BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026
Futur indice obligataire de JP Morgan Un tournant pour l’attractivité et le financement du Maroc
couplée à un ratio d'endettement public en régression progressive vers les 68% du PIB, lui a permis de regagner son statut d'Invest- ment Grade auprès des agences de notation internationales. Ces indicateurs transforment le risque souverain marocain en une signature de bonne qualité, garantissant la solvabilité. De plus, il y a l'importance qu’occupe le consensus natio- nal, comme le souligne Brahim Benjelloun-Touimi, administra- teur Directeur général délégué de Bank Of Africa. «Nous avons la chance d’être alignés sur les stratégies nationales. Il y a un consensus par rapport à ce que le pays devrait être grâce à un projet de société porté par la plus haute autorité du pays qui en donne le cap. Et ça, ça n’a pas de prix» , explique-t-il. Il voit également dans cette inclusion «un retour naturel pour un pays qui est en train d’être exemplaire», tout en insistant sur l'amélioration de la liquidité du marché grâce aux arbitrages entre le marché au comptant et le futur marché à terme, dont le lancement est prévu en avril. Il faut préciser que l’un des prin- cipaux enjeux de l’intégration au sein d’un indice international est budgétaire. En effet, de nom- breux fonds indiciels (ETF) et fonds de pension, qui répliquent mécaniquement les indices JP Morgan, devront désormais acheter des titres marocains pour leurs portefeuilles. Cet afflux de demande étrangère sur la dette domestique devrait mécaniquement faire baisser les taux, et donc le service de la dette. Cette dynamique offrira l’opportunité de financer les grands projets d'infrastructure et les réformes sociales à des coûts nettement plus avanta- geux, tout en préservant les réserves de change grâce à des investissements libellés directe- ment en Dirhams. Cependant, les exigences de liquidité et de volume imposent de réels défis techniques que devront résoudre les différents intermédiaires en valeur du Trésor. ◆
Le Maroc préfigure parmi les 20 à 25 économies dont les obligations seront présentes dans l’indice obligataire de JP Morgan. Entre consécration d’une trajectoire macroéconomique exemplaire et levier stratégique pour le financement de l’État, cette intégration marque une nouvelle étape pour l’attractivité du Royaume.
Par J. M.
L’intégration du Maroc dans un indice obligataire de JP Morgan consacre la solidité de sa trajectoire macro- économique.
L
e Maroc s’apprête à intégrer un indice obligataire dédié aux mar- chés frontières. Ce nouvel instru- ment, qui suit la dette souveraine émise en monnaie locale, se dis- tingue par des critères d'éligi- bilité rigoureux : une maturité résiduelle supérieure à 2,5 ans et une taille de ligne minimale d'environ 250 millions de dol- lars pour les titres. Cette sélec- tion repose sur la profondeur croissante du marché secon- daire marocain et une gestion
macroéconomique rigoureuse, offrant aux investisseurs inter- nationaux une visibilité rare dans un contexte de volatilité globale. Le Royaume conforte ainsi son statut d’économie dynamique au sein des marchés émergents et frontières, tout en transformant la perception du risque pays : le Maroc n’est plus seulement un marché régional dynamique, il devient une composante à part entière dans l'allocation d'actifs des plus grands fonds et ges- tionnaires de fortune. Cette solidité financière recon- nue aujourd’hui à l’internatio- nal s’appuie sur une trajectoire macroéconomique rigoureu- sement tenue. Portée par une
dynamique d'investissement public structurant et par la pré- paration des grandes échéances de 2030, la croissance écono- mique devrait s'accélérer pour atteindre 5% dès 2026, selon les prévisions du haut-commissariat au Plan (HCP). Ce dynamisme s'accompagne d'une maîtrise de l'inflation, s’établissant aux alentours de 1,3% en 2026, et des réserves de change confor- tables, s'élevant à près de 454,3 milliards de dirhams en ce début février. Parallèlement, le Royaume s'est engagé dans une consolidation budgétaire stricte, visant un défi- cit à 3% du PIB en 2026 contre 3,5% en 2025. Cette discipline,
Le Royaume s'est engagé dans une consolidation budgétaire stricte, visant un déficit à 3% du PIB en 2026 contre 3,5% en 2025.
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