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JEUDI 1 ER FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

POLITIQUE

Maroc – France – Mali Les errements de la diplomatie algérienne

L’Algérie vient de se faire rappeler à l’ordre par le gouvernement malien. Maroc, France… et maintenant le Mali : la diplomatie algérienne est dans une logique conflictuelle et s'égare de plus en plus dans des impasses politiques.

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Par D. William

fermement condamné, renfor- çant l'idée d'une diplomatie algé- rienne perçue comme condes- cendante et méprisante envers ses voisins. Dans un commu- niqué publié la semaine der- nière, le gouvernement de tran- sition dénonce «l'imposition d'un délai de transition aux autorités maliennes, de manière unilaté- rale; l'accueil sans concertation ou notification préalable et au plus haut sommet de l'Etat algé- rien de citoyens maliens subver- sifs et de citoyens maliens pour- suivis par la justice du Mali pour actes de terrorisme». De même, il condamne «l'existence sur le ter- ritoire algérien de bureaux assu- rant la représentation de certains groupes signataires de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger, devenus aujourd'hui des acteurs terroristes». Par ailleurs, le gouvernement malien, qui a mis «fin, avec effet immédiat» à l'accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger, et dénon- cé son «instrumentalisation par les autorités algériennes» , sou-

ans les arcanes de la diplomatie algérienne, le tableau est loin d'être flatteur. L'échec retentis- sant de la politique extérieure algérienne est une triste réali- té, marquée par des errements pathétiques qui témoignent d’une méconnaissance profonde des rouages des relations internatio- nales. Depuis quelques années maintenant, l'Algérie semble s'embourber dans une série de déboires qui la décrédibilisent sur la scène internationale. Dernier fait d’armes de la diplo- matie algérienne : «les cas d’hos- tilité et d’ingérence dans les affaires intérieures» du Mali. Les tentatives maladroites d'im- poser un délai de transition unila- téral au Mali et l'accueil d'indivi- dus subversifs témoignent d'une diplomatie tâtonnante et erra- tique, incapable de naviguer avec succès dans les eaux troubles des relations internationales. Ce que les autorités maliennes ont

ligne «une perception erronée des autorités algériennes qui considèrent le Mali comme leur arrière-cour ou un Etat paillas- son, sur fond de mépris et de condescendance». En outre, il invite les autorités algériennes «à se remémorer leur responsabilité dans la détério- ration de la situation sécuritaire au Sahel», notant dans ce cadre que «l'installation dans le Sahara du groupe salafiste pour la pré- dication et le combat (GSPC) algérien, puis son allégeance à Al-Qaida ont marqué l'avène- ment du terrorisme international dans la région». Et de se demander quel serait «le sentiment des autorités algé- riennes, si le Mali devrait accueil- lir au plus haut sommet de l'Etat, des représentants du mouve- ment pour l'autodétermination de la Kabylie». D’ailleurs, le leader du Mouvement de l’autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, a vite fait de s’engouffrer dans la brèche pour réagir à ce coup de gueule des autorités maliennes. Dans un tweet publié le 27 jan-

vier, il relève, entre autres, que « le porte-parole du gouvernement de transition au Mali, le Colonel Maïga, vient de rendre public un communiqué dans lequel il dénonce les manœuvres et com- plots algériens pour déstabiliser son pays. Le Mali a enfin com- pris le jeu malsain des généraux algériens qui veulent faire de leur pays *l'arrière-cour* de l'Algé- rie, faire de lui un État vassal, à l'image de la Tunisie actuelle. Il nous apprend aussi ce que nous savions déjà depuis près de 20 ans : l'AQMI est un appendice des services secrets algériens…». Avec la France aussi, c’est «je t’aime moi non plus»… Les relations entre l’Algérie et la France ont toujours été tumul- tueuses, symbolisées par un écheveau complexe de passé colonial, de fierté nationale et de défis diplomatiques. Ces deux pays se retrouvent souvent à jon- gler entre la nécessité de tourner la page du passé et l'obligation de faire face aux réalités pré- sentes. Aujourd’hui encore, l'his- toire franco-algérienne, marquée

La diplomatie algérienne choisit le conflit au lieu de la paix, l'antagonisme plutôt que la coopération.

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