, la Zambie a exigé des explications concernant le décès d’un de ses ressortissants sur le front ukrainien. Agé de 23 ans et étudiant en ingénierie nucléaire à l’Institut d’ingénierie phy- sique de Moscou, il était censé purger une peine de prison en Russie pour trafic de drogue. Le 10 février courant, le Kenya a vivement réagi, jugeant «inacceptable» que ses ressortissants soient trompés pour être utilisés comme «chair à canon» par l'armée russe. «Il semble qu'il y ait un schéma consistant à attirer des gens et à les faire mourir», a affirmé Abraham Korir Sing'Oei, numéro deux du ministère kényan des Affaires étrangères. Alors, peut-on mettre fin à ces pratiques des Russes ? A l’évidence, tant que les Etats africains n’offriront pas à leur jeunesse des trajectoires d’insertion réelles et la perspective d’une vie meilleure, la promesse russe continuera de se vendre. Même lorsqu’elle mène à la mort. ◆
Par D. William
a Russie a trouvé en Afrique un réservoir humain commode pour alimenter une guerre d’attrition en Ukraine, au moment où ses pertes s’accumulent et où l’effort de recrutement interne ne suffit plus. Les données exploitées par INPACT, issues de listes nominatives croisées avec des traces numériques et des contacts de terrain, montrent une mécanique structurée et cynique. Les chiffres publiés en ce mois de février donnent une idée de l’ampleur du phénomène, sans prétendre clore le sujet puisque les enquêteurs insistent sur le caractère incomplet des listes. Entre le 1 er janvier 2023 et le 5 septembre 2025, 1.417 ressortis- sants africains sont identifiés comme ayant signé un contrat pour rejoindre l’armée russe ou des structures paramilitaires associées. La montée en puissance est nette, avec 177 recrues en 2023, 592 en 2024 et 647 en 2025. Sur ces 1.417 individus, 316 sont recensés comme morts au combat au moment de l’enquête, avec un tribut particulièrement lourd pour le Cameroun (94 morts), le Ghana (55 morts) et l’Egypte avec (52 morts). Et parmi les 18 à 25 ans, 60 décès sont recensés. La durée moyenne de service avant la mort tourne autour de six mois, et plus de cinquante recrues n’auraient survécu qu’un mois après leur engagement. L’enquête décrit une économie de la guerre qui recrute, transporte, «prépare» les dossiers, facture des services, nourrit des intermédiaires et parfois recycle les recrues elles-mêmes en recruteurs. Des agences de voyage jouent un rôle
BOURSE & FINANCES
5
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
L Après plusieurs semaines de glissade sans véritable résistance, le marché actions a enfin trouvé matière à respirer. Ainsi, le MASI progresse de 1,45% sur la semaine. Il s’agit de la première hausse hebdomadaire nette depuis la mi-janvier, période où l’indice s’était installé dans une dynamique baissière. e rebond attendu a fini par se maté- rialiser. En effet, les actions ont pris appui sur des niveaux techniques identifiés par les opérateurs, per- mettant à l’indice d’effacer une partie des pertes de la semaine précédente. Surtout, la remobilisa- tion du camp acheteur a évité une glissade sous le seuil psychologique des 18.000 points, niveau qui com- mençait à focaliser l’attention et que certains opérateurs commençaient à tester du regard. Point Bourse Hebdo Appel d'air pour le Masi Par Y . Seddik
Evolution de l'indice Masi depuis début février 2025
currence, la hausse l’a emporté. À mesure que l’on avance dans l’année, le scénario d’une progres- sion plus sélective du marché se précise. À cet égard, les analystes de CFG Bank anticipent une crois- sance d’environ 8% sur l’exercice, accompagnée d’une convergence des multiples vers leurs moyennes historiques. Par conséquent, la dynamique des cours reposerait davantage sur la croissance bénéfi- ciaire que sur l’expansion des valori- sations, dans un environnement jugé moins favorable du côté des taux. Du côté des valeurs, les minières, fidèles à leur réputation d’ascenseur émotionnel, ont de nouveau capté les regards. Après le repli brutal de la semaine précédente, le compar- timent reprend de la hauteur. Ainsi, Minière Touissit s’adjuge +45,71% à 3.060 DH, tandis que SMI progresse de 10,36% à 5.849 DH. Ces varia- tions rappellent que ce segment évolue souvent selon une logique propre, parfois décorrélée du reste du marché. Toutefois, le flux acheteur ne s’est
