Hors Se<0301>rie 50 ok

À l’horizon 2030, le marché des infrastructures hospitalières pourrait atteindre 15 Mds de DH de contrats annuels, selon les projections internes du ministère de l’Équipement.

de ce plan est l’augmentation de la capacité nationale de 11.338 lits supplémentaires à l’horizon 2030, ce qui génère mécaniquement une demande massive en construction, équipements biomédicaux et ingé- nierie. Un segment dynamique dopé par la réforme de l’État social La réforme du système de santé, engagée sous l’impulsion royale depuis 2021, a fait du secteur hos- pitalier un pilier de la politique publique. Le budget du ministère de la Santé est passé de 19,7 Mds de DH en 2021 à 32,6 Mds de DH en 2025, soit une hausse spectaculaire de 65%, selon la Loi de Finances 2025. Une part considérable de cette enveloppe (environ 14,5 Mds de DH en 2025) est dédiée aux infrastruc- tures, ce qui place les projets hos- pitaliers dans le peloton de tête des commandes publiques. Pour les acteurs du BTP, cette dyna- mique représente une opportunité unique. D’après les estimations du

modulaire, des circuits séparés pour les urgences, des salles d’opération à pression contrôlée, et des instal- lations photovoltaïques couvrant parfois 10% des besoins énergé- tiques. Plusieurs projets marocains suivent les standards HQE (Haute qualité environnementale), tandis que le recours au BIM (Building Information Modeling) devient cou- rant dans les CHU. Les grands groupes du BTP sont par- ticulièrement présents sur ce cré- neau. Bymaro, filiale de Bouygues Construction, revendique plus de 1 milliard d’euros de contrats cumu- lés sur cinq ans au Maroc, selon son rapport annuel 2024. Chaque chantier hospitalier majeur mobi- lise jusqu’à 3.500 ouvriers, entre maçons, techniciens spécialisés, ingénieurs biomédicaux et experts en génie climatique. Le secteur hos- pitalier contribue aussi à la montée en gamme locale : certaines entre- prises marocaines se sont spéciali- sées dans l’installation de systèmes d’imagerie interventionnelle ou de réseaux de fluides médicaux. Au-delà de leur dimension tech- nique, les hôpitaux jouent un rôle économique multiplicateur. En ren- forçant l’attractivité régionale et en réduisant la pression sur les grands pôles urbains, ils participent à un rééquilibrage territorial essentiel. L’OMS Maroc rappelle d’ailleurs, dans son profil sanitaire 2023, que l’accès inégal aux soins constitue l’un des premiers freins au déve- loppement humain dans les zones rurales. Une carte hospitalière en pleine recomposition À la fin de l’année 2025, le Maroc compte environ quarante chantiers hospitaliers actifs, représentant plus de 4.700 lits en cours de déploie- ment. S’y ajoutent 24 projets prio- ritaires pour 2025-2026 (2.273 lits), 20 projets programmés pour 2027 (2.430 lits), un programme natio- nal de réhabilitation de 83 hôpitaux existants (budget : 3,3 Mds de DH) et la construction de cinq nouveaux CHU destinés à doter chaque région d’un établissement universitaire de référence.

ministère de l’Équipement et de l’Eau, les projets de santé comptent désormais pour 10 à 15% des contrats publics en construction, un niveau inédit dans l’histoire récente du secteur. La tendance suit d’ail- leurs un mouvement international : la Banque africaine de dévelop- pement souligne, dans son Outlook 2024, que les infrastructures hospita- lières constituent l’un des principaux moteurs du BTP sur le continent, entraînant emplois, innovations et structuration régionale. Des chantiers hospitaliers à forte intensité technologique Les hôpitaux modernes ne sont plus de simples bâtiments. Ils incarnent des normes techniques de haut niveau, intégrant une architecture

Le Roi Mohammed VI lors de l’inaugu- ration, le 3 novembre 2025, du Complexe hospitalo-universi- taire international Mohammed VI de Rabat.

…/…

55 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO

Made with FlippingBook flipbook maker