FNH N° 1148

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 18 AVRIL 2024

BOURSE & FINANCES

Naviguer entre risques climatiques et adaptation Assurances

de terre d’El Haouz nous a permis de palper quelques insuffisances face à la gestion d'un sinistre de masse, bien que ce sinistre ait beaucoup plus impacté des per- sonnes et des biens non assurés du fait d'un fort impact sur des zones rurales et montagneuses. L'organisation et la gestion des experts ressortent comme des axes d'amélioration pour exper- tiser et apprécier l'étendue des dégâts sur des milliers de sites impactés et des milliers de per- sonnes ayant subi des dégâts corporels. C'est d'ailleurs le même retour d'expérience que nous avons pu avoir auprès de nos collègues japonais et turcs, qui nous ont précédés dans la gestion de grandes catastrophes naturelles. Nous travaillons avec l'ensemble des confrères pour améliorer notre mode opératoire. F.N.H. : Enfin, quels sont les défis spécifiques ren- contrés par les assureurs marocains dans le dévelop- pement de produits d'assu- rance adaptés aux besoins des agriculteurs et des com- munautés rurales confron- tés aux aléas climatiques, et quelles sont les solutions envisagées pour surmonter ces défis ? B. B. : En l'absence d'une obliga- tion d'assurance, il est difficile de mutualiser ce type de risques et les solvabiliser. A cela s'ajoutent les consé- quences du changement clima- tique qui augmentent la fréquence de certains phénomènes météoro- logiques pouvant les rendre inas- surables. Les coûts de la réassurance sur les risques climatiques ne cessent d'ailleurs d'augmenter partout à travers le monde. ◆

Dans cet entretien, Bachir Baddou, vice-président de la Fédération marocaine de l’assurance, met en lumière les défis et les opportuni- tés auxquels le secteur de l'assurance marocain est confronté face aux impacts du changement climatique.

Propos recueillis par Y. Seddik

est assis sur une inclusion automa- tique de la couverture dans tous les contrats d'assurance de biens et de responsabilité, en plus d'un dispositif pour les non assurés qui est porté par le Fonds de solidarité contre les événements catastro- phiques. Par ailleurs, la multirisque climatique est née d'un partenariat public-privé, avec un abondement de l'Etat sur la prime d'assurance pour les petits agriculteurs. Pour vous dire que l'interaction entre les pouvoirs publics et le sec- teur est très forte. F.N.H. : Selon vous, quels sont les principaux enseigne- ments tirés des expériences passées en matière de ges- tion des risques climatiques au Maroc, et comment ces leçons influencent-elles les pratiques actuelles de l'in- dustrie de l'assurance ? B. B. : La gestion du tremblement

seules, supporter l'ensemble des risques inhérents au changement climatique. Il restera toujours un gap de couverture que les pou- voirs publics doivent aider à com- bler d'une manière ou d'une autre. F.N.H. : Comment les autori- tés marocaines collaborent- elles avec l'industrie de l'assurance pour élaborer des politiques et des régle- mentations visant à renfor- cer la résilience face aux impacts du changement cli- matique ? B. B. : Les autorités marocaines, et particulièrement l'ACAPS et le ministère des Finances, ont tra- vaillé main dans la main avec la Fédération marocaine de l'assu- rance pour mettre en place un dispositif de couverture obligatoire contre les risques d'inondation, de tremblement de terre et de Tsunami. Comme vous le savez, ce système

Finances News Hebdo : Tout d’abord, quels sont les impacts spécifiques du changement climatique sur le secteur de l'assurance au Maroc, et comment les compagnies d'assurances s'adaptent-elles à ces défis ? Bachir Baddou : Le changement climatique sur notre pays est clai- rement perceptible, avec des tem- pératures hors saison à répétition et un manque de pluie dramatique depuis maintenant bientôt 6 ans. Paradoxalement, les épisodes plu- vieux peuvent être plus violents que par le passé, nous exposant à des risques d'inondations par moment. Le risque d'inondation est intégré dans la couverture contre les conséquences des évè- nements catastrophiques, alors que le risque sécheresse est inté- gré dans la multirisque climatique. Ceci dit, les entreprises d'assu- rances ne peuvent pas, à elles

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