TOP Performances
FLOP Performances
Addoha Stroc Industrie M2M Group
-5,69%
+45,71% +10,36%
Minière Touissit SMI Sanlam Maroc
-4,82%
-3,62%
+8,35%
pas diffusé uniformément. Comme observé depuis le début de l’année, la progression demeure sélective. Certaines capitalisations concentrent l’attention, tandis que d’autres peinent encore à sortir de leur léthar- gie. Sur le marché central, les échanges ont dépassé 1,63 milliard de dirhams sur les cinq séances, correspondant à un VQM de 328 MDH. L’activité a été dominée par Attijariwafa bank (160 MDH, 9,79%), Minière Touissit (144 MDH, 8,77%) et Risma (132 MDH, 8,05%). Par ailleurs, les publications annuelles et trimestrielles tombent progres-
sivement. Cette semaine, Maroc Telecom, troisième capitalisation du marché, a publié des résultats faisant ressortir une profitabilité proche de 7 milliards de dirhams. Cette performance intègre notam- ment des éléments non récurrents liés à l’accord conclu avec Wana Corporate autour du dégroupage. Le groupe annonce, en outre, un divi- dende normatif de 4 DH par action. D’ici deux semaines, la session des résultats trimestriels touchera à sa fin. Ainsi, les chiffres devraient pro- gressivement reprendre le dessus sur les considérations techniques qui ont dominé ce début d’année. ◆
Le déroulé hebdomadaire reflète cette phase d’ajustement. Après trois séances de surplace, sans direction nette, le marché a enre- gistré un fort rebond jeudi, avant de terminer sur une dernière séance en léger repli. Cette séquence permet à l’indice de réduire légèrement ses pertes annuelles, désormais limitées à -1,45%. Dans un marché où toutes les thèses -haussières comme bais- sières- peuvent être défendues, la balance penche toujours du côté où il y a le plus d'acteurs à prendre à contrepied. Cette semaine, en l’oc-
BOURSE & FINANCES
6
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
xième et troisième cohortes, dans une perspective de continuité et d’ancrage durable de cette initia- tive au service du développement industriel national. Dans la même lignée, Brahim Benjelloun-Touimi, président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, a insis- té sur la portée institutionnelle du programme. Il a relevé que la synergie entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, la CGEM, l’AMMC et la Bourse de Casablanca reflète une conver- gence d’expertises destinée à soutenir une nouvelle trajectoire de développement pour les entre- prises industrielles sélectionnées. Pour Chakib Alj, président de la CGEM, l’ambition du programme ne consiste pas à multiplier les introductions en Bourse à court terme ni à orienter artificiellement les entreprises vers des opéra- tions prématurées. L’objectif affi- ché repose plutôt sur une logique de long terme visant à consti- tuer un pipeline solide, crédible et structuré d’entreprises aptes à accéder au marché des capitaux dans des conditions optimales. Il a rappelé que les entreprises participantes ont engagé un tra- vail de fond portant sur la gouver- nance, la fiabilité de l’information financière, l’organisation interne et la capacité à se projeter dans la durée. De son côté, Mohamed Tarik Bchir, directeur par intérim du Trésor et des Finances exté- rieures, a estimé que cette ini- tiative illustre la convergence nécessaire entre action publique, sphère réelle et sphère financière pour soutenir une croissance industrielle durable. Selon lui, le développement économique pérenne repose sur une articu- lation cohérente entre marché financier, engagement du secteur privé et politiques publiques. À cette occasion, l’appel à mani- festation d’intérêt pour les deu- xième et troisième cohortes a été officiellement lancé, confirmant la volonté des partenaires d’inscrire cette dynamique dans la durée et de consolider le rôle du marché des capitaux dans le financement de l’économie nationale. ◆
Plusieurs entre- prises industrielles ont été certifiées dans le cadre du programme «Croissance».
