21
FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 1 ER FÉVRIER 2024
POLITIQUE
Si, actuellement, les relations semblent apaisées entre les deux pays, ce n’est pas non plus le fol amour, Alger et Paris peinant tou- jours à s’accorder sur la visite de Tebboune en France, plusieurs fois reportée. … Et c’est pire avec le Maroc L'Algérie, loin de cultiver des relations de bon voisinage avec le Maroc, préfère attiser les ten- sions de manière continue. Elle choisit le conflit au lieu de la paix, l'antagonisme plutôt que la coopération. C’est pourquoi elle a décliné plu- sieurs fois la main tendue par le Roi Mohammed VI. Cette attitude dénuée d'intelligence politique conduit à un isolement et com- promet la stabilité dans la région, Alger soutenant le polisario, un groupe séparatiste armé réputé pour sa collusion avec le terro- risme et le crime organisé. Cette diplomatie de l’absurde d’un régime obsédé par le main- tien de ses privilèges indus et miné par la corruption, illustre un leadership paranoïaque. Le poli- tologue Mustapha Tossa ne dit pas autre chose. «Ce qui carac- térise cette diplomatie algérienne est son côté erratique, démunie de toute cohérence, élaborée par des cercles militaires dénués de toute compétence avec une seule boussole : leur haine et leur défiance envers le Maroc. Sa grande particularité est d’entre- tenir des tensions permanentes avec le voisinage, notamment une rupture avec le Maroc, une domination-chantage avec des pays comme la Tunisie et la Mauritanie. Et, aujourd’hui, une crise ouverte avec le Mali qui peut dégénérer en conflit armé ouvert. La diplomatie algérienne est une diplomatie de tension permanente et de conflits mul- tiples», analyse-t-il. C’est pourquoi d’ailleurs elle tient le Maroc responsable de tous les déboires que connaît ce pays.
Ces viles manœuvres, émail- lées d'accusations absurdes et infondées à l’égard du Royaume (www.laquotidienne.ma, révèlent une obsession maladive plu- tôt qu'une démarche politique constructive. Et témoignent, surtout, d’une forme d’incompé- tence d’un pouvoir qui tente de détourner le regard du peuple algérien sur le Maroc pour camoufler les faillites de ses poli- tiques économique et sociale. Ce que confirme Tossa. Selon lui, «le régime algérien, basé sur une militarisation excessive et une prédation économique, pour survivre et continuer à exister, a besoin d’un ennemi extérieur fantasmé, une forme d’épouvan- tail pour tenter à travers lui de mobiliser en interne. Tant que ce régime parvient à convaincre son opinion de l’éminence d’un danger extérieur venu du Maroc, il continuera à jeter l’huile sur le feu et à anesthésier toute velléité d’opposition ou de critique». Qui est à plaindre dans tout ça ? La population algérienne. Car les aspirations populaires pour un changement significatif semblent se heurter à une diplomatie qui, au lieu d'œuvrer pour le bien- être du peuple, s'égare dans des impasses politiques. On en a pour preuve la tentative de se rappro- cher de la Russie et les éloges maladroits du président algérien pour séduire Vladimir Poutine, qui ne font qu'accentuer l'isolement de l'Algérie sur la scène interna- tionale. «Je crois que ce rappro- chement avec la Russie a valu au régime algérien une colère amé- ricaine qui est allée jusqu’à faire miroiter des menaces de sanc- tions internationales contre l’Al- gérie. Aujourd’hui, on assiste à un refroidissement de la relation entre Alger et Moscou, comme le montre la crise avec le Mali. Bamako accuse le régime algé- rien de soutenir des organisations terroristes, un tournant important quand on rappelle que l’actuel régime malien est soutenu à bras- le- corps par les Russes, censés être des alliés du régime algé- rien» , conclut Tossa. ◆
Pour le politologue Mustapha Tossa, la grande particularité de la diplomatie algérienne «est d’entretenir des tensions permanentes avec le voisinage».
Le mercredi 8 février 2023, nou- veau coup de froid entre Alger et Paris. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune déci- dait de rappeler «pour consul- tations» son ambassadeur en France. Motif : «l'exfiltration» de la militante et journaliste Amira Bouraoui via la Tunisie. L'Algérie, via une note officielle, a «protesté fermement contre l'ex- filtration clandestine et illégale d'une ressortissante algérienne» vers la France. Peu avant le rappel de l'ambas- sadeur algérien à Paris, le minis- tère algérien des Affaires étran- gères avait indiqué avoir expri- mé, dans une note officielle, à l'Ambassade de France «la ferme condamnation par l'Algérie de la violation de la souveraineté natio- nale par des personnels diploma- tiques, consulaires et de sécurité relevant de l'Etat français». Ces personnels «ont participé à une opération clandestine et illégale d'exfiltration d'une ressortissante algérienne dont la présence phy- sique sur le territoire national est prescrite par la justice algé- rienne».
par la colonisation, la guerre d'in- dépendance et les cicatrices qui en découlent continue de peser sur les relations bilatérales. Les décennies écoulées n'ont pas effacé les pages de cette his- toire commune et n’ont pas, non plus, créé un terrain fertile pour une coopération harmonieuse. La France et l’Algérie dansent ainsi souvent sur un fil ténu, où le partenariat bilatéral a pour socle le manque de confiance et la méfiance, ce qui entraine des vagues de tensions vives et régu- lières. Deux exemples pour le démontrer. Le 2 octobre 2021, l'Algérie rap- pelait pour 3 mois son ambas- sadeur en France, après des propos tenus par le président français. Emmanuel Macron esti- mait qu'après son indépendance en 1962, l'Algérie s'est construite sur «une rente mémorielle» , entretenue par «le système poli- tico-militaire». Il évoquait aussi «une histoire officielle» , selon lui, « totalement réécrite» qui «ne s'appuie pas sur des vérités», mais sur «un discours qui repose sur une haine de la France» .
En 16 mois, l’Algérie a rappelé par deux fois son ambassadeur en France.
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker