FNH N° 1175-1

Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc

Du 29 novembre 2024 - 8 DH - N° 1175

PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC

Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli

Les nouveaux enjeux de la finance africaine

Retour sur un évènement inédit P. 23 à 28

P. 10/11

 A. Jouahri, Wali de Bank Al-Maghrib

Entre transparence, efficacité et défis de mise en œuvre MARCHÉS PUBLICS ● La réforme des marchés publics représente une avancée significative dans la gestion des deniers publics au Maroc. ● Noureddine Bensouda, Trésorier général du Royaume, détaille les enjeux, les acquis et les défis liés à cette réforme.

P. 28/29

Maroc-UE

Souveraineté et résilience Une nouvelle trajectoire pour l’Afrique

CMGP Group

Des paroles et des actes

Une aventure familiale qui prend place en Bourse

 Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères

P. 44/45

P. 33 à 35

P. 18/19

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

www.facebook.com/FNhebdo

2

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

SOMMAIRE

Editorial

Soutien à l’innovation : Enactus et Tamwilcom lancent le programme «Level UP» Entretien avec Kawtar Naim : Marka Solutions, «Nous tirons parti des données du marché in- ternational pour adapter nos services à la réalité marocaine» 42 41 L'UNIVERS DES TPME 41

4 6 7 4 ACTUALITÉ

Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication

Voyons voir : Conflit israélo-palestinien : Mohammed VI, la voix de l’espoir Ça se passe au Maroc Ça se passe dans le monde

I Le Rif, nouvelle chimère d’un pouvoir algérien en déclin

8 BOURSE & FINANCES

44 Maroc-UE : Des paroles et des actes 44 POLITIQUE

l fallait oser. Samedi 23 novembre 2024, la capitale algérienne s’est transformée en théâtre de l’absurde pour célébrer une invention saugrenue du régime en place : la «Journée du Rif» . Une fête pour une «République du Rif» , entité fictive imaginée dans les bureaux brumeux des stratèges d’Alger. Une idée qui, à défaut de crédibilité, a au moins le mérite de dévoiler l’état de désespoir avancé des caciques du pouvoir. Après des décennies d’efforts acharnés et infructueux pour promouvoir son cher polisario, voilà que le voisin de l’Est recycle sa recette en y ajoutant un soupçon de Rif. Cette «première session de la Journée du Rif» était un véritable spectacle : quelques figurants triés sur le volet, un leader autoproclamé exilé en Allemagne et une mise en scène digne d’une mauvaise série B. Cet énergumène, dont nous taisons volontairement le nom pour ne pas lui donner cette aura qu’il cherche en vain, a tenu la vedette en clamant haut et fort son rêve d’indépendance. Si la crédibilité de ses propos frôle le néant, on peut saluer l’effort du casting : rare sont ceux qui arrivent à allier autant de naïveté à une telle dose de manipulation. Mais ne nous y trompons pas : derrière ce cirque, il y a une intention bien réelle. L’Algérie tente, une fois de plus, de détourner l’attention de ses propres défaillances en créant un nouveau point de tension. Le Sahara marocain ne suffisant plus à alimenter ses ambitions anti- marocaines, le Rif devient son nouveau jouet. Une stratégie aussi maladroite que prévisible. Le régime algérien veut coûte que coûte propulser au-devant de la scène internationale la soi-disant «cause rifaine» , quitte à casquer pour des séparatistes en carton qui n’auront évidemment pas à se plaindre de leur traitement. Pendant ce temps, les citoyens algériens, empêtrés dans le chômage et la détresse sociale, observent ce gas- pillage des deniers publics avec une colère froide. Mais cette tentative de manipulation est non seulement vouée à l’échec, mais elle révèle aussi l’isolement d’Alger sur la scène régio- nale et internationale. L’arrestation récente de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien courageux ayant osé dénoncer le soutien coûteux au polisario, est une autre illustration de l’aveuglement du régime. Accusé de «trahi- son» , Sansal n’a pourtant fait que dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : le régime algérien est un acteur toxique dans une région qui aspire à la paix. En fin de compte, en cherchant à déstabiliser le Royaume, Alger ne fait que renforcer l’unité marocaine. Son obsession malsaine pour le Maroc, qu’il s’agisse du Sahara ou désormais du Rif, la rend incapable de se tourner vers l’avenir. Et pendant qu’Alger joue aux apprentis sorciers, le Maroc, sous la conduite éclairée de son Souverain, trace sa route et avance vers la modernité. Là réside la différence entre un régime en pleine déroute et un Royaume en pleine ascension. u

Point Bourse Hebdo : Après le sommet, la respiration Changement climatique, digitalisation, géopolitique : Les nouveaux enjeux de la finance africaine Entretien avec Romain Paserot : Assurance, «Le Maroc joue un rôle de leader en matière de stabilité financière en Afrique» Entretien avec Me Aïda Bennani : Private equity, «Favoriser les partenariats avec des acteurs mon- diaux peut apporter une expertise et créer des opportunités de transfert de connaissances» CMGP Group : Une aventure familiale qui prend place en Bourse Entretien ave Boubkeur Ajdir : Assurance participa- tive, l’approche de Payday Takaful