Programme "Croissance" Trente-et-une entreprises industrielles certifiées pour accélérer leur développement C La cérémonie de certification de la première cohorte du programme d’accompagnement des entreprises industrielles vers la croissance s’est tenue lundi à Casablanca. L’initiative, portée conjointement par le ministère de l’Industrie et du Commerce et la Bourse de Casablanca, bénéficie de l’appui de la CGEM et de l’AMMC. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à rapprocher davantage l’entreprise industrielle marocaine des mécanismes de financement offerts par le marché des capitaux. Par Y. Seddik
ette première promotion regroupe 31 entreprises industrielles à fort potentiel opérant dans des sec- teurs jugés stratégiques, notam- ment l’agroalimentaire, la pharma- ceutique, la chimie-parachimie, l’électricité et la métallurgie. Les sociétés sélectionnées ont suivi un parcours intensif combinant sessions collectives, ateliers pra- tiques et accompagnement indivi- dualisé. Le programme a couvert plusieurs axes structurants, allant du mindset entrepreneurial et de l’ouverture du capital à la straté- gie, la gouvernance et l’organisa- tion, en passant par le panorama des solutions de financement ainsi que la construction et la valorisa- tion de l’Equity Story. Au-delà du volet pédagogique,
la certification marque l’aboutis- sement d’une phase considérée comme déterminante pour les entreprises participantes. Elle tra- duit la volonté des partenaires de transformer un potentiel identifié en capacité concrète à structurer des projets de développement, renforcer les pratiques de gouver- nance et préparer, le cas échéant, un recours au financement via le marché des capitaux. Intervenant lors de cette céré- monie, Ryad Mezzour a souligné l’importance du changement de mindset dans un contexte d’ou- verture croissante de l’économie nationale. Le ministre de l’Indus- trie et du Commerce a rappelé que les expériences d’entrepreneurs marocains confrontés à la concur-
rence internationale démontrent que les entreprises locales dis- posent des compétences et de la résilience nécessaires pour évoluer dans des environnements plus compétitifs. L’enjeu, a-t-il précisé, ne se limite pas à la per- formance individuelle, mais s’ins- crit dans une logique de création durable de valeur et d’émergence de champions nationaux capables d’élargir leur envergure. Le Directeur général de la Bourse de Casablanca, Nasser Seddiqi, a indiqué que cette première cohorte constitue une étape struc- turante dans la mise en œuvre du programme Croissance. Il a mis en avant la réussite du parcours d’accompagnement et annoncé le lancement imminent des deu-
www.fnh.ma
BOURSE & FINANCES
7
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
Ouverture du capital Ryad Mezzour exhorte les industriels à passer à l’action Le ministre de l’Industrie et du Commerce a profité de la certification de la première cohorte du programme «Croissance» pour interpeller directement les dirigeants d’entreprises industrielles sur les freins persistants à l’ouverture du capital. Il a pointé des réticences liées au contrôle, à la transparence et aux arbitrages stratégiques, malgré les mécanismes d’accompagnement proposés par l’écosystème financier. Par Y. Seddik
naires aux virages stratégiques (gouvernance, ouverture du capi- tal, discipline financière) ne va pas de soi. «On donne des clés pour l’opérationnel, pas toujours pour le changement stratégique», a-t-il relevé. Croissance ou érosion relative Au-delà des freins psychologiques et organisationnels, le ministre a replacé le débat dans une pers- pective macroéconomique. Dans une économie qui se développe assez rapidement, « l’influence relative» des entreprises qui ne se développent pas «diminuera natu- rellement» . Autrement dit, l’ab- sence de croissance substantielle expose à une érosion progressive des positions concurrentielles. Le parallèle avec le textile a servi d’illustration. Jadis moteur et inter- locuteur