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C OOPÉRATION

En rejetant la «motion d’objection» visant l’acte délégué sur les produits agricoles marocains, le Parlement européen a mis un terme à plusieurs années d’incertitudes juridiques et politiques autour de la relation Maroc-UE. La validation de ce texte, combinée à l’effet structurant de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, clarifie désormais la position européenne sur les provinces du Sud, sécurise les échanges commerciaux et ouvre la voie à une coopération plus fluide, plus ambitieuse et mieux alignée sur les intérêts stratégiques partagés. Un partenariat clari fi é et une coopération relancée Maroc–UE

L

mateur par un étiquetage men- tionnant les régions de produc- tion au Sud du Royaume, à savoir «Laayoune-Sakiat el Hamra» et «Dakhla-Oued Eddahab». Au-delà de l’aspect commercial, c’est un signal politique envoyé par Bruxelles : les accords conclus avec Rabat doivent être appliqués tels qu’ils ont été négociés, et non réin- terprétés à la lumière de batailles judiciaires qui, ces dernières années, avaient perturbé le dialogue bilatéral. La CGEM n’a pas manqué de saluer ce geste qui consolide la dynamique exportatrice du Maroc. Les chiffres sont éloquents : plus de 200.000 tonnes de produits agricoles du Sud sont exportées vers l’Europe, représentant une valeur de 6,41 milliards de dirhams et mobilisant près de 140.000 emplois. Pour les entreprises marocaines, cet accord amendé n’est pas seulement un texte juridique, mais également un levier d’investissement, de montée en gamme et d’intégration plus pro- fonde dans les chaînes de valeur européennes. Dans ce contexte, la résolution 2797 du Conseil de sécurité joue un rôle structurant. En consacrant l’initia- tive marocaine d’autonomie comme base sérieuse et réaliste pour une

solution durable, elle a stabilisé le cadre diplomatique et réduit l’es- pace de contestation employé par ceux qui cherchaient à remettre en cause la portée des accords Maroc- UE. Cette résolution, désormais inté- grée dans la lecture stratégique de nombreuses capitales européennes, facilite mécaniquement la coopé- ration bilatérale. Elle dissipe les ambiguïtés qui ont longtemps pesé sur les accords sectoriels et clari- fie la position internationale sur le Sahara marocain, permettant à l’Europe d’avancer sans craindre les dérapages juridiques qui, par le passé, ont ralenti sa relation avec le Maroc. Bruxelles insiste d’ailleurs sur «l’amitié profonde» et la «coopéra- tion multidimensionnelle» qui lient les deux partenaires. Une manière de rappeler que, malgré les turbu- lences des dernières années, l’UE et le Maroc demeurent liés par des échanges économiques massifs, soit plus de 640 milliards de dirhams par an, et par une logique d’interdé- pendance désormais enracinée. Et, au regard des derniers développe- ments politiques, cette interdépen- dance est appelée à s’intensifier, car le nouveau cadre onusien ouvre la voie à des partenariats plus ambi-

e vote, mercredi 26 novembre 2025, du Parlement européen rejetant la «motion d’objection» contre

l’acte délégué relatif aux pro- duits agricoles marocains clôt une séquence politique qui, depuis plu- sieurs années, brouillait la relation entre Rabat et Bruxelles. En validant le texte de la Commission, les euro- députés reconnaissent pleinement l’intégration des provinces du Sud dans l’Accord d’association Maroc- UE et sécurisent, d’un point de vue économique, l’accès préférentiel des produits agricoles marocains au marché européen. Cette décision met fin à une ambi- guïté entretenue par certains cou- rants politiques européens et apporte enfin un cadre lisible aux opérateurs économiques. En effet, l’accord agricole amendé introduit des ajustements techniques desti- nés à faciliter l’accès des produits et à les valoriser, notamment en matière d’information du consom-

Malgré les turbulences des dernières années, l’UE et le Maroc demeurent liés par des échanges économiques massifs, soit plus de 640 milliards de dirhams par an.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 10

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