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Cette tension survient dans un contexte de croissance soutenue de 3 à 4% par an. Les grands projets du Royaume, notamment ceux liés aux infrastructures, mines, énergie, ports, aéroports et logements nécessitent une main-d’œuvre qualifiée et adap- table. L’effort de formation devient donc indispensable. «Cela passe par des formations courtes et certifiantes de six mois ou plus, par la requalification des artisans déjà en activité, facilitée notamment par les outils de e-learning, ainsi que par la création de centres d’essais et de labo- ratoires régionaux permettant de tester les nouveaux matériaux, d’établir des normes et d’accompagner l’innovation dans les technologies vertes. De plus, un référentiel national des métiers liés au BTP et à la transition verte doit être élaboré et intégré aux marchés publics afin d’en faire une norme inci- tative pour les entreprises et les ins- titutions» , fait savoir l’architecte. «À l’horizon 2030, les besoins en emplois verts devraient atteindre entre 250.000 et 300.000 postes, soit environ 10 à 12% de l’ensemble du secteur. Cela accen- tue davantage l’écart entre l’offre et la demande» , poursuit Boudchiche. Même constat chez Samir Bouchrit qui plaide pour une formation adé- quate et une bonne réorientation des profils. «Seulement 45% des lauréats estiment que leur emploi correspond totalement à leur formation. C’est un énorme gâchis. Il faut renforcer l’alter- nance, les stages qualifiants, et co-

Dynamique du secteur du BTP sur la période 2001- 2024

À l’horizon 2030, les emplois verts représenteront 10 à 12% du secteur, soit 250.000 à 300.000 postes, accentuant le besoin de formation et de qualification.

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architecte et professeur, précise que la pénurie de main-d’œuvre quali- fiée dans le secteur du BTP et dans les métiers liés à la transition verte constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour le Maroc. «Cette pénurie est réelle et mesurable. Elle représente à la fois un risque pour la réalisation des grands chantiers nationaux et une opportunité pour accélérer la montée en compétences du pays. Sur 1,2 mil- lion de personnes travaillant dans le BTP, seules 500.000 disposent d’un niveau de qualification suffisant, ce qui laisse apparaître un déficit estimé entre 150.000 et 200.000 travailleurs qualifiés» , précise-t-il.

ralentissement à partir de 2008, avant d’être fortement éprouvé par la pandémie et par la flambée des prix des matériaux entre 2020 et 2023. L’année 2024 a marqué un début de reprise, mais ce rebond s’accom- pagne de tensions fortes sur la main- d’œuvre. Le lancement simultané des chantiers de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2030 accentue encore cette pression. Face à ce déficit structurel, la forma- tion professionnelle apparaît comme un levier central. Cependant, elle doit évoluer pour répondre aux réa- lités d’un secteur qui se modernise rapidement. L’enjeu est double, à savoir valoriser les métiers du BTP et moderniser l’offre de formation afin de promouvoir le secteur comme un domaine technique et innovant. À cet égard, Jamal Boudchiche,

Il est important de planifier les besoins à 5,10 ou 15 ans afin d’éviter une crise récurrente de compétences.

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FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 28

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