dominant des politiques industrielles, le secteur a vu son poids relatif reculer face à de nou- veaux pôles dynamiques. À l’in- verse, des segments comme les détergents, les produits d’entre- tien ou la biscuiterie ont démontré, selon lui, qu’une stratégie offen- sive peut déboucher sur des gains de parts de marché, y compris face à des multinationales. L’idée défendue est que l’accès aux capitaux n’est pas une fin, mais un accélérateur. «Si on vous supplie de prendre de l’argent, ce n’est pas pour vous enrichir» , a résumé le ministre, rappelant que l’objectif de la puissance publique reste la création de valeur, l’em- ploi et l’émergence de champions capables de « multiplier leur enver- gure par 5 ou par 10». Il a également défendu une lec- ture moins anxiogène de la trans- parence et de la gouvernance. Une entreprise «qui survit dans un environnement concurrentiel com- pliqué» disposerait, selon lui, des qualités nécessaires pour réussir sur « des marchés plus transpa- rents et plus structurés». La certification de cette première cohorte consacre une phase d’ap- prentissage et de structuration. Elle installe également un cadre de compréhension des exigences du marché, formalisation de la stra- tégie, alignement gouvernance- financement. ◆
Ryad Mezzour a livré une lecture directe des réticences persistantes vis-à-vis de l’ouverture du capital et, plus largement, du recours au marché.
L
a cérémonie, organisée à Casablanca à l’initiative du minis- tère et de la Bourse de Casablanca, avec l’appui de la CGEM et de l’AMMC, marque l’aboutissement d’un parcours d’accompagnement intensif. Les entreprises concer- nées, issues de secteurs jugés stratégiques (agroalimentaire, pharmaceutique, chimie-parachi- mie, électricité, métallurgie), ont suivi des modules centrés sur le «mindset entrepreneurial», la gou- vernance, les solutions de finan- cement et la construction d’une «equity story». Dès l’ouverture, le ministre a résu- mé en une formule le principal blocage observé sur le terrain : «Pas d’intérêt, pas d’action ». Une manière d’interroger, sans détour, la faible appétence d’une partie du tissu productif pour les méca- nismes de marché, alors même que «l’État, le régulateur et la place » multiplient les initiatives
pour faciliter l’accès aux capitaux. Malgré la pédagogie, les dispo- sitifs d’accompagnement et la simplification des démarches, la transformation concrète via les levées de fonds, introductions en Bourse ou encore les opérations d’ouverture du capital, reste en deçà des attentes. «On vous avait dit que c’était compliqué; on vous explique que c’est accessible; on vous aide même à voir comment le faire» , a-t-il insisté, soulignant l’écart entre les outils disponibles et leur utilisation effective. Quatre freins identifiés Le ministre a structuré son inter- vention autour de quatre fac- teurs récurrents remontés par les accompagnateurs du programme. • La peur de perdre le contrôle : l’ouverture du capital demeure associée, chez certains dirigeants, à une dilution du pouvoir déci- sionnel et à une exposition aux
exigences d’investisseurs et du régulateur. «Avoir des comptes à rendre à quelqu’un d’autre que soi» cristallise encore des réti- cences. • La crainte d’exposer des fragili- tés : dans un environnement perçu comme «dur avec les acteurs en situation de faiblesse», la trans- parence exigée par le marché est parfois vécue comme un risque. Le ministre a évoqué un cercle défavorable : rumeur de difficulté → resserrement bancaire → ten- sions fournisseurs → érosion de la confiance clients. • Le conservatisme stratégique : «on est très bien comme on est». Cette posture, selon lui, limite l’ambition de croissance. Grossir «trop vite» est redouté après des expériences malheureuses obser- vées dans certains secteurs. • La difficulté à convaincre l’ac- tionnariat : dans les structures familiales, l’adhésion des action-
www.fnh.ma
BOURSE & FINANCES
8
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
