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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 1 ER FÉVRIER 2024
SANTÉ
l’une des solutions pour améliorer de manière significative les soins en santé. Quelle lecture en faites-vous ? Dr R. G. : A mon avis, oui ! J'ai déjà abordé cette ques- tion à maintes reprises dans divers articles. Il apparaît que l'IA pourrait émerger comme un remède potentiellement puissant face aux défis de longue date du secteur des soins de santé en Afrique, pour autant que les innovateurs, data-scientistes, chercheurs et décideurs poli- tiques unissent leurs efforts et investissent de manière substan- tielle dans cette technologie. Il est incontestable qu'en Afrique, la pénurie de professionnels de la santé est préoccupante, avec une estimation de l'agence des Nations unies indiquant un défi- cit alarmant de 1,8 million de personnels de santé sur le conti- nent. L'IA se présente comme une solu- tion capable de combler cette lacune, en offrant un soutien au diagnostic aux cliniciens et en améliorant l'accès aux soins. Les avantages tangibles de l'IA en Afrique se déploient dans plu-
ciaux, avec le risque potentiel de cyberattaques compromettant l'activité des structures de santé et exposant les patients à des risques majeurs. Selon le site marketSplash, dans le secteur des soins de santé, 90% des institutions ont subi au moins une violation de la sécurité des données au cours des dernières années et les grands hôpitaux ont été à l'origine de 30% des violations. La fiabilité des don- nées d'entraînement et la qua- lité des algorithmes soulèvent également des préoccupations, de même que les limites de la responsabilité médico-légale lorsque des composantes algo- rithmiques sont intégrées aux processus diagnostics et thé- rapeutiques. Enfin, se pose la question cruciale du bon usage de l'IA par les professionnels de la santé et les patients, constituant un domaine où une réflexion approfondie et des lignes directrices claires sont impératives. F.N.H. : Le développement de la santé numérique et de l’intelligence artifi- cielle en Afrique peut être
sieurs domaines, notamment le diagnostic et la prise de décision clinique, la télémédecine et les soins à distance, ainsi que la surveillance épidémiologique et la gestion des maladies infec- tieuses endémiques telles que la tuberculose et le paludisme. L'IA promeut de nouveaux para- digmes en permettant la numé- risation de chaque patient, lui conférant ainsi une identité infor- matique unique consignée dans des dossiers médicaux informa- tisés accessibles à la consulta- tion de tous les médecins, ce qui pourrait éviter la redondance des prescriptions et les erreurs médi- cales. En exploitant les capaci- tés de l'IA dans la production de médicaments, de la réduction des coûts à la rationalisation du processus de développement, l'Afrique pourrait accélérer son intégration dans la chaîne d'ap- provisionnement pharmaceu- tique, contribuant ainsi à la lutte contre les faux médicaments. De plus, l'IA peut jouer un rôle signi- ficatif dans la réduction du taux de mortalité materno-foetale en améliorant le suivi médical des parturientes et en facilitant l'ac- cès aux soins. ◆
certifiés, validés et expérimen- tés par des professionnels che- vronnés. Ce processus, bien que garantissant une utilisation sûre et efficace de l'IA, s'avère être un parcours ardu et coûteux. Ainsi, la diffusion plus large de l'IA dans le domaine de la santé se voit entravée par ces exigences strictes, faisant de la certification et de la validation des outils une étape cruciale dans le déploie- ment de cette technologie pro- metteuse. F.N.H. : Aujourd’hui, il est indispensable de régle- menter et d’encadrer l'uti- lisation de l'IA afin d’assu- rer une certaine éthique. Qu’en pensez-vous ? Dr R. G. : Comme il est de votre connaissance, l'IA requiert une quantité substantielle de données, lesquelles sont essen- tielles pour entraîner les algo- rithmes déployés dans les dis- positifs de diagnostic ou de suivi médical. Par conséquent, ces données ont acquis une valeur inestimable et suscitent la convoitise de divers acteurs, qu'ils soient publics ou privés. Les enjeux éthiques entourant l'IA en santé sont profondément liés à la nature intrinsèque de ces données et à la manière dont elles sont collectées, stockées, utilisées et partagées. Le consentement à la collecte et au partage des données, ainsi que la définition même d'une donnée de santé, ne se bornent plus exclusivement aux données cliniques du patient, mais englobent également celles acquises par des dispositifs connectés tels que montres, bracelets, téléphones, et autres. Malgré les réglementations strictes encadrant le partage des données de santé, la collecte par des applications et des objets connectés s'effectue souvent de manière expéditive, voire parfois fallacieuse. Les enjeux liés à la confiden- tialité et à la protection de la vie privée sont également cru-
Le marché mondial de la santé numérique devrait atteindre 559,52 milliards de dollars d'ici 2027.
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