8 10

12

14

18

20 28 ECONOMIE 28

46 46

DEVELOPPEMENT DURABLE

Réforme des marchés publics : Entre transparence, efficacité et défis de mise en œuvre Généralisation de l’AMO : Peut mieux faire ! Visite de Xi Jinping : Un jalon stratégique dans les relations sino-marocaines Souveraineté et résilience : Une nouvelle trajectoire pour l’Afrique Entretien avec Mohamed H’midouche : MEDays 2024, «Rupture avec l’ancien modèle de globalisation pour une Afrique souveraine» Charte de l’investissement : Les TPME bientôt éligibles,mais des craintes persistent Viandes rouges : Scepticisme autour des importa- tions Entretien avec Driss Effina : Habitat, Comment répondre aux besoins d'une population en mutation Transport routier : Les professionnels font grise mine

COP29 : Un accord au rabais

30 32

33

34

36

48 48

37

38

40

CULTURE

Entretien avec Pr Intissar Haddiya : Sortie lit- téraire, «Lorsque je glisse dans la peau de la romancière, je m’autorise une forme de liberté créative»

• Directeur des rédactions & Développement : David William

• Mise en page : Zakaria Beladal • Assistantes de direction : Amina Khchai

• Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Adil Hlimi, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk, Malak Boukhari, Meryem Ait Ouaanna, Désy Mbakou • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine

• Département commercial : Samira Lakbiri, Rania Benchaib • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Maroc Soir • Distribution : Sochpress • Tirage entre 15.000 et 18.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05

• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com

4

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

VOYONS VOIR

Conflit israélo-palestinien

Mohammed VI, la voix de l’espoir

D

Par D. William

ans la longue et tumul- tueuse histoire du conflit israélo-pales- tinien, rares sont les dirigeants qui ont su conjuguer engage- ment sincère et diplo- matie pragmatique. Le

palestinienne une pierre angulaire de son action politique, que ce soit dans les instances internationales ou par des initiatives concrètes sur le terrain. Si la crise humanitaire à Gaza, où 2,3 millions d’âmes vivent sous un blocus suffocant, rappelle l’urgence d’une solution durable, la position du Maroc, réitérée avec force par le Souverain, tranche par sa clarté.

La solution à deux Etats, avec un Etat palestinien indépendant ayant Al-Qods-Est pour capitale, reste au cœur de la vision marocaine. Une posture noble, mais aussi réaliste, qui, malgré le contexte internatio- nal complexe, continue de rallier un large soutien. Dans son message adressé au président du Comité des Nations unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, Cheikh Niang, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, célé- brée, cette année, le 26 novembre, le Roi ne mâche pas ses mots : «La situation dramatique qui prévaut aux territoires palestiniens, et plus particulièrement dans la bande de Gaza, interpelle la conscience mondiale et exige une intervention décisive pour l’instauration immé- diate d’un cessez-le-feu global et durable». Ces mots sont un appel urgent face à une tragédie qui dépasse les frontières du Moyen-Orient. C’est pourquoi, en tant que Président du Comité Al-Qods, le Souverain mène une diplomatie qui combine les symboles forts et les actes concrets. «Le Royaume du Maroc soutient toutes les initiatives constructives visant à trouver des solutions pratiques pour instaurer un cessez-le-feu concret et per- manent et redresser la situation humanitaire», a-t-il affirmé, souli- gnant la nécessité d’une mobilisa- tion internationale immédiate, au regard notamment de la tragédie à Gaza. En quelques mois, cette enclave a en effet basculé dans une crise humanitaire sans pré- cédent. Privée d’eau potable, de nourriture et de soins médicaux,

sa population subit les affres d’une guerre absurde. Mais alors qu’Israël continue ses bombardements indiscriminés et que la communauté internationale demeure paralysée, le Maroc agit. Pas à travers des paroles creuses, mais en envoyant des convois d’aides humanitaires et en insistant sur l’ouverture des passages fron- taliers. Ces initiatives s’inscrivent dans une tradition marocaine de soutien actif que Mohammed VI a su enrichir d’une approche humani- taire et diplomatique. Le Souverain ne se contente pas de dénoncer. Il propose. Il pose des actes concrets. Ce qui lui permet de rester un inter- locuteur crédible, respecté aussi bien par les Palestiniens que par la communauté internationale. Et la paix dans tout ça ? Peut-on encore parler de paix dans un contexte où chaque initiative est méthodiquement sabotée ? Les incursions israéliennes dans la Mosquée Al-Aqsa, les colonies illégales en Cisjordanie et les bom- bardements aveugles sur Gaza ne laissent guère de place à l’espoir. Chaque action israélienne est une pierre de plus dans le mur de l’in- transigeance et un obstacle sup- plémentaire à la solution à deux Etats. Le Maroc, malgré ses efforts, se heurte à ce mur. Et pourtant, il persiste. Il persiste à croire en la possibilité d’une paix durable, à défendre une vision où Palestiniens et Israéliens pourraient coexister dans deux Etats souverains. Utopie ? Peut-être. Mais une utopie néces- saire, car l’alternative, à savoir un conflit éternel, est bien plus tra- gique. ◆