Réglementation des changes Cap sur la simplification avec l’IGOC 2026 C Casablanca a accueilli, le 17 février 2026, une rencontre d’information et d’échange consacrée à l’Instruction générale des opérations de change 2026 (IGOC 2026). Organisé à l’initiative ette réunion s’inscrit dans le prolongement du partenariat insti- tutionnel liant la CGEM et l’Office des changes. Elle visait à expliciter la nouvelle archi- tecture du texte, les mesures de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l’événement a réuni des représentants du secteur privé autour du Directeur général de l’Office des changes, Driss Benchikh, venu présenter les principales évolutions du cadre réglementaire. Par Y. Seddik
entreprises dans l’appropria- tion des nouvelles dispositions. «L’IGOC 2026 a fait l’objet d’un effort de refonte en profon- deur, à savoir l’architecture du texte, la clarification des droits et obligations, l’allègement de la charge documentaire. Plus de 130 réunions de concer- tation ont été menées avec l’écosystème» , précise le DG de l’Office. Les échanges ont permis de détailler plusieurs ajustements chiffrés. La dotation «Voyages d’affaires» a été portée à 1 mil- lion de dirhams (MDH) contre 500.000 dirhams auparavant pour les entités ne disposant pas de comptes en devises ou en dirhams convertibles. Ce plafond atteint 1,5 MDH pour les opérateurs catégorisés. En matière de « Voyages person- nels», le plafond de la dotation supplémentaire a été relevé à 400.000 dirhams, calculé sur la base de 30% de l’impôt sur le revenu (IR). La dotation de base demeure fixée à 100.000 dirhams, avec un plafond global maintenu à 500.000 dirhams. Concernant les études à l’étran- ger, le plafond mensuel des frais de séjour a été augmenté à 15.000 dirhams contre 12.000 dirhams auparavant, afin d’inté- grer la hausse du coût de la vie étudiante. «Notre ambition demeure la convertibilité totale. Mais cette évolution dépend intimement du maintien des équilibres macroéconomiques. Chaque mesure de libéralisation doit s’inscrire dans une logique pro- gressive et maîtrisée» , résume Driss Benchikh. Accent mis sur les startups et les usages numériques L’IGOC 2026 introduit égale- ment des ajustements en faveur du digital. La dotation annuelle dédiée au commerce électro- nique des startups a été relevée à 2 MDH, contre 1 MDH pré- cédemment. Par ailleurs, une dotation e-commerce minimale annuelle de 50.000 dirhams est instaurée au profit des socié- tés nouvellement créées, des
d’assouplissement et de sim- plification introduites, ainsi que les modalités pratiques de mise en œuvre. Intervenant devant les opéra- teurs, Driss Benchikh a rappelé que la stratégie 2025-2029 de l’Office des changes place la simplification, la clarification et l’accessibilité de la réglementa- tion des changes au centre de ses priorités. Cette orientation se traduit, selon lui, par la poursuite d’un mouvement d’assouplissement réglementaire à l’horizon 2026 et 2028, l’introduction de nou- velles mesures de libéralisa- tion et le recours à des ana- lyses d’impact pour encadrer une libéralisation progressive et maîtrisée. Le responsable a également souligné le renfor- cement des facilités d’accès aux instruments de couverture et les actions de formation destinées à accompagner les
POUR NE RIEN RATER DE LA BOURSE @bourse_news @boursenews www.boursenews.ma Bourse news
www.fnh.ma
BOURSE & FINANCES
9
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
soutien à l’investissement, le développement du commerce électronique et l’encadrement des voyages professionnels. Cette séquence de dialogue confirme la volonté des deux institutions de consolider un cadre règlementaire facilita- teur, en phase avec l’internatio- nalisation croissante de l’éco- nomie marocaine et les besoins du tissu entrepreneurial. ◆
