Aline Crépin (Randstad) confirme « On a pas mal avancé ces dernières années sur un plan sociétal, auparavant la discrimination n’était pas un problème puisqu’elle n’était pas verbalisée. Mais il y a des moments de repli, le moment de la campagne présidentielle a montré qu’on n’était pas à l’abri d’un retour en arrière avec la montée des extrêmes en Europe » . Mansour Zoberi (Casino) renchérit « Il reste beaucoup de pédagogie à faire sur la lutte contre les discriminations, à chaque fois que l’on fait une avancée, on peut faire une marche arrière ». « Il y a quelques années, cette dimension n’était pas appréhendée en France, ce sont nos entités de Londres et New York qui ont été les pionnières. C’est grâce à leur dynamique que nous avons accéléré nos politiques en France et dans d’autres pays du groupe. Dans une entreprise internationale, il y a toujours une entreprise locale qui initie le changement. Mais il n’y a pas d’automatisme, et nos engagements doivent se construire par la force de conviction. Il suffit qu’une ou deux personnes volontaires s’en aillent pour fragiliser l’édifice. Il faut nécessairement structurer la démarche pour avoir un impact sur la durée » constate Jean-Laurent Bonnafé (BNPP) . « Je ne suis pas naïf, le débat autour du mariage n’est pas si vieux, la bataille dans l’entreprise n’est pas encore gagnée, beaucoup ont une pensée conservatrice et ne comprennent toujours pas que l’on parle de cela » nuance aussi Tim Stevens (ex IBM) . Même constat pour Jean-Louis Malys (CFDT) « Dans le monde syndical, on n’est pas ‘hors’ la société, on a les mêmes défauts que la société. Cela évolue, je le pense très sincèrement, on assume parfaitement le ‘mariage pour tous’, mais il reste des préjugés, des militants qui n’ont pas envie que cela soit résumé à cela. Il ne faut rien céder et être très vigilants en interne sur les comportements » .
20 ans déjà… et des projets pour demain -
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