Roi Mohammed VI est de ceux-là. Depuis le début de son règne, il a fait de la défense de la Cause

www.fnh.ma

6

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

ÇA SE PASSE AU MAROC

Commande publique L’Observatoire marocain tient sa première réunion L ’ Observatoire marocain de la commande publique a tenu sa première réunion le mardi 26 novembre 2024, au siège de la

mentation, de normalisation et de régulation de la commande publique, et encore moins un lieu de défense des intérêts catégoriels. Selon lui, l’Observatoire constitue plutôt, «un espace de production d’informations pertinentes et actualisées et un outil de réflexion sur les dyna- miques, les tendances et les enjeux associés qui se dessinent dans le domaine de la commande publique». Et de poursuivre : «c’est aussi et surtout un espace d’échange et de dialogue devant consti-

Trésorerie générale du Royaume, à Rabat. Pour rappel, il a été créé par le décret n°2.22.78 du 22 avril 2024 et a été domicilié à la TGR, en appli- cation des dispositions de l’article 158 du décret n°2-22-431 du 08 mars 2023 relatif aux marchés publics. Présidé par le Trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda, conformément à l’article

6 du décret du 22 avril 2024, l’Observatoire marocain de la commande publique a une composition pluridisciplinaire. Il rassemble les représentants des autorités gouvernementales, des collectivités territoriales et des organisations profes- sionnelles. Les travaux de cette première réunion ont débuté par une allocution d’ouverture de Bensouda, suivie d’une présentation détaillée des objectifs et des missions assignés à l’Observatoire, ainsi que de la vision stratégique et de la feuille de route dudit Observatoire. Pour le président, l’Observatoire marocain de la commande publique n’est ni un organe de gestion des réclamations et des doléances, ni une instance de régle-

tuer une force de proposition pour le devenir de la commande publique, dans le strict respect des missions qui lui sont dévolues par la réglementation en vigueur». Par la suite, un débat général entre les membres de l’Observatoire a eu lieu et à l’issue duquel il a été procédé à la validation du règlement intérieur, de la charte d’éthique, de la vision stratégique et de la feuille de route de déclinaison de la vision stratégique. Après mise en place de ses instances de gouvernance et de ses modalités de fonctionnement, l’Observatoire se focalisera, pour les prochaines étapes, sur la mobilisation des données nécessaires lui permettant l’exercice effectif des missions qui lui sont imparties. ■

7

FINANCES NEWS HEBDO / VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024

ÇA SE PASSE DANS LE MONDE

Chine

L a banque publique allemande KfW a annon- cé soutenir à hauteur de 24 milliards d'euros le démarrage d'un réseau national de trans- port d'hydrogène vert, une source d'énergie pré- sentée comme une alternative aux combustibles fossiles. « La construction du réseau central d'hydrogène », pierre angulaire de la stratégie du gouvernement en matière énergétique, s'avère « crucial pour le développement de l'hydrogène vert », dont a besoin en particulier l'industrie, a déclaré le pré- sident du Directoire de la KfW, Stefan Wintels, dans un communiqué. D'ici 2032, l'Allemagne veut mettre sur pied un réseau de 9.040 kilomètres de pipelines à hydro- gène, la KfW participant au financement. Ce réseau de transport sera financé par des taxes sur les utilisateurs, comme pour le gaz et l'élec- tricité. ■ L'Allemagne finance un futur réseau de transport d'hydrogène vert Energie

L es inondations tragiques qui ont ravagé le sud- est de l'Espagne le 29 octobre devraient avoir un «impact limité» sur la croissance écono- mique du pays, où l'activité devrait rester «robuste», a estimé le Fonds monétaire international (FMI). « Nous estimons que l'impact économique » des intempéries « a été très localisé et que les dom- mages causés aux infrastructures clés, notamment aux infrastructures de transport et à l'industrie, ont été relativement limités », a déclaré la directrice de l'information du FMI, Julie Kozack. « Par conséquent, notre évaluation préliminaire sug- gère que l'impact sur la croissance économique espagnole serait limité », a poursuivi lors d'une confé- rence de presse Kozack, sans donner à ce stade une évaluation chiffrée sur cet impact. Dans ses dernières prévisions publiées le 23 octobre, le FMI a dit s'attendre à une croissance de 2,9% cette année en Espagne, soit l'une des plus élevées de l'Union européenne. ■ Les inondations devraient avoir un «impact limité» sur la croissance, selon le FMI Espagne

La consommation de charbon devrait atteindre son pic en 2025 L a consommation de charbon en Chine, principal pays émetteur de gaz à effet de serre, va probablement atteindre son pic en 2025 avant de décliner grâce aux efforts de Pékin pour développer des énergies plus propres, selon un rapport. Plus de la moitié (52%) des experts interro- gés dans le cadre d'un rapport publié par les groupes de réflexion Center for Research on Energy and Clean Air (CREA) et International Society for Energy Transition Studies (ISETS) s'attendent à ce que la consommation de char- bon de la Chine atteigne son maximum l'année prochaine. «A tteindre la neutralité carbone dans une économie à croissance rapide comme celle de la Chine n'est pas une mince affaire, mais les efforts considérables déployés par le pays commencent à porter leurs fruits », a déclaré Xunpeng Shi, président de l'ISETS. ■