entreprises exonérées d’impôt et de celles dont l’impôt payé est inférieur à ce seuil. Pour les personnes physiques résidentes et les Marocains rési- dant à l’étranger (MRE), la dota- tion e-commerce est portée à 20.000 dirhams par personne et par année civile, contre 15.000 dirhams auparavant. Dans le registre opérationnel, Driss Benchikh a annoncé le lancement de la plateforme «OC E-Rendez-vous». Cette application de gestion digitali- sée des prises de rendez-vous vise à améliorer la planifica- tion et la prise en charge des usagers, à réduire les délais d’attente et à fluidifier l’accès aux services. Réactions du patronat De son côté, le président de la CGEM, Chakib Alj, a qua- lifié l’IGOC 2026 de «signal positif» en faveur du renforce- ment de la compétitivité des entreprises. Il a souligné que la logique de libéralisation pro- gressive et maîtrisée s’inscrit dans un contexte marqué par la dynamique des exportations et des investissements directs étrangers, tout en rappelant les contraintes liées au déficit commercial. Chakib Alj a insisté sur la nécessité de poursuivre l’amé- lioration du cadre juridique afin d’offrir davantage de lisibilité et de prévisibilité aux opéra- teurs. Il a notamment évoqué l’importance d’une clarification des procédures de contrôle et de contentieux, ainsi qu’une adaptation des sanctions à la gravité des infractions, dans une logique de sécurité juri- dique. À l’issue de la rencontre, la CGEM a salué les efforts entrepris pour renforcer la lisi- bilité et la prévisibilité du cadre règlementaire. L’Office des changes a, pour sa part, réaffirmé son engagement en faveur d’une règlementation claire et adaptée aux réalités économiques. Les discussions ont porté sur plusieurs thé- matiques clés, notamment la promotion des exportations, le
Driss Benchikh, DG de l’Office des changes (G), et Chakib Alj, pré- sident de la CGEM
www.fnh.ma
BOURSE & FINANCES
10
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
composante importée des inves- tissements publics accrus. Cette pression serait partiellement com- pensée par la hausse des recettes touristiques et financée en partie par une progression des investis- sements directs étrangers (IDE). Le FMI considère par ailleurs que le niveau des réserves internationales demeure adéquat. «L’élargissement du déficit courant observé en 2025 reflète en grande partie la dynamique d’investisse- ment, qui s’accompagne d’impor- tations accrues. Cette évolution reste atténuée par la progression des investissements directs étran- gers, qui contribuent à l’équilibre de la balance des paiements» , pré- cise Laura Jaramillo. Sur les risques pesant sur les pers- pectives, l’institution les juge glo- balement équilibrés. Deux facteurs d’incertitude sont néanmoins cités: un éventuel ralentissement de la zone euro et la volatilité des prix des matières premières. En matière de politique monétaire, le FMI estime que l’orientation glo- balement neutre reste appropriée dans un contexte d’inflation maî- trisée. «Nous encourageons Bank Al-Maghrib à poursuivre la transi- tion vers une plus grande flexibi- lité du taux de change, dans une démarche graduelle et clairement communiquée, en cohérence avec l’évolution vers un cadre de ciblage de l’inflation », rappelle la cheffe de mission. Sur le plan social, la mission constate une amélioration continue de l’accès à l’éducation, aux services de santé et à la pro- tection sociale pour les populations les plus vulnérables. Le FMI encou- rage toutefois une accélération des réformes en cours afin d’amplifier ces avancées. Enfin, la création d’emplois durables demeure identifiée comme un défi majeur. Le Fonds plaide pour des réformes favorisant un secteur privé plus dynamique et une meilleure réactivité du marché du travail. Dans cette optique, l’accélération des réformes des établissements et entreprises publics, visant à amé- liorer leur performance et leur gou- vernance, apparaît comme un levier clé pour renforcer la concurrence et garantir la neutralité du marché entre acteurs publics et privés. ◆
Après une croissance économique estimée à 4,9% en 2025, le Maroc conserverait le cap en 2026, selon le FMI.
