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BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 31 MARS 2026

desserre, puisque les fondamen- taux restent solides. Le Conseil de Bank Al-Maghrib du 17 mars a, dans ce contexte, apporté un point d’ancrage. En maintenant le taux directeur à 2,25%, la Banque centrale a confirmé qu’elle ne souhaitait pas ajouter de choc monétaire domestique à une séquence déjà dominée par l’incertitude inter- nationale. Ce statu quo n’a pas changé la tendance de fond du trimestre, mais il a contribué à stabiliser le cadre de lecture pour les investisseurs, à un moment où la volatilité provenait surtout de l’extérieur. Au final, le premier trimestre 2026 peut se lire en trois temps. Janvier et février ont été ceux de la cor- rection et des arbitrages, dans le sillage d’une année 2025 très porteuse. Début mars a marqué la rupture, avec l’irruption de la guerre au Moyen-Orient comme facteur de stress majeur sur le marché marocain via le canal énergétique et la remontée de l’aversion au risque. La deuxième moitié du mois, enfin, a mon- tré un marché en reconstruction, encore nerveux, mais capable de reprendre une partie du terrain perdu. En trois mois, la Bourse de Casablanca est donc passée d’un marché qui corrigeait ses excès à un marché suspendu aux sou- bresauts du Moyen-Orient. Une piqûre de rappel brutale, après l’euphorie de 2025. ◆ Les publications annuelles ont confirmé la solidité commerciale de la cote en 2025. Selon BKGR, le chiffre d’affaires global des sociétés cotées progresse de 9,9% à 354,9 Mds de DH, porté surtout par les industrielles (+12,2%), avec en tête Managem, TGCC, SGTM et Label Vie. Les financières restent bien orientées, avec un PNB en hausse de 5,4%, tandis que les assurances gagnent 7,3%. Sur 67 sociétés ayant publié, 55 affichent des revenus en pro- gression. Au T4 seul, les revenus agrégés accélèrent de 12,2%, signe d’une fin d’exercice particulière- ment dynamique. Des fondamentaux solides malgré la nervosité du marché

 La Bourse de Casablanca a connu au premier trimestre une configuration très nerveuse, entre prises de bénéfices, arbitrages et brusque retour du risque géopolitique.

Bourse Un premier trimestre bousculé par la conjoncture internationale Après l’euphorie de 2025, la Bourse de Casablanca a abordé 2026 sur un mode plus exigeant. D’abord engagée dans une phase de correction et d’arbitrages, elle a ensuite été secouée en mars par le choc géopolitique au Moyen-Orient. Bilan du trimestre. Par Y. Seddik

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olatilité. C’est sans doute le mot qui résume le mieux ce premier tri- mestre à la Bourse de Casablanca. Après une année 2025 eupho- rique, le marché a entamé le nou- vel exercice sur un mode plus sélectif, avec en toile de fond des prises de bénéfices, un rebond des rendements obligataires et des valorisations devenues plus exigeantes sur plusieurs grandes capitalisations. Avant même que le Moyen-Orient ne s’invite bru- talement dans l’équation, le MASI montrait déjà des signes d’es- soufflement. Cette phase de nor- malisation a constitué le premier temps fort du trimestre. Fin février, ce mouvement cor- rectif était clairement installé. Le MASI évoluait alors autour de 18.140 points, sur une baisse d’environ 4% depuis le début de l’année, tandis que les volumes traités sur le marché central res-

sortaient en retrait par rapport à la même période de 2025. Le marché ne décrochait pas encore, mais il était déjà entré dans une séquence de digestion après le rallye précédent, surtout avec des taux qui remontaient début jan- vier. Autrement dit, le trimestre n’a pas commencé avec la guerre; il a commencé avec un marché qui reprenait son souffle. C’est en mars que la physionomie du trimestre a rapidement chan- gé. L’escalade au Moyen-Orient a alors agi comme un accélérateur de baisse, en ravivant immédia- tement le risque énergétique et en poussant les investisseurs à réévaluer plus sévèrement leurs scénarios. Le 3 mars, le MASI a brutalement décroché dans le sillage des tensions régionales, au point que nous évoquions un repli de près de 10% en deux séances depuis l’escalade USA-

Iran. La guerre n’a donc pas créé la correction du trimestre, mais elle l’a durcie, amplifiée et rendue beaucoup plus violente. Le reste du mois a toutefois mon- tré que la place casablancaise n’était pas entrée dans une spirale de capitulation. Après avoir tou- ché des niveaux de stress mar- qués, le marché a rebondi par à-coups. Le 16 mars, le MASI terminait en hausse de 0,51% à 16.942,50 points. Le 18 mars, il gagnait 2,62% à 17.512 points, effaçant près de 60% des pertes subies depuis le déclenchement de la guerre, avant de reperdre 1,53% le 19 mars à 17.243,58 points, ce qui laissait la contre- performance annuelle à -8,50%. Ce profil montre bien la nature d’un marché fragilisé, très sen- sible aux nouvelles extérieures, mais encore capable de reprises techniques dès que la pression se

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