FNH N° 1148

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 18 AVRIL 2024

ECONOMIE

relatifs aux échanges commerciaux entre les deux pays, notamment les 2,3 milliards de dirhams enre- gistrés en 2023, ne reflètent pas réellement le potentiel existant. «Nous gagnerions à développer ces échanges, mais nous gagne- rions aussi et surtout à promouvoir davantage l’investissement entre les entreprises marocaines et belges. En effet, c'est l'investissement qui drive le commerce et qui accélère la croissance », a-t-il souligné. S’exprimant autour des mesures «pragmatiques» à mettre en place en termes d’investissement et de co- investissement dans l’infrastructure et l’énergie, Chakib Alj a relevé que le Maroc a fait du développement des énergies renouvelables son fer de lance, rappelant que le Royaume ambitionne d’atteindre une part de 52% de sources renouvelables du mix électrique national d’ici 2030. «La convergence entre l'expertise technologique belge dans les EnR et l’expérience du Maroc dans le solaire et l’éolien, pourra aboutir à des projets très intéressants dans la production, le stockage et l'exporta- tion d'énergie propre et abordable. Il s’agit d’un enjeu de taille dans un contexte de choc énergétique et au moment où l’économie mondiale est appelée à se décarboner», a-t-il affirmé. De son côté, Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie et du Commerce, a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopé- ration économique entre le Maroc et la Belgique. «Partout à travers le monde, nous assistons actuel- lement à de multiples crises qui impactent notre pouvoir d’achat et notre compétitivité. De ce fait, nous n’avons pas d'autre choix que d’avancer ensemble pour ne pas risquer de rater un autre rendez- vous de développement et d’inté- gration» , a-t-il souligné. Et de poursuivre : «L’Europe a sou- vent regardé cette région nord- africaine comme une zone de sécurité énergétique. Cette zone

est aujourd’hui en plein dévelop- pement; elle a un potentiel, elle a appris à se structurer et le Maroc en est le parfait exemple. Le Royaume a fortement investi dans ses infrastructures, son ouverture économique, son potentiel humain, sa capacité à attirer des opéra- teurs au niveau mondial, et a réussi à maintenir la compétitivité des entreprises malgré une conjoncture extrêmement défavorable». Mezzour a en outre indiqué que les mécanismes mis en place par le gouvernement marocain pour attirer les investisseurs étrangers sont très incitatifs, notant que le Royaume dispose de l’une des meilleures compétitivités produc- tives au monde. «Ce n’est pas un hasard si autant d’opérateurs inter- nationaux ont choisi le Maroc. La plateforme d’investissement maro- caine est l’une des plus saines, des plus stables et des plus compé- titives au monde et les perspec- tives sont encore plus importantes. Le Maroc ambitionne de casser le fameux plafond de verre pour pouvoir développer davantage sa capacité à répondre aux nouveaux enjeux du monde» , fait-il savoir. Dans le même ordre d’idées, le ministre a mis en avant les princi- paux atouts du pays. «Le Maroc dispose d’une main- d'œuvre qua- lifiée et de talents exceptionnels et il s’agit de notre plus grand trésor. Aussi, le Royaume détient un mélange unique de proximité, de stabilité, de ressources solaires et éoliennes et foncières, ce qui constitue un atout majeur de com- pétitivité et de positionnement stra- tégique au niveau de la sécurité énergétique du monde, et particu- lièrement de l’Europe» , a précisé le ministre. Il est à noter que dans le cadre de la 3 ème réunion de la Haute commis- sion mixte de partenariat Maroc- Belgique, les deux Royaumes ont signé une feuille de route de coo- pération. Cette dernière énumère les actions menées dans le cadre du dialogue politique et trace les perspectives de la coopération bilatérale dans divers domaines, notamment la transition énergé- tique, la migration, la sécurité, et les droits de l'Homme. ◆

 Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et le Premier ministre belge, Alexander De Croo, ont co-présidé la 3 ème réunion de la Haute commission mixte de partenariat Maroc-Belgique, tenue à Rabat le 15 avril.

des Affaires étrangères belge, Hadja Lahbib, ce MoU vise à encourager les échanges dans ce domaine, à soutenir les efforts fournis par les deux parties pour la production et la distribution de l’hydrogène vert et de l’ammoniac pour la consomma- tion locale ainsi que pour l'export régional et international. Les deux chefs de gouvernement ont en outre exprimé leur volonté de promouvoir une coopération judiciaire innovante, alignée sur les normes internationales les plus éle- vées, pour une gestion efficace des affaires judiciaires transfrontalières. Ils ont également exprimé leur ambi- tion de développer davantage leur coopération policière et d’intensi- fier et de consolider la coopération migratoire dans divers domaines, tels que le retour, la réadmission et la lutte contre le trafic d’êtres humains, ainsi que d’améliorer les mécanismes pour la mobilité des professionnels et la migration légale. Développer les affaires En marge de cette 3 ème session de la Haute commission mixte de partenariat Maroc-Belgique, la Confédération générale des entre- prises du Maroc (CGEM) a organisé, mardi 16 avril 2024 à Casablanca,

la rencontre économique Maroc- Belgique. Cet événement, marqué par la présence du chef du gou- vernement, Aziz Akhannouch, et du Premier ministre belge, Alexander De Croo, a été l’occasion de présen- ter le climat des affaires au Maroc et en Belgique, ainsi que les oppor- tunités d'investissement dans les secteurs de l'énergie et des infras- tructures, en vue d'établir de nou- veaux partenariats et renforcer la coopération économique entre les deux Royaumes. Dans son mot d’ouverture, le pré- sident de la CGEM, Chakib Alj, a d’abord indiqué que la coopération économique entre le Maroc et la Belgique repose actuellement sur des fondamentaux solides. «En plus de la volonté et du cadre poli- tique, il existe un maillage important d'entreprises belges au Maroc dans divers secteurs stratégiques, ainsi qu'une grande diaspora marocaine établie en Belgique, d’environ un demi-million de personnes repré- sentant la deuxième communauté d'origine étrangère du pays. Cette diaspora compte énormément de hauts potentiels et d’entrepreneurs exceptionnels», a-t-il précisé. En revanche, le patron de la CGEM a fait remarquer que les chiffres

Les deux Chefs de gouvernement veulent encourager les entreprises belges et maro- caines à explorer les opportunités offertes de part et d’autre en matière d'investissement.

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