8

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

BOURSE & FINANCES

Point Bourse Hebdo Après le sommet, la respiration

Evolution de l'indice Masi depuis début novembre 2023

C Après avoir atteint des hauts jamais visités, l’heure est à la consolidation pour le Masi. D’ici la fin de l’année, l’horizon semble bien dégagé pour les actions. ette semaine, la Bourse de Casablanca a pris le temps de souffler. Après avoir inscrit un nouveau sommet historique au-dessus des 15.000 points la semaine dernière, le Masi semble avoir tourné la page de cette obsession. Désormais libéré de cette pression, le mar- ché a opté pour un tempo plus mesuré, marquant tout de même une cinquième semaine consé- cutive de hausse, avec un gain plutôt modeste de 0,16%. Une progression limitée, mais suf- fisante pour maintenir la dyna- mique haussière. Par Y . Seddik

du volume soit 178 MDH, sui- vie par Alliances (11,91%) et Attijariwafa bank (9,09%) pour 122 et 93 MDH respectivement. Sur le plan sectoriel, les perfor- mances affichent des fortunes diverses. Le secteur immobilier a pris la tête avec une hausse de 3,28%, porté par des valeurs comme Addoha et Alliances. Les secteurs des loisirs et hôtels (+2,88%) et des ingénieries et biens d'équipement industriels (+1,2%) complètent le podium. En revanche, les secteurs des boissons (-3,15%), de la chimie (-2,85%) et des sociétés de pla- cement immobilier (-2,52%) ont essuyé les plus fortes baisses, confirmant de fait la rotation sectorielle amorcée ces der- nières semaines. Un horizon dégagé d’ici la fin de l’année À mesure que 2024 approche de son terme, l’horizon semble s’éclaircir pour le marché. Les publications trimestrielles dévoi- lées jusqu’à présent confirment la résilience des entreprises

TOP Performances

FLOP Performances

Réalisations Mécaniques Zellidja S.A Maghreb Oxygène

-23,4%

+15,8% +8,07%

S.M Monétique Stokvis Nord Afrique Dari Couspate

-9,61%

-8,56%

+5,98 %

cotées, avec une dynamique de croissance bien maintenue et même quelques belles sur- prises. Côté obligataire, la baisse des rendements continue de renforcer l’arbitrage en faveur des actions, soutenue par des finances publiques solides et sans perturbations majeures. Reste à savoir si la Banque cen- trale viendra jouer les trouble- fêtes ou les catalyseurs lors de sa réunion de décembre. Un scé- nario de baisse du taux directeur, désormais envisagé par certains

analystes, pourrait accentuer la détente des taux obligataires et offrir un nouvel élan au marché actions. Quoi qu’il en soit, le Masi s’ap- prête à boucler une année exceptionnelle, avec une perfor- mance dépassant les 23% (pour l’heure) et des perspectives favorables. Les prochains défis pour les opérateurs ? Consolider ces niveaux historiques tout en scrutant les signaux suscep- tibles de dicter la suite de cette dynamique. ◆

La fin de cette quête frénétique a ramené un calme relatif parmi les investisseurs. Dans cet envi- ronnement apaisé, certains ont préféré sécuriser leurs gains, comme en témoignent les mou- vements de prises de bénéfices observés sur plusieurs dossiers. Pourtant, malgré cette conso- lidation, les volumes échangés restent solides et dépassent 1,05 milliard de dirhams. L’immobilière Addoha a domi- né les échanges avec 17,37%

10

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

BOURSE & FINANCES

abat a accueilli le mardi 26 novembre le 4ème Symposium régional de haut niveau sur la stabili- té financière sous le thème : «La stabilité financière en Afrique face aux incertitudes géoéconomiques et aux risques émer- La fragmentation géoéconomique, le protectionnisme, la digitalisation, l’intelligence artificielle et les dynamiques démographiques exacerbent les vulnérabilités de la finance africaine. Les nouveaux enjeux de la finance africaine Par Y. Seddik R Changement climatique, digitalisation, géopolitique

gents», qui a réuni des experts de renom et des responsables de premier plan des institutions financières africaines et interna- tionales. Lors de son allocution d’ou- verture, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, a dressé un tableau des multiples chocs ayant marqué l’Afrique ces der- nières années : pandémie Covid- 19, conflits géopolitiques, chan- gements climatiques extrêmes et pressions inflationnistes. Avec une inflation moyenne de 16,2% en 2023 pour l’Afrique subsaharienne, selon le FMI, le fardeau est lourd, particuliè- rement pour les ménages aux revenus limités. En parallèle, la dette publique africaine atteint des sommets préoccupants, représentant 60% du PIB en Afrique subsaharienne et 77% en Afrique du Nord. Ces pressions économiques coexistent avec des transfor- mations structurelles, notam- ment l’essor de l’intelligence artificielle, la digitalisation et les défis liés à la cybersécurité. Jouahri a souligné que ces fac- teurs redéfinissent les priori- tés des décideurs, tant sur le plan national qu’international, et nécessitent des réponses coor- données et innovantes.

www.fnh.ma

11

FINANCES NEWS HEBDO / VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024

BOURSE & FINANCES

former ces risques en opportuni- tés. Toutefois, comme l’a souligné Romain Paserot, de l’Association internationale des superviseurs d’assurance (IAIS), cela nécessite une gestion proactive des risques et une coopération accrue entre les autorités financières. Selon les différents intervenants, le symposium a permis de jeter les bases d’une action concertée,

où chaque acteur, du régulateur local aux organisations interna- tionales, peut jouer un rôle clé. Alors que des défis majeurs per- sistent, notamment la fragmenta- tion géoéconomique et la mon- tée des risques climatiques, une approche collaborative demeure le levier essentiel pour bâtir un système financier résilient et inclusif. ◆

