La revue du détaillant N° 586 - Edition 2018

Quelques taux de marge brute sont observables dans des typologies de commerce ou de distribution :

Le commerçant a également à cœur de générer du profit et donc, de placer des prix de vente supportables par la clientèle.

Concernant ce dernier point, il est d’usage de parler, lors de la fixation des prix de vente, de coefficients multiplicateur sur le prix d’achat . Généralement, l’on parle d’un coefficient sur le prix d’achat hors taxes du produit, afin de déterminer le prix de vente TTC du produit auprès du consommateur final. Si la grande distribution opère parfois des coefficients de l’ordre de 1,4 à 1,6, il n’est pas rare que les commerçants pratiquent des coefficients de 2 à 2,2. Ces coefficients sont acceptables par le consommateur si ce dernier trouve :

f Grande distribution (hypers) : 22 à 27 % soit des coefficients de 1,2 à 1,5

f Distribution bio : 32 à 36 % soit des coefficients de 1,5 à 1,7

f Commerce de proximité intégrés à la distribution : 37 à 45 % soit des coefficients de 1,7 à 2

f Commerce traditionnel : 39 à 47 % soit des coefficients de 1,7 à 2

f Des produits qu’il ne trouvera pas dans la distribution généraliste ;

Il est assez difficile d’avoir une vision précise des marges brutes, selon ce que l’on inclue dedans. En effet, la logique veut que l’on parle de ventes moins achats. Lorsque l’on parle des achats, il convient d’y inclure les accessoires aux achats dont la logistique et le transport, la variation des stocks (en plus ou en moins, selon les années), la casse… Les chiffres de la grande distribution sont parfois trompeurs car la marge n’inclut pas les marges que peut faire en amont une centrale d’achat. Auquel cas, pour être exhaustif, il faudrait rajouter une partie de la marge amont effectuée par les centrales d’achats aux coefficients pratiqués par les hypers. La logistique est un point clé et trop souvent négligée dans l’approche du commerçant. Elle représente de 7 à 10 % du chiffre d’affaires des grandes enseignes de la distribution alimentaire et se décompose environ à 50/50 de transport et de logistique (entreposage et manutention). Ce sont des frais difficiles à isoler car ils sont de natures diverses et pas toujours évidentes. En effet, il est fréquent que les fournisseurs pratiquent des franco de port. Par franco de port, on entend minimum de commande à partir du quel aucun frais de transports n’apparait même si ces derniers sont quelque part inclus dans le prix d’achat du produit et mutualisés sur l’ensemble des clients. Lorsque les franco de port ne sont pas atteints, il est possible soit : LA LOGISTIQUE

f Du conseil qu’il ne trouvera pas dans la distribution généraliste ;

Il est possible, par un travail sur les assortiments, de trouver des produits offrant des prix d’achats satisfaisants et se démarquant de la concurrence. Les produits issus de gros industriels de l’agroalimentaire ne sont pas systématiquement moins chers que des produits de petits producteurs car leurs frais de fonctionnement (siège), les budgets de communication, génèrent parfois des charges que ces derniers doivent répercuter dans le prix de vente de leurs produits. La détermination des prix de vente permet ensuite de calculer la marge brute. Par marge brute, l’on entend le prix de vente revenant dans la poche du détaillant soit le prix de vente des produits hors taxes (après avoir reversé la TVA à l’Etat) moins le prix d’achat hors taxes auquel le détaillant a acheté le produit. Il faut donc retraiter la TVA que le détaillant récupère auprès du client final pour la reverser à l’Etat. Pour les achats, ce dernier récupère la TVA auprès de l’Etat.

La TVA dans l’alimentaire supporte aujourd’hui trois taux :

f Un taux dit réduit de 5,5 % pour la plus grande partie des produits ;

f Un taux dit normal de 20 % pour les vins et alcools, le chocolat au lait et quelques produits de luxe ou de confiserie ;

f Un taux dit intermédiaire de 10 % pour la partie restauration

f Que le transport soit facturé en sus ;

Le tableau suivant explique le passage du coefficient au taux de marge brute :

f Qu’il ne soit pas possible de commander

Le commerçant doit alors être vigilant si les franco de port lui paraissent trop élevés car il aura vite fait de charger son point de vente avec des produits qui ne tournent pas et donc finiront en perte, non sans avoir au préalable, « plombé » sa trésorerie. Les franco s’entendent parfois en kg, parfois en colis mais le plus souvent en euros. Assez fréquemment, ces derniers sont entre 300 et 600 euros.

4 8

N° 586 -Mai / Juin2018

Made with FlippingBook flipbook maker