B ÂTIMENT ET T RAVAUX P UBLICS
…/…
Des cas concrets De Casablanca à Benguérir, les réa- lisations durables se multiplient, traduisant une volonté politique de conjuguer urbanisation rapide et durabilité environnementale. La Ville verte de Benguérir, avec sa conception bioclimatique et son éclairage solaire généralisé, ou encore Zenata écocité, pre- mière écoville certifiée en Afrique, témoignent d’un changement d’échelle. Casablanca Finance City Tower, elle, illustre la capacité du Maroc à s’aligner sur les standards internationaux incluant, panneaux photovoltaïques couvrant 1.100 m², une double façade ventilée, et un système de gestion intelligente de l’énergie. Une combinaison qui per- met d’éviter 120 tonnes de CO2 par an et de réduire la facture énergé- tique annuelle de près de 1,2 million de dirhams. Evidemment, ces efforts sont louables, mais la transition reste iné- gale. Si les grands groupes immo- biliers et promoteurs publics pro- gressent rapidement, près de 70% des PME du secteur déclarent ne pas maîtriser les outils nécessaires à la
mise en œuvre HQE (Enquête de la FNBTP). Ces dernières se retrouvent freinées par le coût initial, souvent 10 à 15% plus élevé, et par un défi- cit de formation. «Nous avons une ambition nationale forte, mais un tissu professionnel encore en appren- tissage», analyse Boudchiche, pour qui la solution passe par «un effort massif de formation et la création d’incitations claires pour rendre la construction verte économiquement attractive». Cette formation continue est déjà à l’ordre du jour, avec l’intégration des modules « construction durable» dans les cursus de l’Ecole nationale des sciences appliquées (ENSA), de l’Ecole Hassania des Travaux Publics (EHTP) et de l’Univer- sité Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Mais aussi via la montée en puissance de programmes natio- naux, tels que Taqa pro bâtiment ou le Plan national du bâtiment durable (2017). La révolution verte dans le BTP marocain n’est plus une déclara- tion d’intention, c’est un chantier national. Pour Jamal Boudchiche, «le Maroc montre que l’architecture durable n’est pas un luxe, mais un moteur de croissance, d’innovation et de souveraineté climatique» . Sur les toits photovoltaïques des tours ou dans les matériaux recyclés des chantiers, se dessine déjà le paysage urbain de demain.
Le bâtiment absorbe près de 40% de la consommation énergétique nationale et génère un quart des émissions de CO2.
fait, l’efficacité énergétique des bâti- ments est devenue un aspect non négligeable dans l’offre de service des sociétés de construction. Celle-ci se traduit notamment par l’utilisation de matériaux isolants, de systèmes de gestion de l’énergie et de technologies innovantes pour mini- miser la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. «Nous encourageons depuis plusieurs années nos promoteurs professionnels à s’intégrer dans ce mouvement de construction durable. Certains optent pour le label français de construction verte HQE, et d’autres pour le label américain LEED», soulignait dans nos colonnes Amine Nokta, vice-pré- sident de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Pour Boudchiche, la construction verte doit d’abord reposer sur le «génie local», notamment à travers l’usage de matériaux disponibles sur le territoire. «Le Maroc possède un patrimoine constructif exception- nel (terre crue, pierre, bois), capable, s’il est modernisé, d’offrir des per- formances thermiques remarquables tout en réduisant notre dépen- dance aux matériaux importés», explique l’expert. L’intégration du solaire, l’optimisation de l’isolation ou la récupération des eaux grises deviennent des standards pour une nouvelle génération d’architectes et d’ingénieurs.
Si les grands groupes immobiliers et promoteurs publics progressent rapidement, près de 70% des PME Si les g et p rapid
du secteur déclarent ne pas maîtriser les outils nécessaires à la mise en œuvre HQE. du s outils ecteur d nécessa
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 36
Made with FlippingBook flipbook maker