Rapport Article 29 – Loi Énergie-Climat | Exercice 2023

Intégration des critères ESG au sein de la gestion directe

À noter que les enjeux durables sont étudiés selon leur pertinence au secteur et/ou à l’émetteur et avec l’ambition d’intégrer la double matérialité, financière et d’impact. Cela étant, compte tenu de notre prisme de gérant de transition, un biais environnemental peut exister.

Nous utilisons des données quantitatives provenant de fournisseurs externes, notamment MSCI ESG Research, dont les notations sont réalisées selon une approche best-in-class et une analyse de matérialité. En ligne avec notre approche de transition, la philosophie best-in-class de MSCI ESG Research nous permet de sélectionner des émetteurs au sein de tous les secteurs.

Élaboration d’une grille d’analyse des plans de transition des sociétés Dans le cadre de la formalisation de cette approche propriétaire, nous avons fait le choix de nous inspirer de cadres existants reconnus et de prendre part à des travaux de place (AFG, IFD) visant à définir les meilleures pratiques en matière d’analyse des plans de transition des sociétés. Notre analyse repose sur six piliers : la gouvernance des enjeux climatiques et de transition juste, la transparence du reporting des émissions de GES, les engagements publics pour le climat, la robustesse des objectifs environnementaux, les mesures et investissements et les résultats constatés en matière de transition. Elle permet de répondre à trois enjeux majeurs : • Établir le potentiel de transition des sociétés, en recensant les mesures qu’elles ont déjà mises en œuvre ainsi qu’en évaluant la crédibilité et la pertinence de leurs ambitions • Nourrir le dialogue avec les sociétés et définir des axes d'amélioration • Répondre aux exigences croissantes (réglementation, clients, labels…) en matière d’identification et d’investissement dans des actifs dits « de transition » Nous suivons attentivement les évolutions méthodologiques et les discussions réglementaires en matière de transition. D'une manière générale, nous nous inscrivons dans une optique d’amélioration continue et entendons approfondir notre démarche au cours des prochaines années.

En 2021, nous avons renforcé notre architecture de données ESG avec deux nouveaux fournisseurs de données :

• Ethifinance , qui nous fournit des notations ESG à la demande et qui contribue à l’optimisation de la couverture ESG des portefeuilles. • Carbon4 Finance , qui nous offre un ensemble de données carbone et de profils de température approfondis. En 2022, nous avons étendu ce partenariat aux données de CDC Biodiversité relatives à l’empreinte biodiversité. Nous utilisons aussi des études de courtiers (JPMorgan, Exane, Goldman Sachs, Barclays, Morgan Stanley, Oddo...) ainsi que des recherches académiques, scientifiques ou d’institutions supranationales, des rapports d’ONG et avons recours à des bases de données en libre accès (SBTi, TPI ou CDP). Bloomberg est également un outil d’analyse complémentaire. Ces éléments peuvent être combinés aux cas d’investissement réalisés par nos équipes d’analystes internes sur les émetteurs et/ou secteurs en portefeuille, quand ils présentent des dossiers d’investissement aux gérants. Les analystes utilisent également les données publiques des sociétés et intègrent les discussions avec les représentants des entreprises. Nous cherchons à identifier les éléments matériels “hors scopes” pertinents dans le cadre de l’analyse ex-ante du profil ESG et de l’appréciation de la trajectoire durable ex-post de l’émetteur et/ou de l’industrie. Ils sont pris en compte sur la base des dépendances et impacts clés tels que : les controverses (typologie, gravité et récurrence), les externalités (émissions carbone/toxiques, consommation d’eau, destruction de la biodiversité, accidents, licenciements, grèves, contrats précaires, fraudes...), et les contributions (alignement taxonomique, participation aux objectifs de développement durable “ODD” des Nations Unies, température en ligne avec l’Accord de Paris...).

Gestion directe en intruments obligataires

Le processus d’analyse ESG dans le cadre de notre gestion directe en instruments obligataires se décline sous le prisme de la double matérialité à trois niveaux distincts :

Niveau 1 Au moment du primaire : filtre quantitatif dédié à l’identification des zones de risques, des opportunités et des sujets de dialogue, ainsi que sur l’éligibilité des émetteurs aux politiques internes. Ce niveau d’analyse intègre des critères tels que la performance ESG, la conformité aux politiques d’exclusion, les risques de durabilité, les principales incidences négatives (« PAI ») et les controverses. En cas d’émetteurs bien notés par MSCI ESG Research (A et mieux) et sans controverses majeures, seules l’éligibilité et la constatation de la note à la date de l’émission sont effectuées comme estimation du risque ESG associé.

Niveau 2 Émetteur en portefeuille présentant un risque ou nécessitant un suivi : analyse qualitative qui combine des données externes avec une évaluation interne des forces, faiblesses, menaces et opportunités selon une matrice de risque, impact, et matérialité. Les critères pris en compte pour engager l’analyse, en plus de la notion de matérialité, incluent une faible note ESG (entre B et CCC) ou la dégradation de celle- ci, la faisant passer de Average (entre A et BB) à Laggard (entre B et CCC). En fonction des besoins de la gestion et de l’actualité d’un émetteur, des entreprises ne présentant pas ces critères peuvent être analysées sous cet angle afin d’affiner notre compréhension du risque associé à celles-ci.

Niveau 3 Monitoring des controverses, ainsi que veille des changements majeurs pour toutes les positions obligataires notées par MSCI ESG Research. Les critères pris en compte comprennent les nouvelles controverses majeures identifiées par MSCI ESG Research au regard du non-respect des principes UNGC, ainsi que celles identifiées via la presse, et pouvant constituer un risque matériel pour l’émetteur, ou dont l’exposition à l’émetteur est elle-même matérielle. Dès lors qu’un sujet identifié devient matériel, un dialogue est initié avec l’émetteur concerné.

Gestion directe en actions

Plus particulièrement dans le cadre de notre gestion directe en actions et sur un périmètre de fonds limité (1) , nous disposons d’un système de notations internes attribuant une note composite à chaque émetteur du périmètre . Celle-ci se compose :

• De leur note ESG best-in-class établie par MSCI ESG Research, selon une approche de matérialité financière. • D’une série d’indicateurs d’impact , en lien avec les Objectifs du Développement Durable, fournis par des agences de notation extra-financière (telles que MSCI ESG Research sur la contribution nette des émetteurs aux 17 Objectifs du Développement Durable des Nations Unies, ou encore Carbon4 Finance, sur l’impact carbone et l’empreinte de biodiversité), que nous convertissons en note selon une méthodologie interne. • De leur note jugeant de la crédibilité et de la robustesse de leur plan de transition. Cette note, établie par nos analystes, se base sur une grille d’analyse propriétaire intégrant les dimensions de matérialité financière et de matérialité d’impact. Les critères prédéfinis sont répartis sur six piliers : l’analyse de la gouvernance des enjeux climatiques et de transition juste, la transparence du reporting des émissions de GES, les engagements publics pour le climat, la robustesse des objectifs environnementaux, les mesures et investissements et, enfin, les résultats constatés en matière de transition.

La prise en compte des facteurs de durabilité est un processus continu. Les évaluations internes sont actualisées de manière ad hoc en cas d’événements ayant des implications majeures sur les caractéristiques matérielles du dossier d’investissement. Au travers de nos travaux en interne et des notations MSCI ESG Research, nous considérons un spectre large de critères ESG dans le cadre de notre approche généraliste.

(1) Le périmètre est disponible sur demande.

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ROTHSCHILD & CO ASSET MANAGEMENT - RAPPORT ARTICLE 29 - EXERCICE 2023

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