La revue du détaillant N° 586 - Edition 2018

LA LOGISTIQUE :

Certains fournisseurs ont des franco nettement plus réduits (de l’ordre de 150 euros), notamment les fournisseurs qui servent la restauration, gourmande de petits volumes livrés très fréquemment (parfois jusqu’à deux fois par jours pour certains fournisseurs de fruits & légumes servant la restauration à Paris notamment). On retrouve alors parfois des livraisons de A pour B (d’un jour A au lendemain B), alors que plus généralement les fournisseurs du commerce de détail livrent de A pour C ou D ou encore une à deux fois par semaine. Les fournisseurs ayant des franco très réduits pratiquent en revanche généralement des prix de vente plus élevés, impactant le coût du transport dans ces derniers. Lorsque le commerçant fera croître son commerce et si les volumes augmentent, ce dernier pourra souhaiter organiser sa logistique ou se pencher dessus. A ce titre, il faut prendre en compte quelques principes de base sur le transport et la logistique.

Au sein de leurs plateformes, les logisticiens (Stef, ID logistics, Malherbe, … selon leurs spécificités) peuvent être amenés à réaliser des opérations d’entreposage sur des durées plus ou moins longues et ou de mouvementer des colis ou des palettes. Il est à noter que le coût de mouvement d’une palette chez un logisticien s’échelonne généralement entre 2,3 et 2,8 euros tandis que le coût de mouvement d’un colis/carton s’échelonne entre 0,23 et 0,8 euros. L’alimentaire, vu le poids, l’encombrement des produits transportés et leur faible valorisation est gourmand en logistique et s’accommode mal des prestations de manutention au colis, contrairement aux produits très fortement valorisés (produits de luxe et de technologie). En effet le coût de manutention d’un carton de 6 bocaux de soupe valorisés en prix de vente 18 ou 24 euros (prix de vente moyen estimé du bocal de 3 ou 4 euros) représente une quote part très élevée. Si l’on prend l’exemple d’un mouvement de colis à 0,8 euros, cela représente entre 0,3 et 0,4 % du chiffre d’affaires pour un seul mouvement de colis au sein d’un entrepôt. Si l’on mouvemente un même colis composé de 6 smartphones, je vous laisse imaginer la différence ! En bref, avant de se lancer dans l’organisation d’une logistique intégrée, il conviendra de bien comprendre comment se décomposent les coûts, y compris les coûts cachés. f Coûts apparents de transport et/ou manutention : apparaissant si l’on organise soit même le transport ou si le fournisseur le facture en sus ; f Coût cachés de transport et/ou manutention : inclus dans le franco de port du fournisseur (difficiles à estimer même si inclus dans le prix d’achat du produit) ; f Coûts de manutention et d’entreposage sur le point de vente : très difficile à estimer, même si une logistique mal organisée et des flux de livraison incessants peuvent être générateurs de stress, de désorganisation, de perte d’efficacité sur le point de vente et donc de coûts additionnels très difficiles à identifier. EN EFFET, LES COÛTS SERONT DE TROIS NATURES :

LE TRANSPORT :

Le coût du transport, selon qu’il s’agisse de produits frais ou secs, est différent. Il se décompose généralement en trois étapes :

f La ramasse : de chez le producteur/fabricant jusqu’à une plateforme de regroupement ;

f La traction : de la plateforme de regroupement jusqu’à une plateforme d’éclatement ;

f La livraison : de la plateforme d’éclatement jusqu’au commerçant

A chaque étape, l’on parle d’une rupture de charge (c’est-à-dire du déchargement d’un véhicule à un autre, parfois de taille plus réduite soit d’un 36 tonnes pour une traction à un porteur pour la livraison par exemple). Au travers de cette étape de rupture de charge, certaines opérations de logistique peuvent s’effectuer, qu’il s’agisse d’entreposage ou de manutention.

L A R E V U E D U D É T A I L L A N T

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N° 586 -Mai / Juin2018

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