Rapport Article 29 – Loi Énergie-Climat | Exercice 2023

En 2021, notamment avec l’arrivée de la taxonomie européenne, la transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables semblait engagée, tirée par une poignée de leaders sur le secteur. La crise énergétique que l’Europe a connu en 2022, enclenchée par le conflit russo-ukrainien et la chute des approvisionnements de gaz en provenance de Russie, a mis en évidence la forte dépendance de certains États aux énergies fossiles et la nécessité d'une plus grande diversification du mix énergétique européen . C’est ainsi que, face à l’urgence, des substituts plus "carbonés" ont pu être utilisés, entraînant une augmentation de l'utilisation du charbon thermique, et reléguant la question climatique après celle de la sécurité énergétique. Dans ce contexte, certains acteurs ont emprunté une autre voie, celle des renouvelables. C’est ainsi que le secteur a connu une envolée cette année-là. L’année 2023, marquée par une forte inflation et la poursuite de la hausse des taux d’intérêt, fut particulièrement difficile pour le secteur des renouvelables. Dans cet environnement économique complexe, la rentabilité de grands contrats de déploiement d’énergie renouvelable a été mis à mal, en particulier, du côté de l’éolien offshore américain. À cela s’est ajoutée une concurrence asiatique grandissante, imposant mécaniquement une pression sur les prix appliqués et augmentant l'effet de ciseau de la hausse des coûts des matières premières.

Focus sur le charbon thermique

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Nos principes d’investissements relatifs au charbon thermique

À travers notre cadre d’exclusion commun, appliqué à l’ensemble de nos véhicules d’investissement, nous nous fixons depuis octobre 2020 des principes en matière d’investissement dans le secteur du charbon thermique. Ces derniers s’inscrivent dans le calendrier international de sortie progressive du charbon, dont des échéances claires ont été fixées : 2030 pour l’Europe et l’OCDE, et 2040 pour le reste du monde .

Nous mettons à jour régulièrement les seuils conformément aux recommandations de l’ONG Urgewald pour nous aligner avec le calendrier international de sortie du charbon. C’est en ce sens que les principes suivants sont établis :

Lorsque les entreprises ne sont pas impliquées dans des projets de développement de nouvelles capacités de charbon thermique mais sont directement et indirectement exposées au charbon thermique au-delà des seuils définis ci-dessus :

L’éclatement de la bulle des renouvelables a été d’autant plus violent que le gisement de ces entreprises en bourse est très restreint, avec une surconcentration des investisseurs sur ces valeurs.

La thématique durable ne peut s’affranchir des contraintes financières . La situation observée sur les renouvelables en 2023, au regard des hypothèses de croissance excessive anticipées par tous les acteurs, peut faire écho à d’autres événements similaires que les marchés boursiers ont connus, tel que l’éclatement de la bulle Internet. Aucune thématique n’est immune au cycle économique : le contexte inflationniste et de taux d’intérêt haussier a fortement impacté un secteur des énergies renouvelables très endetté. Le contexte actuel renforce notre conviction, matérialisée par notre approche de transition. En effet, sans remettre en question l’urgence et les orientations politiques, il est difficile de transformer instantanément certains secteurs en profondeur comme celui de l’énergie. L’évolution de ce secteur nécessite de l’anticipation et des investissements à la hauteur des ambitions. Diversifier nos investissements dans le secteur de l’énergie, en sélectionnant des entreprises avec des plans de transition robustes, nous permet d’associer performance et crédibilité des trajectoires durables des entreprises et de nos portefeuilles. Nous poursuivons nos efforts d’engagement sur ce secteur afin de les accompagner dans cette direction et éviter la révision à la baisse de certains engagaments. Exposition au secteur des énergies fossiles : le charbon thermique, pétrole et gaz Le PAI 4 “Exposition à des sociétés actives dans le secteur des combustibles fossiles”, une des principales incidences négatives définies par le règlement SFDR, permet d’apporter la vision la plus conservatrice possible. En effet, cette mesure donne la part de nos investissements réalisés dans des entreprises actives dans le secteur des énergies fossiles (charbon thermique, pétrole et gaz), sur toute la chaîne de valeur ( upstream , midstream et downstream ) – quel que soit le revenu qu’elles en tirent. L’indicateur bénéficie d’un taux de couverture de près de 80 %.

Au cas par cas, nous continuons à soutenir financièrement :

Nous ne prêterons plus, ni n’investirons dans des sociétés impliquées dans des projets de développement de nouvelles mines de charbon thermique, de centrales thermiques à charbon ou d’infrastructures ; Aucun investissement n’est plus réalisé et aucun nouveau financement n’est accordé à des entreprises dont :

Les entreprises qui mettent en œuvre une stratégie de sortie du charbon : des preuves, publiques de préférence, attestant de la mise en place d’une telle stratégie qui soit alignée avec le calendrier international de sortie du charbon et qui prenne en compte les impacts sociaux induits par cette transition doivent être communiquées par les entreprises, ainsi que des éléments quantitatifs démontrant la crédibilité de leurs engagements. Ces éléments comprennent, entre autres, le calendrier de sortie (date de sortie prévue, phasage et fermetures), la stratégie d’entreprise et les garanties sociales mises en place, le suivi de l’avancement et l’existence d’une reconnaissance et/ou d’un cadre de référence externe. Les obligations vertes respectant le cadre de l’International Capital Market Association « ICMA » et émises par des filiales qui ont une activité différente et sans lien avec le charbon thermique.

Plus de 20 % du chiffre d’affaires provient des activités directement liées au charbon thermique ;

Plus de 20 % du mix énergétique (par MWh généré) repose sur le charbon ;

À partir du mois de juin 2024, les deux seuils ci-dessus seront abaissés à 10 % , conformément aux recommandations de l’ONG Urgewald.

La production annuelle de charbon thermique dépasse 10 mégatonnes (MT) par an ;

Au 29/12/2023 :

Les capacités installées fonctionnant au charbon sont supérieures à 5 gigawatts (GW).

1,3 % des encours totaux en hausse de 0,2 point sur l’exercice Exposition indirecte (OPC) : 389 millions d'euros d’euros, soit :

5,3 % des encours totaux en baisse de 1,3 point sur l’exercice Exposition directe : 1 553 millions d’euros, soit :

Aucun investissement n’est plus réalisé et aucun nouveau financement n’est accordé à des entreprises dont plus de 50 % du chiffre d’affaires provient des activités de services ou d’infrastructures liées au charbon thermique.

Source : MSCI ESG Research, Rothschild & Co Asset Management, 29/12/2023.

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ROTHSCHILD & CO ASSET MANAGEMENT - RAPPORT ARTICLE 29 - EXERCICE 2023

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