Collaboration internationale Dans son intervention, Martin Moloney, secrétaire général adjoint du Financial Stability Board (FSB), a mis en avant l’interdépendance croissante des systèmes financiers mon- diaux. Il a rappelé que la stabi- lité d’un marché local, qu’il soit à New York ou à Casablanca, a des répercussions globales. «Un agriculteur au Maroc et un trader à Wall Street sont connectés par les fils invisibles de l’économie mondiale» , a-t-il affirmé. Cette interconnexion rend la collaboration entre régulateurs incontournable. À cet égard, la présidente de l’Autorité maro- caine du marché des capitaux (AMMC), également présidente du Comité régional Afrique- Moyen-Orient de l’IOSCO (International Organization of Securities Commissions), a sou- ligné l’importance des efforts conjoints pour atténuer les risques systémiques. L’AMMC, avec ses homologues maro- cains et internationaux, travaille activement sur des initiatives de finance durable et sur l’inté- gration des risques climatiques dans les stratégies financières. Par ailleurs, le symposium a éga- lement été l’occasion de discu- ter des innovations financières et technologiques, souvent dou- blement perçues comme oppor- tunités et menaces. La régle- mentation des crypto-actifs, par exemple, figure en bonne place dans les priorités de Bank Al-Maghrib, qui élabore une loi dédiée pour protéger les utili- sateurs tout en encourageant l’innovation. Les risques climatiques et les cybermenaces ont également occupé une place centrale dans les débats. Le Maroc, pionnier dans l’intégration de ces dimen- sions dans ses cadres régle- mentaires, a partagé ses expé- riences, notamment l’obligation pour les entreprises cotées de publier des rapports ESG et les directives pour les banques sur la gestion des risques clima- tiques.

Une Afrique en quête de solutions autonomes

Face à ces défis, les interve- nants ont insisté sur le potentiel immense de l’Afrique. Ses res- sources naturelles, sa popula- tion jeune et dynamique, ainsi que des initiatives continentales comme la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) sont autant d’atouts pour trans-

www.fnh.ma

12

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

BOURSE & FINANCES

En marge de la 4 ème édition du Symposium régional de haut niveau sur la stabilité financière, nous avons posé quelques questions à Romain Paserot, secrétaire général adjoint de l’International Association of Insurance Supervisors (IAIS). Entretien. Assurance «Le Maroc joue un rôle de leader en matière de stabilité financière en Afrique»

fient dans un monde toujours plus digitalisé, nécessitant une vigilance constante. Le chan- gement climatique, avec ses manifestations extrêmes comme les sécheresses et les inonda- tions qui frappent des pays tels que le Maroc, exige une inté- gration accrue de ces risques dans les cadres de supervision, appuyée par une coopération internationale renforcée. Enfin, les tensions géopolitiques, bien que souvent éloignées, ont des répercussions significatives dans un système globalement interconnecté. Dans ce contexte, le Maroc se démarque par sa capacité à intégrer ces problé- matiques dans son approche de supervision, et affirme ainsi son rôle de leader régional. F.N.H. : Sur quelles thé- matiques souhaitez-vous renforcer la coopération avec les autorités maro- caines et africaines ? R. P. : Plusieurs axes méritent une attention particulière. D’abord, sur les questions cli- matiques, les contributions de nos collègues marocains sont précieuses pour éclairer nos travaux. Plus largement, il est essentiel d’inclure les perspec- tives des économies émergentes comme le Maroc, car les mêmes risques n’ont pas les mêmes impacts dans ces marchés que dans des économies dévelop- pées comme les États-Unis. Un autre sujet clé est le déve- loppement de l’assurance. Dans notre plan stratégique, nous insistons sur le rôle sociétal de l’assurance, qui ne se limite pas à couvrir les risques, mais contri- bue à la protection des individus et des ménages. L’expérience marocaine dans ce domaine est un modèle. Elle montre com- ment élargir la couverture assu- rantielle pour mieux inclure les populations vulnérables. Cette coopération est donc essentielle pour tirer des ensei- gnements et identifier des voies permettant de continuer à déve- lopper le secteur assurantiel à l’échelle régionale et mondiale. ◆

Propos recueillis par Y. Seddik

Finances News Hebdo : En quoi ce séminaire revêt-il une importance particu- lière selon vous ? Romain Paserot : Ce séminaire arrive à un moment crucial, mar- qué par une accumulation d’in- certitudes économiques et géo- politiques. Il est particulièrement utile pour au moins deux raisons. D'abord, il permet de croiser les perspectives de différents sec- teurs financiers : le secteur ban- caire, les marchés de capitaux et l'assurance. Cette approche transversale est essentielle pour appréhender la stabilité finan- cière de manière globale. Ensuite, la dimension régionale de ce séminaire est tout aussi précieuse. Partager les expé- riences et les perspectives des différentes autorités africaines contribue à mieux coordonner les réponses face à des défis qui, bien qu’ils soient globaux, nécessitent des solutions adap- tées aux spécificités locales. Ce type d’échange renforce non seulement la coordination, mais aussi la résilience collective. F.N.H. : Quelle est votre appréciation du rôle du Maroc et de l'ACAPS dans la surveillance et le ren- forcement de la stabilité financière en Afrique ? R. P. : Je ne me prononcerai pas spécifiquement sur la stabi- lité financière au Maroc, mais je tiens à souligner la contribution

