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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 1 ER FÉVRIER 2024
BOURSE & FINANCES
Bourses africaines 2024, une année à enjeux
L'Egypte, qui a fini à plus de 70% en livre égyptienne et à un peu plus de 40% en euros, s'est particulièrement distinguée. Le Nigeria a fini aussi à plus de 40% et le Maroc à plus de 12%. Un optimisme prudent pour 2024 Pour 2024, l'expert préconise un optimisme prudent dans cette région du globe. «Prudent parce que je pense qu'on a encore les problématiques d'inflation qui vont nous suivre et qui vont pro- bablement être un peu dictées par ce qui va se passer dans les économies mondiales, aux États-Unis notamment, puis en Europe. Et puis ensuite, on a une année aussi où il faut être un peu prudent sur le plan poli- tique. La moitié de la population mondiale va voter en 2024, et dans cette moitié de la popula- tion, on a quand même 9 pays africains qui sont concernés. Et parmi les pays qui nous inté- ressent, le Sénégal va voter au S1 2024, puis la Tunisie au S2», précise Barbouchi, soulignant qu’historiquement, au Sénégal, on n'a pas eu beaucoup d'insta- bilité pendant les années élec- torales. ◆
Après une année 2023 plutôt favorable aux actions, les marchés africains abordent 2024 avec des enjeux politiques et monétaires. Le point avec Ouissem Barbouchi, président de ObAfrica Asset Management.
Par A. Hlimi
Africa Picking Fund, porte- drapeau de Ob Africa AM en Afrique, a réalisé une performance de 36,7% en 2023 en euros.
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our les marchés financiers africains, 2023 fut une année contrastée d'un point de vue économique. Le gestionnaire d'actifs Ouissem Barbouchi, qui a fait de l'Afrique sa spécia- lisation, rappelle le contexte : «les marchés africains, comme les économies mondiales, ont été touchés par des probléma- tiques similaires que sont des taux d'inflation élevés qui ont entraîné des hausses de taux de Banques centrales dans beau- coup de marchés en Afrique, avec des revues des crois- sances à la baisse pour certains marchés. En début d'année, on attendait un taux de croissance de l'ordre de 4,2% sur l'Afrique. On a fini l'année à 3,3» . Des économies plus matures
comme le Maroc ou l'Afrique du Sud ont connu des croissances modestes, quand d'autres mar- chés comme la Côte d'Ivoire ou le Sénégal ont fini à plus 5%. En revanche, la situation était beaucoup plus positive d'un point de vue purement boursier.
«Sur les marchés, la situation était meilleure que sur le plan économique. La prise de risque a payé sur les Bourses afri- caines en 2023 où les indices ont terminé majoritairement dans le vert en devise locale» , explique le gérant d'actifs.
Une performance historique pour Africa Picking Fund
Africa Picking Fund, porte-drapeau de ObAfrica AM en Afrique, a réalisé une performance de 36,7% en 2023 en euros. Depuis le lancement en 2014, c'est la meil- leure année du fonds, se félicite le gérant. «Cette performance est expliquée par plu- sieurs éléments, dont notre poche égyp- tienne qui a très bien performé, même si en début d'année elle a été impactée par
dirigeantes de qualité et une bonne posi- tion compétitive, et donc capables de passer des hausses de prix et maintenir leur niveau de marge. Le fonds continuera aussi de privilégier des entreprises qui ont plutôt une empreinte régionale, ce qui permettrait, si à un moment donné il y a de nouveau un choc sur les devises, de limiter son impact. Dans la perspective
une nouvelle dévaluation qui a été largement absorbée par les performances opérationnelles des entreprises qui nous intéressent», explique-t-il. Pour 2024, l'Asset manager prévoit de continuer de privilégier les entreprises de qualité avec des équipes
d'une détente sur les taux, le gérant indique également souhaiter reprendre un peu de levier financier, et donc regarder des entreprises qui ont des bilans un peu plus endettés et qui devraient potentiellement bénéficier de ces baisses de taux.
Pour 2024, l'expert préconise un optimisme prudent dans cette région du globe.
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