FNH N° 1226

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 19 FÉVRIER 2026

Mobilité verte Le Maroc peine encore à changer de vitesse Malgré une offre de plus en plus diversifiée en marques et en modèles, le taux de pénétration de la voiture propre reste timide. Le développement de ce segment passe par des incitations fiscales plus ambitieuses et par un maillage conséquent en bornes de recharge électrique.

cela conjugué à des prix com- pétitifs. «Dans tous les pays où la voi- ture verte a connu une large pénétration, il y a eu avant tout une volonté politique affichée. Des subventions à l’achat ont été mises en place, accompa- gnées de dispositifs de sou- tien technique et financier aux constructeurs pour encourager la recherche et le développe- ment», explique Youssef Idrissi, professeur universitaire spécia- lisé en économie industrielle. Il précise qu’ «au Maroc, les mesures fiscales se limitent essentiellement à l’exonération des droits de douane et à la réduction de la taxe annuelle sur les véhicules, plafonnée à 350 dirhams pour cette caté- gorie. Ces dispositions sont insuffisantes pour donner une véritable impulsion aux ventes. Car le marché marocain est très sensible au prix. Or, le coût d’acquisition de ces véhicules demeure nettement supérieur à celui des voitures thermiques. En l’absence de subvention à l’achat, d’autres mécanismes fiscaux peuvent être envisagés, comme l’exonération de la TVA. Cela permettra de réduire le prix d’achat de 20%. Certes, c’est un manque à gagner pour les recettes de l’Etat, mais c’est un arbitrage judicieux qu’il faut opérer». Au-delà de la question du prix, l’insuffisance des infrastruc- tures de recharge constitue un autre frein majeur. Le Maroc ne compte actuellement qu’envi- ron 200 bornes de recharge, un nombre largement insuffisant pour couvrir tous les axes rou- tiers et autoroutiers. A titre de comparaison, la France dispose de plus de 100.000 bornes, avec un réseau en constante expan- sion. «Le déploiement d’un réseau de recharge à la hauteur des besoins passe nécessairement par un cadre réglementaire contraignant, imposant un mini- mum d’équipements aux sta- tions-service et aux collectivi- tés locales», conclut Youssef Idrissi. ◆

Par C. Jaidani

 Le Maroc ne compte actuelle-

ment qu’environ 200 bornes de recharge, ce qui est largement insuffisant.

L

a mobilité verte s’impose pro- gressivement comme une réa- lité dans de nombreux pays. Le Maroc n’échappe pas à cette dynamique, mais reste à la traîne par rapport à plusieurs pays. Pourtant, les pouvoirs publics ont engagé plusieurs actions en faveur des transports durables, qu’il s’agisse des transports col- lectifs ou des véhicules destinés aux particuliers. Parmi les mesures mises en place, figurent des exonérations fiscales ciblant les véhicules propres, qu’ils soient hybrides ou électriques. Ces dispositions ont contribué à une évolution notable de la structure du parc automobile. La part des véhi- cules équipés de motorisations

alternatives (hybrides ou élec- triques) est passée de 11% en 2021 à 31% en 2022. Cette pro- gression reste toutefois insuffi- sante, même si l’offre automo- bile s’est fortement étoffée. La diversification touche aussi bien les marques que les modèles proposés. Cette ten- dance s’est accélérée avec l’arrivée en force des construc- teurs chinois. Désormais, presque tous les distributeurs

automobiles opérant au Maroc intègrent au moins une marque chinoise dans leur gamme. Les fabricants chinois ont réa- lisé des avancées remarquables dans l’industrie automobile, particulièrement dans la caté- gorie des véhicules propres. Ils proposent des véhicules dotés de technologies embarquées de dernière génération qui n’ont rien à envier aux marques euro- péennes ou américaines. Tout

Au Maroc, les mesures fiscales se limitent essentiellement à l’exonération des droits de douane et à la réduction de la taxe annuelle sur les véhicules, plafonnée à 350 dirhams pour cette catégorie.

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