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liards de dirhams. Ces chantiers, techniquement lourds, tirent à la fois l’activité d’exécution, les études, la supply chain et les équipements spécialisés. Le signal politique est tout aussi déterminant. Pour 2024, le minis- tère de l’Équipement et de l’Eau a inscrit 64 milliards de dirhams d’investissements, contre 41 mil- liards un an plus tôt, soit une hausse de 56%. Peu de secteurs bénéficient aujourd’hui d’une impulsion budgétaire d’une telle ampleur. Cette enveloppe irrigue les routes et autoroutes, les ports, les équipements hydrauliques, les hôpitaux, les ouvrages ferro- viaires et l’ensemble des infras- tructures structurantes. L’effet d’entraînement sur le BTP est immédiat : les carnets se rem- plissent, les besoins en ingénie- rie augmentent et la visibilité opérationnelle s’améliore. Cette reprise ne se fait toutefois pas sans tensions. La pénurie de compétences, déjà identifiée avant la crise, devient plus cri- tique encore dans un contexte d’accélération. Ingénieurs, chefs de projets, techniciens spécia- lisés, laboratoires, bureaux de contrôle : l’ensemble de la chaîne fait face à un déficit de res- sources. La reconstruction d’Al Haouz a déjà révélé des retards liés au manque de main-d’œuvre qualifiée. Les échéances de 2025 et 2030, fortement médiatisées, ne tolèrent pas ce type de déca- lages. Le secteur doit composer simul- tanément avec la rareté des pro- fils, la montée de la demande et l’exigence accrue de qualité. Les tensions portent également sur les matériaux. Le rythme des projets augmente la pression sur le ciment, l’acier, les agrégats, les conduites et les produits tech- niques. Le secteur anticipe des contraintes d’approvisionne- ment, qui nécessitent une adap- tation des cahiers des charges, une accélération des autorisa- tions de carrières et une valorisa- tion plus poussée des matériaux locaux. L’enjeu est de garantir la dispo-

de l’investissement public. Ce triptyque crée une fenêtre de croissance comparable à celle des grandes décennies d’équipe- ment du pays. Reste à savoir si le secteur parviendra à transformer cette impulsion en cycle durable, fondé sur la montée en compé- tence, la structuration de la com- mande publique et l’améliora- tion des pratiques contractuelles. La reprise ne fait aucun doute. Ce qui reste à vérifier, c’est la capacité du secteur à suivre la cadence des mois et des années à venir. Les chantiers sont là; il fau- dra maintenant démontrer qu’on peut les mener sans dispersion ni relâchement.

Le programme d’Al Haouz, doté de 120 milliards de dirhams sur cinq ans, crée un socle de travail continu pour les entreprises du BTP, de l’ingénierie aux gros-œuvres.

nibilité et contenir les coûts dans un contexte d’exécution intensif. Le Maroc entre ainsi dans une configuration inédite où la relance du BTP repose sur trois leviers simultanés : un pro- gramme national de reconstruc- tion, un agenda sportif interna- tional, et une forte mobilisation

Bourse : Les opérateurs BTP tournent à plein régime

Le marché du BTP connaît une véritable effervescence sur la Bourse de Casablanca, notamment depuis l’attribution du Mondial 2030 et l’accélération de la commande publique dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. Les trimestriels des entre- prises sont venus conforter les investisseurs dans leur choix. TGCC et Jet Contractors, les deux acteurs emblématiques du secteur, se distinguent par leur capacité à décrocher des contrats stratégiques et à s’imposer comme des références sur le marché national et africain. TGCC, fort de ses plus de 30 ans d’expérience, pour- suit sa croissance en s’appuyant sur une solide expertise et une diversification dans des domaines variés tels que la santé, l’hôtellerie, le commercial et l’industriel. Son récent communiqué de presse met en avant un carnet de commandes culminant à 20,2 Mds de dirhams à fin septembre 2025. Les investissements réalisés au cours du troisième trimestre poursuivent la trajectoire engagée depuis le début de l’année, avec un niveau de Capex en forte hausse, atteignant 606,4 MDH en cumulé annuel. De son côté, Jet Contractors confirme sa trajectoire ascendante en clôturant le troisième trimestre 2025 avec un chiffre d’affaires consolidé de 2,31 Mds de dirhams, en augmenta- tion de 9,8% par rapport à la même période de l’année précédente. Sur le seul T3, le chiffre d’affaires consolidé ressort à 854,37 MDH contre 728,21 MDH à la même période en 2024. L’investissement cumulé à fin septembre ressort à 350,49 MDH. Le carnet de commandes du groupe s’élève à 11 Mds de dirhams, en progression de 22%.

25 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO

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