Croissance Le FMI anticipe la poursuite de la dynamique en 2026
S La dynamique de croissance de l’économie marocaine devrait se maintenir en 2026. C’est l’un des principaux enseignements qui ressort de la mission de consultations menée par le Fonds monétaire international (FMI) avec les autorités marocaines, du 29 janvier au 11 février, dans le cadre de l’article IV. Par Y. Seddik
elon l’institution, la croissance en 2025, estimée à 4,9%, a été por- tée par la vigueur des secteurs agricole, de la construction et des services. Cette cadence serait reconduite en 2026, avec une pro- gression du PIB également proje- tée à 4,9%. Le FMI met en avant un double soutien : la poursuite de l’investissement public et privé, ainsi qu’une production agricole jugée solide, favorisée par une plu- viométrie exceptionnelle. Sur le front budgétaire, le Fonds souligne la bonne tenue des recettes. Les recettes fiscales auraient atteint 24,6% du PIB en 2025, en hausse marquée sur les deux dernières années, reflet des réformes de politique fiscale et des progrès en matière de gestion des encaissements. Dans ce contexte, le déficit budgétaire se serait établi
à 3,5% du PIB, un niveau inférieur aux 3,8% initialement prévus dans la Loi de finances 2025. L'institution précise toutefois qu’une partie de cette surperformance a servi à financer des investissements addi- tionnels et des transferts aux éta- blissements et entreprises publics. «La consolidation budgétaire enga- gée suit une trajectoire cohérente. L’enjeu consiste désormais à pré- server les équilibres tout en main- tenant l’effort d’investissement, en particulier dans le capital humain », souligne Laura Jaramillo, cheffe de mission pour le Maroc du FMI. Pour les prochaines années, le Fonds recommande de mettre en réserve au moins une fraction de ces recettes excédentaires. Objectif affiché : renforcer davantage les marges budgétaires et dégager des capacités supplémentaires d’in-
vestissement, notamment dans le capital humain. L’institution insiste sur la nécessité d’une réorienta- tion des priorités de dépenses afin d’accroître l’effort dans la santé et l’éducation. Concernant l’inflation, le FMI relève qu’elle est restée particu- lièrement modérée en 2025, avec une moyenne de 0,8%, traduisant notamment une faible inflation alimentaire. L’évolution des prix devrait néanmoins s’inscrire dans une trajectoire graduelle de norma- lisation, pour atteindre environ 2% d’ici la mi-2027. Cette progression serait portée par les précédentes baisses du taux directeur et le raf- fermissement attendu de l’activité. Au niveau des comptes extérieurs, le déficit courant devrait se creuser de manière modérée. Le Fonds explique cette évolution par la forte
www.fnh.ma
BOURSE & FINANCES
11
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
Futur indice obligataire de JP Morgan Un tournant pour l’attractivité et le financement du Maroc
couplée à un ratio d'endettement public en régression progressive vers les 68% du PIB, lui a permis de regagner son statut d'Invest- ment Grade auprès des agences de notation internationales. Ces indicateurs transforment le risque souverain marocain en une signature de bonne qualité, garantissant la solvabilité. De plus, il y a l'importance qu’occupe le consensus natio- nal, comme le souligne Brahim Benjelloun-Touimi, administra- teur Directeur général délégué de Bank Of Africa. «Nous avons la chance d’être alignés sur les stratégies nationales. Il y a un consensus par rapport à ce que le pays devrait être grâce à un projet de société porté par la plus haute autorité du pays qui en donne le cap. Et ça, ça n’a pas de prix» , explique-t-il. Il voit également