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S ECTEUR PRIVÉ DE LA SANTÉ

Mohammed VI, que Dieu l’assiste, ont pro- fondément transformé le paysage sanitaire national. La généralisation de l’assurance maladie depuis 2022, à travers le dispositif AMO-Tadamon, a permis à près de 11 mil- lions de personnes en situation de vulnéra- bilité d’accéder à des prestations médicales, y compris dans des établissements privés, conformément aux déclarations du chef du gouvernement en juillet 2025. Ainsi, le secteur privé se positionne aujourd’hui comme un acteur majeur de l’amélioration de l’accès aux soins, contri- buant non seulement à désengorger le secteur public, mais également à favoriser la diffusion des technologies médicales de pointe, soutenant la montée en qualité et en innovation du système de santé marocain. F. N. H. : Quels domaines du secteur privé marocain bénéficient concrètement de l’IA, et quelles perspec- tives voyez-vous pour son intégration future dans le diagnostic et la gestion des patients ? Dr R. Gh. : Le secteur médical privé au Maroc tire déjà profit d’applications concrètes de l’IA, particulièrement dans les domaines de l’imagerie médicale, de la dermatologie, de l’oncologie et de la pathologie numérique (anatomopathologie). L’IA constitue un levier stratégique décisif pour accroître la précision diagnostique, fluidifier les parcours de soins et optimi- ser la performance organisationnelle des établissements hospitaliers. Elle contribue ainsi à élever la qualité des prestations et à favoriser une intégration progressive des technologies de pointe au sein du système de santé privé marocain. Et ce, sous réserve d’un accompagnement adéquat par un cadre réglementaire clair, une gouvernance rigoureuse des données de santé et des pro- grammes de formation adaptés. F. N. H. : Dans quelle mesure l’IA, la télémédecine et les outils numériques peuvent-ils contribuer à réduire les inégalités territoriales en matière d’accès aux soins, notamment dans les zones rurales ou déserts médicaux ? Dr R. Gh. : L’IA et la télémédecine offrent aujourd’hui des perspectives très concrètes pour réduire les inégalités territoriales en santé. Dans un pays comme le Maroc, où certaines zones rurales ou enclavées souffrent encore d’un déficit en ressources médicales, notamment en médecins spé- cialistes, ces technologies permettent de rapprocher l’expertise médicale du patient sans nécessiter le déplacement du profes- sionnel de santé. Grâce à la téléconsultation, à la télé-exper- tise et aux outils d’IA appliqués à l’image-

«La technologie doit être un levier au service de l’humain» Le secteur privé de la santé s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable pour améliorer l’accès aux soins et la qualité des prestations. Grâce à l’intégration de technologies innovantes comme l’intelligence artificielle (IA), la télémédecine et la chirurgie robotisée, le privé contribue à rapprocher l’expertise médicale des citoyens. Entretien avec Dr Rajae Ghanimi, chercheuse (PHD) en intelligence artificielle appliquée à la médecine, auteure et présidente fondatrice de l’Association Hippocrate DS. Intelligence artificielle

Finances News Hebdo : Comment évaluez-vous aujourd’hui la contribution du secteur privé à l’amélio- ration de la prise en charge sanitaire au Maroc, notam- ment en termes d’accessibilité et de qualité des soins ? Dr Rajae Ghanimi : Permettez-moi d’apporter une réponse structurée, fondée sur des données officielles issues de la carte sani- taire 2023 du ministère de la Santé et de la Protection sociale, du Plan santé 2025, ainsi que des comptes nationaux de la santé 2022, qui reflètent fidèlement l’état actuel du système de santé marocain. Globalement, la contribution du secteur privé à l’offre de soins au Maroc est à la fois substantielle et en constante progression. Il joue un rôle complémentaire essentiel au secteur public, dans un contexte où la demande en soins de qualité ne cesse de croître. Selon la carte sanitaire 2023, le sec- teur privé emploie 15.394 médecins, dont

9.812 spécialistes, soit une hausse de plus de 6% par rapport à 2022. Cela représente près de la moitié du corps médical national, estimé à 30.643 médecins, illustrant ainsi la forte mobilisation des compétences privées pour répondre aux besoins croissants de la population. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement soutenu d’investissement privé, marqué notamment par la création de nouvelles cliniques spécialisées, de groupements hospitaliers et d’hôpitaux pri- vés, contribuant à diversifier et à moderni- ser l’offre de soins. Sur le plan de l’accessibilité, le secteur privé a incontestablement élargi les possibilités offertes aux citoyens, notamment dans les zones urbaines où les délais d’attente du secteur public demeurent élevés. Les réformes de la protection sociale, impulsées sous la haute vision de Sa Majesté le Roi

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 100

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