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Tourisme médical

Un potentiel stratégique encore à structurer

Le Maroc se trouve aujourd’hui à un tournant décisif pour développer le tourisme médical. Avec des infrastructures modernes, un corps médical compétent, des coûts de soins compétitifs et une proximité géographique idéale avec l’Europe et l’Afrique, le Royaume possède de solides atouts pour attirer une clientèle internationale.

«Le Maroc dispose aujourd’hui d’in- frastructures modernes, des tech- nologies avancées et des investisse- ments privés conséquents. Le Groupe Akdital, leader national, gère 3.706 lits en 2024 répartis sur 33 établisse- ments, soit une croissance de plus de 60 % en un an. Par ailleurs, des pro- jets comme Marrakech Healthcare City, financé par le promoteur émi- rati Tasweek, illustrent l’émergence de villages médicaux luxueux dédiés à la santé et au bien-être» , souligne- t-elle. Et d’ajouter que «les coûts des soins médicaux au Maroc demeurent de 60% à 85% inférieurs à ceux pra- tiqués en Europe, selon le Medical Tourism Index 2024 et Better Medical Tourism 2024. Ce différentiel confère un avantage compétitif majeur, ren- forcé par la position géographique stratégique du Maroc, à seulement trois heures de vol des grandes capi- tales européennes». La spécialiste porte un plaidoyer en faveur d’un plan national pour le tourisme médical, afin de trans- former ce potentiel en un véritable moteur de développement. Pourtant, malgré ces avancées, le secteur doit encore surmonter plusieurs défis. Selon Ghanimi, il s’agit notamment de «l’absence d’une stratégie natio- nale intégrée, l’absence d’un office de tourisme médical capable d’impli- quer public et privé, et une visibilité numérique limitée face à des destina- tions concurrentes comme la Turquie ou l’Inde» . Par ailleurs, ajoute-t-elle, «l’absence d’un bureau national dédié et d’une marque forte, la fuite annuelle de 600 à 700 médecins, ainsi qu’un déficit de visibilité digitale, limitent l’attracti- vité du Royaume. La création d’une marque Maroc Santé et le renforce- ment des partenariats public-privé

L

(CESE) et du Nouveau modèle de développement (NMD) convergent sur un point. Le Maroc peut valoriser ce potentiel pour générer de nou- velles recettes touristiques, renfor- cer son positionnement régional et répondre à une demande croissante. Cet élan suppose toutefois une stra- tégie nationale intégrée et une gou- vernance cohérente.

e secteur privé maro- cain a investi massive- ment dans des hôpitaux de nouvelle génération,

intégrant intelligence artificielle, robotique médicale et imagerie avancée. Des projets d’envergure déjà réalisés ou en cours illustrent ce dynamisme croissant. Conformément à la feuille de route stratégique du tourisme 2023-2026, le Maroc ambitionne d’atteindre 17,5 millions de touristes et 120 milliards de dirhams de recettes à l’horizon 2026, notamment grâce à la diversi- fication de son offre, où le tourisme médical et de bien-être occupe une place stratégique. Les rapports du Conseil écono- mique, social et environnemental

Un secteur privé moteur, mais encore isolé

Pour Dr Rajaa Ghanimi, chercheuse (PhD) en IA appliquée à la méde- cine, auteure et présidente fonda- trice de l’association Hippocrate DS, les avancées du secteur privé sur ce segment constituent déjà une base solide.

Le Maroc s’affirme comme une destination médicale d’avenir, portée par des acteurs engagés.

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103 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO

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