exemplaire de l'ACAPS (Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale) à nos travaux au sein de l’IAIS. Cette institution joue un rôle de leader en Afrique. Dès que nous avons mis en place notre cadre de surveillance des risques, l'ACAPS a répondu pré- sent. Elle a fourni des données précieuses et a encouragé les autres autorités africaines à par- ticiper activement. L'approche marocaine se distingue par sa centralité des risques dans la

supervision et par l'évolution vers un régime basé sur la pré- vention. Cela renforce considé- rablement la résilience du sec- teur financier marocain. F.N.H. : Quels sont, selon vous, les principaux défis actuels pour la stabilité financière ? R. P. : Les enjeux auxquels nous faisons face sont mul- tiples et partagés par l’en- semble des acteurs financiers. Les risques cyber s’intensi-

Sur les questions climatiques, les contributions de nos collègues marocains sont précieuses pour éclairer nos travaux.

www.fnh.ma

14

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

BOURSE & FINANCES

Private equity «Favoriser les partenariats avec des acteurs mondiaux peut apporter une expertise et créer des opportunités de transfert de connaissances»

cain du capital-investissement aux normes internationales. Nous pou- vons désormais avancer que nous disposons d’un arsenal juridique destiné à encadrer les opérations, en améliorant la transparence, en protégeant les investisseurs mino- ritaires et en facilitant les flux de capitaux. Cette législation devrait attirer davantage d’investisseurs institutionnels et mondiaux, favo- risant ainsi une croissance à long terme du secteur. F.N.H. : L'industrie du capi- tal-investissement au Maroc est sur le point de franchir un tournant décisif avec l'ar- rivée du Fonds Mohammed VI pour l'investissement. En 2023, les capitaux levés et les investissements ont atteint des niveaux record. Quels sont, selon vous, les facteurs qui expliquent cet engouement ? Me A. B. : Les niveaux record de capitaux levés en 2023 reflètent une reconnaissance croissante de la position stratégique du Maroc en tant que hub régional d'investisse- ment. Ainsi, le Fonds Mohammed VI pour l'investissement joue un rôle transformateur en renforçant la résilience et la croissance éco- nomique. Les initiatives ciblées du fonds et ses efforts collaboratifs avec des investisseurs nationaux et

Au Maroc, le capital- investissement connaît une dynamique croissante, soutenue par l’expansion

de son écosystème. Le cadre juridique et

réglementaire, récemment renforcé grâce à la loi 58.22, offre une meilleure sécurité aux investisseurs. Entretien avec Me Aïda Bennani, avocate au Barreau de Casablanca, spécialisée en droit des affaires.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Finances News Hebdo : Quels sont les principaux enjeux juridiques et réglementaires auxquels fait face le capital- investissement au Maroc? Et comment les récents déve- loppements législatifs, tels que la loi n° 58.22 pour- raient-ils transformer ce sec- teur ? Me Aïda Bennani : Le capi- tal-investissement au Maroc a

considérablement mûri au fil des années, établissant une base solide pour une croissance durable. Cependant, des défis subsistent, notamment en ce qui concernent la clarté réglementaire et la simplification des structures d'investissement. Comme l’a sou- ligné Hassan Laaziri, président de l’Association marocaine des inves- tisseurs en capital (AMIC), des améliorations réglementaires sont

essentielles pour faire progresser cet écosystème. Les initiatives de l'AMIC visent à remédier à ces problèmes en plaidant pour des processus simplifiés, des incita- tions fiscales et un cadre juridique qui encourage les investissements nationaux et internationaux. La loi n° 58.22 représente une avancée majeure, conçue pour renforcer la confiance des inves- tisseurs et aligner le secteur maro-

www.fnh.ma

15

FINANCES NEWS HEBDO / VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024

BOURSE & FINANCES

internationaux ont renforcé la confiance des opérateurs sur le marché. Par ailleurs, un environnement macroéconomique stable, des réformes stratégiques et une attention croissante aux cri- tères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) attirent à la fois le capital-inves- tissement et le capital-risque. Ces facteurs, combinés à l'en- gagement du gouvernement en faveur de l'entrepreneuriat, ont suscité un intérêt accru dans des secteurs tels que les éner- gies renouvelables, les techno- logies et les infrastructures. F.N.H. : Quels sont les principaux leviers qui favo- risent ou, au contraire, freinent la croissance du capital-investissement au Royaume ? Me A. B. : Les principaux leviers favorisant la croissance du capital-investissement au Maroc incluent un environne- ment réglementaire favorable, des initiatives gouvernemen- tales stratégiques comme le Fonds Mohammed VI, ainsi qu’un pipeline solide d'oppor- tunités dans des secteurs à forte croissance. Comme l’a souligné Omar Laalej, Directeur général du Fonds Al Mada Ventures, l'écosystème des startups marocaines est de plus en plus dynamique, avec un potentiel encore inexploi- té dans certains secteurs tels que la tech et l'entrepreneuriat, renforcé par des stratégies de capital-risque ciblées. Ceci étant dit, des défis per- sistent, notamment la com- plexité réglementaire, l'ac- cès limité au capital pour les petites entreprises et la néces- sité de cadres de gouvernance plus robustes. Pour surmonter ces obstacles, il faudra conti- nuer à simplifier les processus d'investissement, améliorer la transparence et aligner davan- tage les objectifs du capital- investissement sur les priorités de développement national.

