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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 31 MARS 2026

politique de libéralisme et de désengagement. «Le désengagement de l’État a pris différentes formes, notam- ment celles de la privatisation de la Société nationale de com- mercialisation des semences, de l’abolition des plans d’asso- lement ou encore de l’aban- don du monopole d’État sur le commerce extérieur. Monopole autrefois exercé par l’Office de commercialisation et d’expor- tation (OCE)», nous explique l’économiste Najib Akesbi. Des modalités de soutien financier qui ont évolué Dans le même temps, les poli- tiques d’investissement dans le domaine agricole se sont progressivement orientées vers des partenariats public-privé afin d’alléger la charge bud- gétaire de l’État et d’améliorer les conditions de financement des projets. Ainsi, le secteur agricole a pu capter un inves- tissement public-privé cumulé de 118,4 milliards de DH sur la période 2008-2019, dont 40% du public et 60% du privé, selon le ministère de l’Agri- culture. Ainsi, chaque Dirham de subvention aura engendré 2,3 dirhams d’investissement privé. Dans ce sens, souligne Akesbi, «les subventions accordées via le CIA ne représentent qu’une infime part des subventions totales à ce jour. La part la plus importante revient au Fonds de développement agricole (FDA), créé en 1986 et devenu l’un des principaux leviers de finance- ment des politiques agricoles». D’autre part, les transforma- tions du secteur agricole se sont inscrites dans un contexte marqué par des défis envi- ronnementaux croissants. Le Maroc a progressivement ren- forcé son cadre juridique dans ce domaine, notamment avec l’adoption de la Charte de l’en- vironnement et la ratification de plusieurs conventions interna- tionales relatives à la préserva- tion des ressources naturelles. La multiplication des épisodes de sécheresse et l’intensifica-

 Le programme de transformation du système agroalimentaire (2024-2029), soutenu par la Banque mondiale et la FAO avec un financement de 250 M$, vise à favoriser des pratiques climato- intelligentes.

Code des investissements agricoles Le défi de la modernisation

lées afin d’engager la refonte effective. L Depuis 1969, le Code des investissements agricoles a servi de cadre réglementaire à la politique agricole nationale. Toutefois, la succession des stratégies de développement et l’adaptation aux évènements climatiques ont eu pour effet la transformation du paysage agricole marocain. Le ministère de l’Agriculture entend mettre à jour les dispositions du code face aux évolutions observées. Par J. M. nationale pour le développe- ment des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA). Aussi, à travers la stratégie Génération Green 2020-2030, la priorité a été accordée à l’élément humain. Objectif : contribuer à l'émergence d'une classe moyenne agricole, dynamiser la jeunesse rurale, développer le capital humain et structurer davantage les agri- culteurs autour d'organisations agricoles performantes.

e Code des investissements agricoles (CIA) regroupe 49 textes, dont 17 dahirs, 19 décrets et 13 arrêtés, couvrant l’essentiel de la politique agri- cole du Royaume, notamment en matière d’irrigation, de pla- nification des cultures et de mise en valeur des périmètres irrigués. Datant de 1969, le ministère prévoit une réforme de ce corpus juridique en vue de l’adapter aux évolutions survenues dans le secteur agricole marocain au fil des années. Dotée d’un budget de 5,64 millions de dirhams, l’étude prévue dans ce cadre devra établir un diagnostic complet du dispositif existant, dresser un état des lieux de son application et identifier les besoins de réforme. À l’issue de ce travail, des recomman- dations pourront être formu-

Des stratégies de développement qui ont transformé le secteur Depuis l’adoption du code, l’agriculture marocaine a connu plusieurs phases de transfor- mation sous l’effet de straté- gies publiques successives. La mise en œuvre du Plan Maroc Vert en 2008 avait donné lieu à la production de 4.500 textes juridiques et la création de nouvelles agences spéciali- sées, remaniant ainsi les méca- nismes d’intervention de l’État. Parmi elles, figurent l’Agence de développement agricole (ADA), l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), l’Office national du conseil agricole (ONCA) ou encore l’Agence

Parallèlement, l’agriculture marocaine s’est progressive- ment intégrée aux chaînes de valeur globales, notamment à travers la signature d’ac- cords de libre-échange avec les États-Unis et l’Union euro- péenne. Cette ouverture au monde marquera le passage de la politique publique dirigiste de l’Etat dans le secteur à une

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