Voir des amis ne pas oser franchir le cap est l’une des choses qui me rend le plus dingue. Parce que beaucoup voient les sacrifices et le travail, mais ne se rendent pas compte du bonheur de construire son projet au quotidien. Dans la relance de Blackout, quelle a été ta ligne directrice ? La conviction qui t’a permis d’avancer, même quand tout n’était pas évident. La ligne directrice a été mon association avec Tym. Très tôt, on a décidé de poser les contours du projet : ce qu’on voulait en faire, le rêve, la vision, les valeurs fortes. Et sachant qu’on était alignés sur tous ces éléments, les décisions qui s’ensuivent paraissent évidentes.
C’est un exercice que l’on conseille à tous les entrepreneurs très tôt dans leur projet. Être 100 % alignés entre associés et sur la vision change absolument tout dans la réussite. Vous avez choisi une voie audacieuse : rendre le luxe horloger accessible. Qu’est-ce qui t’a poussé à casser les codes ? Et est-ce que l’environnement traditionnel de l’horlogerie t’a mis des barrières ? On avait une volonté dès le départ : ne pas être juste une marque de plus dans le paysage horloger. Le secteur est si compétitif, voire saturé, entre des géants centenaires et un nombre incalculable d’indépendants…
On voulait créer et apporter au marché quelque chose de nouveau. En ce sens, être passionnés d’horlogerie nous a aidés à comprendre ce que les clients voulaient. On a donc été les premiers à proposer cette approche « hybride » de l’horlogerie : importer des bases de mouvements d’Asie et les transformer en Suisse pour conserver l’accessibilité tout en apportant de la fiabilité. Le projet étant clivant, notre communication et notre « brand platform » devaient l’être aussi. C’est ce qui nous a permis de ne pas passer inaperçus sur le marché. Et bien sûr, on a eu des échos : beaucoup nous ont critiqués au début, nous prenaient pour des escrocs, etc. Mais plus on avance, moins ils sont nombreux.
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ISSUE 04
MDB MAG
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