FNH N° 1148

23

FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 18 AVRIL 2024

BOURSE & FINANCES

avec un D/Y de 4,2%, avec la hausse significative du divi- dende de Maroc Telecom, qui passe de 2,19 DH par action en 2022 à 4,20 DH en 2023. Il est suivi par le secteur des assurances avec un D/Y de 4,1% grâce à des augmen- tations de dividendes chez Agma, AtlantaSanad, Sanlam Maroc et Wafa Assurance. L'agroalimentaire n’est pas en reste, affichant un rende- ment de dividende de 3,9%, après le relèvement des divi- dendes de Cosumar, SBM, Mutandis et Oulmès.

tion suivie d'une augmenta- tion du capital de la société), ceci plus dans un souci légal que d'optimisation du R.O.E. Non, le dividende n'enrichit pas systématiquement l'ac- tionnaire Le dividende en lui-même ne crée pas systématiquement de la richesse pour l’action- naire, car le jour du détache- ment du dividende, l’action perd en valeur exactement la même somme. En clair, quand une société verse un dividende à un actionnaire, celui-ci ne fait que récupérer une partie de son patrimoine sous forme de numéraire. Pour mieux comprendre, ima- ginons que vous achetiez une action à 100 DH la veille d’une distribution de dividende. Si le lendemain vous recevez 5 DH de dividende et que l’action vaut toujours 100 DH, alors vous vous seriez enrichi de 5 DH en un jour et quasi- ment sans aucun risque. En réalité, le jour de détache- ment du dividende, l’action va coter directement à 95 DH en cours de référence, ne créant donc aucune richesse pour l’actionnaire qui aura, avec les 5 DH de dividende, toujours 100 DH. Du point de vue de l’actionnaire, le calcul est simple. Il aura certes perçu 5 DH en cash, mais son action ne valant plus que 95 DH, son patrimoine restera de 100 DH, comme aupara- vant. L’actionnaire ne se sera donc pas enrichi. Au final, une certaine régulari- té dans la distribution de divi- dendes est souhaitable, soit dans la croissance, soit dans la stabilité des dividendes. De là découle, pour l’entre- prise, la nécessité de choisir objectivement une politique de dividendes qui peut s’ap- puyer sur une analyse rigou- reuse de sa situation finan- cière, de ses perspectives de croissance et des attentes de ses actionnaires. ◆

D’autres formes de rétribution

En plus du dividende, le rachat d’actions, la réduc- tion de capital et le dividende exceptionnel sont d’autres formes qui permettent à la société de rendre de la tré- sorerie à ses actionnaires. Or, force est de constater qu’au Maroc ces pratiques restent très limitées. La régle- mentation marocaine limite la portée des programmes de rachats. En effet, la fraction du capital sur lequel porte le programme de rachat ne doit pas dépasser 10% des titres qui constituent le capi- tal, déduction faite de l’auto- détention indirecte. De plus, le montant correspondant à la fraction du capital sur laquelle porte le programme de rachat ne peut en aucun cas dépasser le montant des réserves de la société, hors réserve légale. Pour la réduction du capital, elle est quasi-inexistante sur le marché marocain, excepté quelques opérations comp- tées sur le bout des doigts. Les émetteurs se limitent aux coups d’accordéon (réduc-

 Les actionnaires des entreprises cotées à la Bourse de Casablanca vont se partager un pactole de 19 milliards de dirhams.

DPA stable et 15 ont opté pour la non-distribution ou bien ont décalé cette décision. Par ailleurs, il convient de souligner que l’exercice 2023 a été marqué par le retour à la distribution des divi- dendes de 4 sociétés cotées, à savoir Alliances, SMI, Jet Contractors et Risma. Des décisions qui ont été large- ment saluées sur le marché, comme en témoigne l’évolu- tion de leurs cours en Bourse. En somme, sur la base des dividendes annoncés jusqu’à date d’aujourd’hui et des cours observés à fin mars 2024, le D/Y du marché actions ressort à 3,2% contre 3,4% pour les rendements des BDT à 5 ans.

du rendement, la Bourse de Casablanca se distingue par une distribution de divi- dendes particulièrement attractive. En effet, plusieurs secteurs se démarquent par des rendements de divi- dendes (D/Y) supérieurs à la moyenne du marché, offrant ainsi des opportunités inté- ressantes aux investisseurs en quête de revenus régu- liers. Le secteur des sociétés de financement arrive en tête de ce classement avec un D/Y moyen de 4,9%. Cette per- formance s'explique notam- ment par le relèvement du dividende par action (DPA) de Salafin, qui passe de 27 à 28,5 DH, ainsi que par le maintien des DPA d'Eqdom et de Maghrebail. Le secteur des télécoms se hisse à la seconde place

Les secteurs les plus rémunérateurs

Le D/Y du marché actions ressort à 3,2% contre 3,4% pour les rendements des BDT à 5 ans.

A l'heure où les place- ments sûrs peinent à offrir

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker