ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 31 MARS 2026
Emploi «La participation des femmes à l’économie marocaine doit devenir une priorité stratégique»
d’accompagnement vers l’entre- preneuriat féminin, notamment dans les secteurs à fort poten- tiel comme l’artisanat, le digital, les services ou l’économie verte. Par ailleurs, la digitalisation offre aujourd’hui de nouvelles oppor- tunités d’insertion, notamment à travers le travail à distance, le e-commerce ou les métiers du numérique accessibles avec des formations rapides. Enfin, les partenariats entre les centres de formation, les entre- prises et les associations peuvent jouer un rôle déterminant pour créer des passerelles concrètes vers l’emploi. F. N. H. : Selon les estima- tions du HCP, une femme sur trois ne serait ni en emploi, ni en étude ni en formation professionnelle. Quels peuvent être les fac- teurs à l’origine de cette situation et comment amé- liorer leur participation à la vie économique ? K. H. : Cette situation peut s’expli- quer par plusieurs facteurs com- binés. Dans certains cas, il s’agit d’un retrait du marché du tra- vail pour des raisons familiales, notamment la prise en charge des enfants ou des proches. Dans d’autres cas, cela peut être lié à un découragement face aux dif- ficultés d’accès à l’emploi ou au manque d’opportunités locales. Il existe aussi un problème d’orien- tation et d’information : beaucoup de jeunes femmes ne connaissent pas toujours les dispositifs de for- mation ou les opportunités d’in- sertion disponibles. Enfin, les dis- parités territoriales jouent un rôle important, notamment dans les zones rurales où l’offre de forma- tion et d’emploi reste plus limitée.
Le haut-commissariat au Plan (HCP) a présenté dans sa dernière note d’information les avancées en matière de promotion des droits des femmes et des jeunes filles, tout en soulignant les défis qui continuent de freiner leur participation à la vie économique. Parmi ces défis, l’accès à l’emploi apparaît comme un enjeu majeur pour atteindre l’objectif fixé par le Nouveau modèle de développement (NMD), à savoir un taux de participation des femmes au marché du travail de 45% à l’horizon 2035. Entretien avec Keltoum Houssni, entrepreneure et fondatrice de HJInnovation.
Propos recueillis par J. M.
ce qui peut limiter leur disponi- bilité ou leur mobilité profession- nelle. Ensuite, on observe encore des inégalités dans l’accès à certaines filières de formation, notamment les domaines tech- nologiques ou industriels, qui offrent souvent plus d’opportuni- tés d’emploi. Par ailleurs, les entreprises peuvent parfois percevoir la maternité ou les responsabilités familiales comme un frein poten- tiel, ce qui crée des biais dans le recrutement. Enfin, l’absence de dispositifs d’accompagnement adaptés, comme les services de garde d’enfants ou les pro- grammes de retour à l’emploi, peut aussi ralentir l’intégration professionnelle des femmes. Il est donc essentiel d’agir simul- tanément sur les mentalités, les politiques publiques et les pra- tiques des entreprises.
F. N. H. : Les femmes ayant des niveaux d’étude moyen et celles n’ayant aucun diplôme sont les plus tou- chées par les difficultés d’insertion professionnelle. Comment la formation pro- fessionnelle peut-elle être véritablement un levier de la dynamique d’emploi chez la femme ? K. H. : Pour améliorer l’employa- bilité des femmes ayant un niveau d’étude moyen ou sans diplôme, il est essentiel de renforcer les programmes de formation profes- sionnelle orientés vers les com- pétences concrètes recherchées sur le marché du travail. Les for- mations courtes, les certifications techniques et l’apprentissage en milieu professionnel peuvent constituer des leviers très effi- caces. Il est également important de développer des programmes
Finances News Hebdo : Le HCP a publié une note relative à l’évolution de la promotion des droits des femmes et des filles. Il en ressort que les difficultés d’accès à l’emploi sont persistantes. Selon vous, quelles peuvent en être les causes et comment y remé- dier ? Keltoum Houssni : Les difficul- tés d’accès à l’emploi pour les femmes au Maroc s’expliquent par plusieurs facteurs structu- rels et socioculturels. D’abord, certaines normes sociales conti- nuent d’orienter les femmes vers des rôles familiaux prioritaires,
Les politiques publiques doivent encourager l’entrepreneuriat féminin en facilitant l’accès au financement, à l’accompagnement et aux marchés.
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