Finances News Hebdo N° 1072

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POLITIQUE

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 14 JUILLET 2022

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juin dernier, à l'issue d'un Conseil de gouvernement. Il a précisé à cet égard qu'il faudra quelque 17 mil- liards de DH additionnels, répartis comme suit : 9,8 Mds de DH pour le gaz, 6 pour le blé et 1,2 pour le sucre. Si bien que le déficit budgé- taire sera au moins de 6,3% selon les chiffres prévisionnels du 30 juin 2022. Assurément, la barque est lourde - très chargée même. Alors ? Tenir bon et gérer ne suffit pas. L'on répète à l'envi que la crise doit être aussi une opportunité pour faire des réformes. Or, il faut bien relever que l'on n'a pas pour l'heure beaucoup de visibilité ni pour 2023 - on verra bien cependant avec le projet de Loi de Finances en préparation -, encore moins pour les années sui- vantes. Ni séquences ni priorités Est-on plus éclairé sur l'agenda de ce cabinet pour les années à venir ? Pas le moins du monde ! L'on a déjà signalé dans cette même publication, voici près de deux mois, que l'on n'avait pas connaissance d'un calendrier politique et législatif décliné jusqu'à la fin de la présente mandature en 2026. Il ne s'agit pas de détails ni de mesures ponctuelles, mais d'autre chose : des séquences et des priorités hiérarchisées. Le programme de ce gouvernement a fait état globalement d'annonces; la seule forte indication a trait à la protection sociale avec des étapes d'ici là, sauf à préciser que c'est… un chantier royal. Mais pour le reste, qu'en est-il ? Pratiquement, seuls les départements de l’Education et de l’Industrie - dirigés respective- ment par Chakib Benmoussa et Ryad Mezzour - témoignent d'un volontarisme réformateur, à marche forcée, dans le cadre d'une stratégie d'avenir. Il y a aussi le ministère de la Jeunesse, de la Communication et de la Culture, dirigé par un Mohamed Mehdi Bensaid qui travaille et a des idées pour l'avenir. D'autres grands secteurs ne semblent pas être mus par une dyna- mique de même nature. Que fait-on pour l'entrepreneuriat et la transfor- mation productive, la compétitivité et l'attractivité, l'économie sociale ? Ou encore pour des territoires dits

résilients, comme lieux d'ancrage du développement, avec cette régio- nalisation à la peine et une décon- centration tout aussi à la traine ? Sans parler de la profonde réforme de l'Etat et de l'Administration ou du financement des programmes et de la nécessaire réforme fis- cale. Même constat pour ce qui est des chantiers d'un autre référentiel de développement, à savoir une nouvelle doctrine organisationnelle. La bonne gouvernance, l'approfon-

dissement et la consolidation des libertés couplée à l'Etat de droit et à la justice : autant de chapitres à l'ordre du jour et encore en ins- tance. Enfin, il faut évoquer toutes les opportunités d'inclusion pour tous de nature à renforcer le lien social, notamment en direction de la jeunesse et de l'égalité femmes- hommes : des réformes participant toutes d'un projet politique d'avenir tourné vers des mutations socié- tales. Un nouvel élan. Une deu-

xième génération de réformes : ce qui requiert que celle-ci puisse être portée et, si possible, incarnée par le chef de l'exécutif. Le veut-il ? Le peut-il ? En tout état de cause, la gestion à court terme telle qu'elle est aujourd'hui, même si elle revêt une parure «technocratique», voire cosmétique même, ne peut faire l'économie du primat de la poli- tique; elle seule peut en effet nourrir durablement l'adhésion populaire, à tout le moins son soutien... ◆

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