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de filières techniques d’avenir telles que Géomètre-Topographe, Métreur, Laboratoire BTP ou Menuiserie alumi- nium et inox. Ce succès a permis une montée en puissance rapide : l’Institut accueille aujourd’hui 215 apprenants avec une présence de stagiaires venus de l’Afrique subsaharienne, répartis entre première et deuxième année, avec une demande croissante des entreprises pour accueillir des stagiaires ou recru- ter des profils immédiatement opéra- tionnels. Au-delà de la formation initiale, l’IFM- BTP propose une offre structurée de formation continue, indispensable pour accompagner l’évolution des métiers et la montée en compétences. Il joue aussi un rôle moteur dans la transition numérique : labellisé Service Provider par buildingSMART Morocco, il intègre le BIM et l’openBIM dans ses cursus. L’Institut porte également un volet essentiel de sécurité-prévention. En partenariat avec l’INCVT, il contri- bue à diffuser les bonnes pratiques HSE et à renforcer la culture de prévention sur les chantiers. Cette dynamique n’est qu’un début. Avec l’appui du Conseil de la Région

tion passe par plusieurs leviers incon- tournables, notamment : • Évolution du cadre réglementaire et administratif Plusieurs chantiers doivent aboutir sans délai : refonte du CCAG-Travaux, réforme du système de révision des prix, généralisation et uni- fication du Système de Qualification– Classification (SQC), encadrement de la sous-traitance, et adaptation du Code du travail aux spécificités du BTP. Les difficultés viennent également de pratiques administratives à améliorer: validation tardive des attachements, multiplicité des intervenants, absence d’interlocuteurs uniques et interpréta- tions divergentes des textes. Ces blocages impactent directement les délais, la trésorerie et la viabilité des entreprises. A cet égard, il est urgent d’instaurer une culture de décision, de coordination et de responsabilité opé- rationnelle dans les chantiers. Mise à part l’amélioration du cadre réglementaire, notre Fédération plaide pour un recours accru aux modes alter- natifs de règlement des différends, du type médiation, arbitrage, dispute boards, et ce afin d’éviter des conten- tieux longs et coûteux. • Soutien financier et protection du tissu national La Fédération propose des mécanismes adaptés : fonds d’appui sectoriel dédié au BTP, avances de démarrage systé- matisées, assurances-cautions, etc. Parallèlement, il est indispensable de généraliser l’application de la préfé- rence nationale, afin de protéger nos entreprises face à une concurrence étrangère souvent soutenue par des dispositifs publics dans leurs pays d’origine, et de promouvoir des parte- nariats équilibrés et fondés sur le trans- fert de savoir-faire. En combinant ces leviers, le Maroc peut tirer vers le haut l’ensemble du secteur, soutenir les PME et faire émer- ger davantage de champions nationaux capables de rayonner à l’international. Le pays dispose désormais des fon- dations nécessaires; il lui revient d’en faire un avantage décisif. En somme, bâtir le BTP de demain ne se limite pas à construire des infras- tructures : c’est renforcer un pilier de souveraineté, soutenir l’économie nationale et écrire une nouvelle page du Maroc, prêt à affronter l’avenir avec confiance et à construire un futur solide et durable.

Fès–Meknès, un projet d’extension a été lancé pour augmenter la capaci- té d’accueil et renforcer les plateaux techniques. À terme, l’objectif est clair: faire de l’IFMBTP un pôle national de référence, appelé à être dupliqué dans d’autres régions du Royaume, afin d’accompagner l’accélération des chantiers et les besoins croissants en compétences à l’horizon 2030 et au- delà. F. N. H. : Le BIM, la digitalisation et l’industrialisa- tion transforment le secteur. Le Maroc est-il prêt pour cette mutation à grande échelle ? M. M. : La digitalisation est aujourd’hui un levier incontournable pour déve- lopper le secteur, même s’il n’est pas encore obligatoire pour tous les projets. Certaines maîtrises d’ouvrage, comme l’ANEP, l’exigent déjà pour les projets d’envergure supérieure à 200 millions de dirhams. La FNBTP souhaite désor- mais commencer à généraliser l’usage du digital et du BIM pour les projets stratégiques de l’État dépassant ce seuil, afin d’accompagner la modernisation et la performance du BTP national. Pour soutenir cette transition, la FNBTP a établi des partenariats stratégiques avec buildingSMART Morocco, la FMCI, l’ONIGT, la FNPI et l’Ordre des architectes. L’objectif est d’harmoniser les référentiels, diffuser les standards internationaux et préparer le déploie- ment national du BIM et de l’openBIM. Cette dynamique s’accompagne d’une formation initiale et continue renfor- cée, notamment à travers l’IFMBTP de Fès, qui intègre désormais ces compé- tences au cœur de son cursus. Cela permet de disposer d’une nouvelle génération de professionnels formés aux outils numériques collaboratifs, capables de répondre aux exigences des projets modernes. Grâce à cette mobilisation collective, le Maroc dispose des fondations néces- saires pour faire du BTP un secteur numérique, performant et exportable, et pour s’imposer comme référence régionale dans la transformation digi- tale du bâtiment et des infrastructures. F. N. H. : Au-delà des échéances sportives, com- ment transformer la mobilisation actuelle en un levier durable pour structurer le BTP marocain ? M. M. : Le véritable enjeu est désor- mais de capitaliser sur cette mobilisa- tion pour ancrer une transformation durable du secteur. Cette transforma-

Pour Mohammed Mahboub, le recours à la main-d’œuvre étrangère ne doit être envisagé qu’en dernier recours et uniquement pour des compétences très spécifiques…

45 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO

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