SANTÉ
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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 31 MARS 2026
tions et l’ensemble de la socié- té. Et ce, afin de renforcer les programmes de transplantation, promouvoir la culture du don d’organes et offrir aux patients en attente de greffe de meil- leures chances de bénéficier de ce traitement qui peut transfor- mer et sauver des vies. F. N. H. : À l’occasion de la Journée mondiale du rein, quel message souhaitez- vous adresser au grand public pour encourager la prévention et la protection de la santé rénale ? Pr A. B. : D’abord, comprendre que la prévention et le dépis- tage précoce sont les clés pour protéger la santé rénale. Le dia- gnostic précoce est fondamen- tal et permet de détecter une atteinte rénale à temps et d’évi- ter l’aggravation de la maladie, d’améliorer la prise en charge et de prévenir ou retarder l’évo- lution vers l’insuffisance rénale terminale. En 2026, sensibiliser la population aux risques et aux moyens de prévention constitue une priorité majeure pour l’Asso- ciation REINS. Cette dernière lance, une nouvelle fois, un appel à l’action collective autour de plusieurs priorités essentielles. Il s’agit d’abord de renforcer le dépistage précoce des maladies rénales, en l’intégrant davantage dans les soins courants et en multipliant les actions de sensi- bilisation. L’Association appelle également à rendre la dialyse plus durable, en encourageant les innovations et les pratiques écoresponsables. Il est néces- saire de placer le patient au centre des préoccupations, en veillant à ce que les efforts de durabilité ne compromettent jamais la qualité des soins. Et enfin, investir pour tous et par- tout, en soutenant des solutions adaptées aux contextes où les ressources sont limitées. Plus que jamais, cette journée est un rappel que la protec- tion des reins concerne cha- cun d’entre nous. Agir dès aujourd’hui, par la prévention, la sensibilisation et la solidarité, c’est protéger à la fois les reins, la santé et la planète. ◆
Le concept de «dialyse verte» s’impose comme une voix conciliant qualité des soins et durabilité environnementale.
l’hémodialyse, bien qu’indispen- sable à la survie des patients, s’accompagne d’un impact environnemental important. Ce traitement nécessite en effet une consommation considé- rable de ressources, notamment de grandes quantités d’eau et d’énergie. Près de 60.000 litres d’eau par an et par patient et génère également d’importants volumes de déchets liés aux consommables médicaux. Cette utilisation intensive de res- sources contribue à l’empreinte carbone du système de santé. Face à ces enjeux, le concept de «dialyse verte» s’impose comme une voix conciliant qua- lité des soins et durabilité envi- ronnementale. Cette démarche repose sur plusieurs stratégies, notamment l’optimisation de la gestion de l’eau et de l’éner- gie, par exemple en réutilisant l’eau rejetée par les systèmes d’osmose pour des usages non médicaux ou le recours aux énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire. Elle implique également une meil- leure gestion des déchets, grâce à un tri rigoureux séparant les déchets médicaux à risque des déchets recyclables, ainsi qu’une réduction du matériel à usage unique lorsque cela est possible sans compromettre les normes d’hygiène et de sécurité. Ainsi, l’intégration de pratiques durables dans la prise en charge des maladies rénales apparaît aujourd’hui comme une néces- sité pour concilier excellence médicale, responsabilité envi- ronnementale et santé publique.
F. N. H. : L’accès à la trans- plantation rénale reste un défi. Quelles actions sont nécessaires pour améliorer les chances des patients en attente d’une greffe ? Pr A. B. : Depuis sa création, l’association REINS a fait du développement de la transplan- tation rénale l’un de ses prin- cipaux objectifs, en menant un véritable combat national pour promouvoir ce traitement qui représente la meilleure alterna- tive à la dialyse pour les patients atteints d’insuffisance rénale terminale. Cependant, et mal- gré les efforts engagés depuis de nombreuses années, l’ac- cès à la transplantation rénale reste aujourd’hui un défi majeur au Maroc. Consciente que la greffe d’organes s’inscrit dans un contexte où interviennent des dimensions culturelles, éthiques, religieuses et sociales, l’Association a mené plusieurs actions pour mieux comprendre et améliorer la perception du don d’organes au sein de la population marocaine. Des enquêtes réalisées auprès des citoyens et des professionnels de santé ont montré une attitude globalement favorable au don et à la transplantation, malgré une connaissance encore limi- tée du sujet, ce qui souligne l’importance de renforcer l’in- formation et la sensibilisation. Dans ce cadre, de nombreuses initiatives ont été menées pour promouvoir la culture du don d’organes : publications scien- tifiques et ouvrages de sensi- bilisation, campagnes d’infor-
mation, dépliants, affiches, pro- ductions audiovisuelles, orga- nisation de conférences et de rencontres scientifiques, ainsi que le lancement d’une pétition et d’une campagne nationale pour encourager le débat et la mobilisation autour du don d’or- ganes. Le rôle des médias et de la société civile est également essentiel pour faire évoluer les mentalités et encourager la soli- darité autour de ce geste de vie. Des milliers de patients vivent aujourd’hui sous dialyse et plu- sieurs millions de Marocains sont concernés par les mala- dies rénales à différents stades; le nombre de transplantations demeure limité et repose sur le don de donneurs vivants appa- rentés. Le changement de la loi, pour que tous soient considé- rés comme donneurs après la mort, sauf ceux qui s’inscrivent sur le registre de refus, apparaît comme une solution qui per- mettrait d’avoir davantage de donneurs. Ce changement est demandé par l’Association REINS depuis 8 ans pour permettre au Marocain de disposer d’un traitement par transplantation d’organes. Améliorer l’accès à la transplan- tation nécessite donc une mobi- lisation collective, impliquant les autorités sanitaires, les profes- sionnels de santé, les associa-
L’hémodialyse nécessite une consommation considérable de ressources, notamment de grandes quantités d’eau et d’énergie : près de 60.000 litres d’eau par an et par patient.
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