B ÂTIMENT ET T RAVAUX P UBLICS
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nibles localement. Ce mécanisme doit rester exceptionnel, ciblé et encadré. Notre objectif est de faire du secteur du BTP un moteur de développement économique et social, en créant des emplois durables et en formant les professionnels marocains pour qu’ils répondent aux besoins des grands pro- jets et aux standards internationaux. F. N. H. : L’IFMBTP de Fès a formé une première promotion et augmente sa capacité. Quel rôle peut-il jouer dans la structuration nationale du capital humain ? Peut-on étendre ce modèle ? M. M. : L’IFMBTP de Fès est avant tout un institut de la profession, dont la FNBTP en est à l’origine et assure sa gestion déléguée en partenariat avec le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Né dans le cadre du programme Compact II – Fonds Charaka, à la suite d’un appel à projets du Millennium Challenge Account, l’institut répond à une ambition claire : créer un établisse- ment d’excellence directement aligné sur les besoins concrets des entreprises du BTP. Il a ouvert ses portes en sep- tembre 2023. Depuis son lancement, les résultats sont très encourageants. La première promotion comptait 80 lauréats, issus
Les implications sont multiples : • pour les entreprises, cela implique la fidélisation de leur personnel, qu’il faut préserver et intégrer dans la planifica- tion financière et la gestion des projets. • pour le secteur dans son ensemble, cela contribue à relever le niveau de professionnalisation, à sécuriser les compétences et à améliorer la qualité et la productivité des chantiers. En somme, cette évolution est une opportunité pour structurer et profes- sionnaliser durablement le BTP maro- cain, tout en consolidant sa résilience face aux besoins croissants du marché et aux standards internationaux. F. N. H. : Certains acteurs appellent à recourir à la main-d’œuvre étrangère. Quel est votre avis à ce sujet ? M. M. : La FNBTP considère que le ren- forcement des compétences nationales doit rester la priorité. Le Maroc dispose d’un vivier de talents qualifiés, et le défi actuel est de former davantage, de valoriser et de fidéliser nos ressources humaines. Recourir à la main-d’œuvre étrangère ne doit être envisagé qu’en dernier recours et uniquement pour des com- pétences très spécifiques non dispo-
• les ingénieurs spécialisés, à titre d’exemple : en conception et en BIM, en mécanique, électricité et topogra- phie appliquée aux grands projets d’in- frastructures… En résumé, le défi n’est pas seule- ment quantitatif; il est aussi qualita- tif. Le Maroc dispose de talents, mais leur nombre et leur niveau d’exper- tise doivent augmenter pour répondre à l’accélération actuelle du secteur et aux standards internationaux qui s’im- posent désormais. Cela souligne l’importance de renfor- cer la formation, la montée en compé- tences et l’attractivité des métiers du BTP, pour répondre aux besoins crois- sants du secteur et assurer la réalisation des projets dans les délais prévus. F. N. H. : Les promoteurs immobiliers évoquent des ralentissements. Faut-il s’attendre à des pertur- bations durables dans le logement ? M. M. : En tant que représentant des entre- prises de construction, nous estimons que le marché du logement, qui obéit en général au principe de l’offre et à la demande, connait une perturbation qui est à notre avis d’ordre ponctuel qui ne peut être que conjoncturelle. Le secteur dispose des capacités et de la résilience nécessaires pour assurer la continuité des projets et répondre à la demande nationale à moyen et long terme. F. N. H. : Les salaires des ouvriers qualifiés et des apprentis augmentent. S’agit-il d’une évolution conjoncturelle ou structurelle ? Et quelles en sont les implications ? M. M. : L’augmentation des salaires des ouvriers qualifiés et des apprentis reflète à la fois des tendances conjonc- turelles et des évolutions structurelles. Conjoncturellement, elle répond à la pression exercée par la demande accrue de main-d’œuvre sur les grands projets d’infrastructures et les chantiers stratégiques. Structurellement, elle tra- duit la nécessité de valoriser les métiers du BTP, d’attirer et de fidéliser des talents face à la rareté croissante de profils qualifiés, et de renforcer la com- pétitivité et la performance du secteur.
Sur les projets stratégiques, les délais sont généralement respectés et plusieurs ouvrages structurants ont déjà été livrés ou avancent à un rythme soutenu.
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 44
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