 En soutenant les startups et les PME, le capital-investissement peut offrir des opportunités aux jeunes professionnels.

F.N.H. : Comment les investisseurs institution- nels et les entreprises peuvent-ils contribuer au meilleur développement de ce secteur clé ? Et quelles réformes supplémentaires seraient nécessaires pour rendre le capital-investis- sement plus attractif et dynamique au Maroc ? Me A. B. : Les investisseurs institutionnels et les entreprises peuvent jouer un rôle crucial en apportant plus que du capi- tal: leur participation active à la gouvernance, au mentorat et aux initiatives de renforcement des capacités peut générer une réelle création de valeur. En l’oc- currence, l’approche d’AfricIn- vest met l’accent sur l’accom- pagnement des entreprises en portefeuille, essentiel pour les faire évoluer et leur assurer une croissance durable. Pour rendre le capital-investisse- ment plus attractif et dynamique, des réformes supplémentaires sont nécessaires, notamment pour renforcer les protections juridiques des investisseurs, introduire des incitations fiscales pour les investissements à long terme, par exemple la suppres- sion de la taxation des «mana-

gement fees», et renforcer les partenariats public-privé. Des initiatives visant à améliorer la disponibilité des données et l’in- telligence de marché aideraient également les investisseurs à prendre des décisions éclairées et à renforcer leur confiance dans l’écosystème du capital- investissement marocain. F.N.H. : De quelle manière le capital-investissement pourrait-il mieux soutenir l’innovation et la diver- sification économique, notamment dans des sec- teurs stratégiques comme les énergies renouvelables ou les technologies de pointe ? Me A. B. : Le capital-inves- tissement peut catalyser l’inno- vation et la diversification éco- nomique en orientant les res- sources vers des secteurs stra- tégiques comme les énergies renouvelables, les technologies

avancées et la fintech. En effet, les stratégies de capital-risque axées sur les secteurs à forte croissance et les tendances émergentes dans la technologie peuvent avoir un impact trans- formateur sur l’économie maro- caine. Soutenir les startups et les PME dans ces domaines ne favorise pas seulement l'inno- vation, mais crée également un impact significatif sur les indus- tries connexes. Les entreprises de capital-inves- tissement peuvent également encourager la collaboration entre investisseurs, entrepreneurs et institutions de recherche pour accélérer l’adoption de nou- velles technologies. En outre, favoriser les partenariats avec des acteurs mondiaux peut apporter une expertise et créer des opportunités de transfert de connaissances, renforçant ainsi l’avantage concurrentiel du Maroc. F.N.H. : Quels impacts positifs le développement du capital-investissement pourrait-il avoir sur l’emploi et la montée en compé- tence des talents locaux ? Me A. B. : Le développement du capital-investissement

Les niveaux record de capitaux levés en 2023 reflètent une reconnaissance croissante de la position stratégique du Maroc en tant que hub régional d'investissement.

www.fnh.ma

16

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

BOURSE & FINANCES

 Le MENA meeting était destiné à favoriser l'échange d'expertises et la création de relations durables pour promouvoir des collaborations fructueuses.

sés à des industries innovantes. À long terme, cela renforcera non seulement la main-d’œuvre locale, mais contribuera égale- ment à construire une économie fondée sur la formation continue au Maroc. F.N.H. : Récemment, le groupe régional Mena d’IR Global a organisé sa confé- rence annuelle au Maroc. Parmi les sujets abordés figurait le private equity. Quelle a été la portée de cet événement qui a ras- semblé des experts de renom issus de 168 juridic- tions ? Me A. B. : Le Mena meeting tenu à Casablanca et Marrakech du 31 octobre au 3 novembre cou- rant, organisé par des membres d'IR Global, un réseau mondial de premier plan de conseillers juridiques, comptables et finan- ciers, s'est avéré être un évé- nement marquant pour les pro- fessionnels de divers secteurs. Axée sur la thématique globale «Opportunités d’investissements au Maroc», la conférence était destinée à présenter le Maroc

comme pays attractif et pros- père. L’évènement avait pour but de favoriser l'échange d'ex- pertises et la création de rela- tions durables pour promouvoir des collaborations fructueuses. Un point fort de cet événement a été la participation de confé- renciers éminents qui façonnent l’écosystème financier et d’in- vestissement du Maroc, notam- ment Omar Laalej d’Al Mada, Omar Bekkali d’AfricInvest Maroc, Badr Belkadi du Fonds Mohammed VI pour l’investisse- ment, et Hassan Laaziri de CDG Invest Growth. Modérée par Rachida el Johari, éminente avo- cate aux Pays-Bas et membre de Gold d’IR Global, cette table- ronde a offert des perspectives précieuses : • Hassan Laaziri a retracé l’évo- lution et la maturité du mar- ché du capital-investissement au Maroc, partageant la vision de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) pour faire progresser l’écosys- tème grâce à des améliorations réglementaires et des méca- nismes de soutien stratégique. • Omar Laalej a mis en lumière