dans cette inclusion «un retour naturel pour un pays qui est en train d’être exemplaire», tout en insistant sur l'amélioration de la liquidité du marché grâce aux arbitrages entre le marché au comptant et le futur marché à terme, dont le lancement est prévu en avril. Il faut préciser que l’un des prin- cipaux enjeux de l’intégration au sein d’un indice international est budgétaire. En effet, de nom- breux fonds indiciels (ETF) et fonds de pension, qui répliquent mécaniquement les indices JP Morgan, devront désormais acheter des titres marocains pour leurs portefeuilles. Cet afflux de demande étrangère sur la dette domestique devrait mécaniquement faire baisser les taux, et donc le service de la dette. Cette dynamique offrira l’opportunité de financer les grands projets d'infrastructure et les réformes sociales à des coûts nettement plus avanta- geux, tout en préservant les réserves de change grâce à des investissements libellés directe- ment en Dirhams. Cependant, les exigences de liquidité et de volume imposent de réels défis techniques que devront résoudre les différents intermédiaires en valeur du Trésor. ◆
Le Maroc préfigure parmi les 20 à 25 économies dont les obligations seront présentes dans l’indice obligataire de JP Morgan. Entre consécration d’une trajectoire macroéconomique exemplaire et levier stratégique pour le financement de l’État, cette intégration marque une nouvelle étape pour l’attractivité du Royaume.
Par J. M.
L’intégration du Maroc dans un indice obligataire de JP Morgan consacre la solidité de sa trajectoire macro- économique.
L
e Maroc s’apprête à intégrer un indice obligataire dédié aux mar- chés frontières. Ce nouvel instru- ment, qui suit la dette souveraine émise en monnaie locale, se dis- tingue par des critères d'éligi- bilité rigoureux : une maturité résiduelle supérieure à 2,5 ans et une taille de ligne minimale d'environ 250 millions de dol- lars pour les titres. Cette sélec- tion repose sur la profondeur croissante du marché secon- daire marocain et une gestion
macroéconomique rigoureuse, offrant aux investisseurs inter- nationaux une visibilité rare dans un contexte de volatilité globale. Le Royaume conforte ainsi son statut d’économie dynamique au sein des marchés émergents et frontières, tout en transformant la perception du risque pays : le Maroc n’est plus seulement un marché régional dynamique, il devient une composante à part entière dans l'allocation d'actifs des plus grands fonds et ges- tionnaires de fortune. Cette solidité financière recon- nue aujourd’hui à l’internatio- nal s’appuie sur une trajectoire macroéconomique rigoureu- sement tenue. Portée par une
dynamique d'investissement public structurant et par la pré- paration des grandes échéances de 2030, la croissance écono- mique devrait s'accélérer pour atteindre 5% dès 2026, selon les prévisions du haut-commissariat au Plan (HCP). Ce dynamisme s'accompagne d'une maîtrise de l'inflation, s’établissant aux alentours de 1,3% en 2026, et des réserves de change confor- tables, s'élevant à près de 454,3 milliards de dirhams en ce début février. Parallèlement, le Royaume s'est engagé dans une consolidation budgétaire stricte, visant un défi- cit à 3% du PIB en 2026 contre 3,5% en 2025. Cette discipline,
Le Royaume s'est engagé dans une consolidation budgétaire stricte, visant un déficit à 3% du PIB en 2026 contre 3,5% en 2025.
www.fnh.ma
Page 1 Page 2 Page 3 Page 4 Page 5 Page 6 Page 7 Page 8 Page 9 Page 10 Page 11 Page 12 Page 13 Page 14 Page 15 Page 16 Page 17 Page 18 Page 19 Page 20 Page 21 Page 22 Page 23 Page 24 Page 25 Page 26 Page 27 Page 28 Page 29 Page 30 Page 31 Page 32Made with FlippingBook flipbook maker