au Maroc pourrait avoir des impacts très positifs sur l’emploi et le développement des talents locaux. Le Fonds Mohammed VI pour l'investissement priorise des projets qui contribuent à la résilience économique, ce qui se traduit directement par la création d’emplois dans diffé- rents secteurs. De plus, les investissements en capital-investissement s’accompagnent souvent d’ini- tiatives visant à développer le capital humain, notamment par le biais de formations, de déve- loppement du leadership et de l’introduction de meilleures pra- tiques en matière de gestion. En soutenant les startups et les PME, le capital-investissement peut offrir des opportunités aux jeunes professionnels, leur per- mettant d'acquérir de nouvelles compétences et d’être expo-

l’écosystème des startups maro- caines, en abordant les défis rencontrés par les entrepreneurs locaux, la stratégie de capital- risque d’Al Mada et les secteurs à forte croissance qui se prêtent à une transformation grâce à la technologie et à l’entrepreneu- riat. • Omar Bekkali a parlé d’une perspective régionale en com- parant les tendances financières du Maroc à celles de l’Afrique. Il a détaillé le soutien d’AfricIn- vest à la fintech au Maroc et a souligné l’importance des cri- tères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans des pratiques d’investisse- ment durables et responsables. • Badr Belkadi a partagé la vision du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, expli- quant les initiatives visant à ren- forcer la résilience économique et la croissance. Il a mis en avant les partenariats avec des inves- tisseurs nationaux et internatio- naux pour amplifier l’impact des investissements au Maroc. En complément de ces discus- sions, Zina Barrada, Directrice générale de Scotwork Maroc,

La loi n° 58.22 représente une avancée majeure, conçue pour renforcer la confiance des investisseurs et aligner le secteur marocain du capital-investissement aux normes internationales.

www.fnh.ma

17

FINANCES NEWS HEBDO / VENDREDI 29 NOVEMBRE 2024

BOURSE & FINANCES

en collaboration avec Madeleine Molster et Wissam Mghazli, a pré- senté une intervention sur les tech- niques de négociation donnant des clefs permettant la réussite de la négociation d’accords com- merciaux dans un environnement marocain. Ses observations ont mis en avant l’importance des nuances culturelles et des approches straté- giques pour naviguer dans un mar- ché marocain dynamique. La conférence a également abor- dé l’importance de la santé men- tale dans les milieux profession- nels. Modérée par Maija Brossard, cette session a réuni les contribu- tions d’Ammar El Banna, fonda- teur d’Incept Legal à Dubaï, et du Dr Ibrahim Msefer, psychiatre de renom à Casablanca. Leurs inter- ventions ont souligné le lien crucial entre le bien-être mental et la per- formance professionnelle, compa- rant les environnements de travail à haute pression à des performances de sport de haut niveau. Des questions critiques liées à la protection des données et à la vie privée ont également été discutées. Driss Jabri et moi-même avons présenté des interventions sur la conformité à la protection des don- nées, notamment la loi 09-08 et au Règlement général sur la protection des données (RGPD). En présentant les meilleures pratiques au Maroc et en insistant sur la pertinence crois- sante de ce sujet dans le monde technologique actuel. Partager mon expertise dans ce domaine a été particulièrement gratifiant, car il est au centre des préoccupations des entreprises, et ce dans tous les sec- teurs. Une session marquante, ani- mée par Women in Tech Morocco et modérée par Urs Breitsprecher, a exploré le thème « La technolo- gie : un levier pour des opportuni- tés inclusives et durables ». Ranya Alaoui, directrice Maroc de Women in Tech Global, a présenté les grandes initiatives technologiques pilotées par le Maroc, tandis que la conférencière principale, Saloua Karkri ep Belkeziz, a inspiré les participants. La discussion en panel a mis en avant trois femmes pion- nières de l'industrie technologique marocaine, âgées de moins de 40 ans. Il s’agit de

• Chakir Salma, PDG de Catalyst Insight Agency. • Aïda Tagmouti, co-fondatrice et PDG de JobBee. • Zineb Khayatei, directrice natio- nale d’Endeavor Maroc. • Aida Kandi, CEO de My Tindy. En outre, les discussions sur l'immobilier et le développement durable, ainsi que sur la préser- vation du patrimoine culturel, ont

mis en lumière des experts tels que Gert Jan van den Bergh, proprié- taire de Jnane Rumi à Marrakech, et Philippe Chalindar, un leader du marché immobilier de luxe au Maroc. Animée par Christophe El Gammal, cette session a mis en avant les opportunités d’investisse- ments haut de gamme et durables. En somme, la conférence Mena a fourni une plateforme pour le lea-

dership éclairé dans les domaines de la finance, de la technologie et de l’innovation, de l’immobilier, des stratégies de négociation et de la santé mentale. En réunissant des voix influentes de ces différents secteurs, l’événement a souligné la position stratégique du Maroc en tant que passerelle pour les inves- tissements et l’innovation dans la région Mena. ◆

www.fnh.ma

Page 1 Page 2 Page 3 Page 4 Page 5 Page 6 Page 7 Page 8 Page 9 Page 10 Page 11 Page 12 Page 13 Page 14 Page 15 Page 16 Page 17 Page 18 Page 19 Page 20 Page 21 Page 22 Page 23 Page 24 Page 25 Page 26 Page 27 Page 28 Page 29 Page 30 Page 31 Page 32 Page 33 Page 34 Page 35 Page 36 Page 37 Page 38 Page 39 Page 40 Page 41 Page 42 Page 43 Page 44 Page 45 Page 46 Page 47 Page 48 Page 49 Page 50 Page 51 Page 52

fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker