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B ÂTIMENT ET T RAVAUX P UBLICS

Etat d’avancement des principaux chantiers hospitaliers au Maroc

Investissement (MMDH)

Région

Projet

Lits Avancement

Livraison Maître d’œuvre

Reconstruction CHU Ibn Sina CHU Mohammed VI International

Rabat-Salé-Kénitra

1.044

70 %

6.53

Début 2026 ANEP / Groupement local

Rabat-Salé-Kénitra

550 500 500 520 867 120 190 250

100 %

4.5 2.4 1.8 2.0 2.4 3.5 0.5 1.2 1.5

Fin 2025 Fin 2025

Bymaro

Laâyoune-Sakia El Hamra CHU Laâyoune

90 % 40 % 35 %

Ministère

Guelmim-Oued Noun

CHU Guelmim 300

2027 2027 2027

ANEP

Groupement international

Drâa-Ta fi lalet

CHU Errachidia CHU Béni Mellal CHU Agadir Hôpital Figuig Hôpital Guercif Hôpital Nador

Béni Mellal-Khénifra

20 % 100 % 98 % 75 % 60 %

ANEP ANEP Local

Souss-Massa

Fin 2025

Oriental Oriental Oriental

2025

Mi-2026

Ministère

2026

ANEP

…/…

Vers un modèle hospitalier durable et connecté

hospitalier demeure confronté à plusieurs contraintes majeures. La première concerne la volatilité des prix des matériaux, avec une hausse moyenne de 20% en 2024, selon le haut-commissariat au Plan. Cette inflation, couplée au renchérisse- ment des équipements biomédicaux importés, alourdit les budgets et ral- longe parfois les délais. La seconde difficulté porte sur les ressources humaines. Le Maroc accuserait un déficit estimé à 90.000 professionnels de santé à l’hori- zon 2026, d’après l’OMS. Dans ce contexte, les nouveaux hôpitaux devront accompagner la montée en capacité des filières de formation, sous peine de devenir des coquilles sous-utilisées. L’extension récente des facultés de médecine et l’ouver- ture de campus universitaires privés devraient partiellement répondre à cette problématique. Enfin, plusieurs projets pâtissent encore de lourdeurs administratives: délais de validation, multiplicité des intervenants, coordination complexe entre ministères, agences régionales et entreprises. Le recours croissant aux partenariats public-privé (PPP) pourrait alléger ces contraintes en stabilisant les modèles de finance- ment et d’exploitation.

Parmi les projets les plus structu- rants, le CHU Ibn Sina de Rabat est emblématique. Sa reconstruction, un investissement de 6,53 Mds de DH (ANEP, 2024), mobilise 280.000 m² de surfaces construites et 8.800 m² de panneaux solaires, permet- tant une réduction estimée de 40% des émissions de CO2. À Rabat éga- lement, le CHU Mohammed VI International, réalisé par Bymaro, affiche un taux d’avancement de 95% pour un budget de 4,5 Mds de DH, selon les données publiques de l’ANEP (2025). D’autres régions, longtemps sous- équipées, voient émerger leurs pre- miers centres universitaires : le CHU de Laâyoune (2,4 Mds de DH, 90% d’avancement), le CHU de Guelmim (1,8 Md de DH, 40%), celui d’Erra- chidia (2,0 Mds de DH, 35%), ou encore CHU Béni Mellal (2,4 Mds de DH, 20%). Ces établissements, pré- vus pour 2027, répondent aux prio- rités d’équité territoriale fixées par le Plan santé 2025. À une autre échelle, la région de Benguérir accueille la Smart Health Care City, un projet hybride com- binant hôpital, centre de recherche et incubateur biomédical, intégré à l’écosystème de l’UM6P et soutenu par la Fondation OCP. Ce chantier préfigure une nouvelle génération d’infrastructures où santé, innova- tion et formation convergent.

À l’horizon 2030, le marché des infrastructures hospitalières pourrait atteindre 15 Mds de DH de contrats annuels, selon les projections internes du ministère de l’Équipe- ment, notamment grâce aux besoins liés à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et à la Coupe du monde 2030, événements qui exigent des centres d’urgence modernisés et des infras- tructures de réponse rapide. La digitalisation jouera également un rôle central : le Maroc déploie progressivement un dossier médi- cal partagé national, intégré aux nouveaux hôpitaux et permettant une meilleure traçabilité des soins. L’essor de la télémédecine, encou- ragé par la stratégie Maroc Digital 2030, transformera également la relation entre les patients, les centres régionaux et les CHU. L’essor du BTP hospitalier constitue désormais un choix stratégique pour un pays engagé dans la construction d’un État social moderne. La multi- plication des chantiers entre 2025 et 2027, leur caractère souvent pion- nier sur le plan technologique, et leur répartition géographique plus équili- brée, dessinent un Maroc où l’accès aux soins, la qualité des infrastruc- tures et la dynamique économique territoriale convergent. À mesure que ces projets sortiront de terre, ils impulseront une nouvelle phase d’in- dustrialisation du BTP, renforçant la place du Maroc comme leader afri- cain en infrastructures de santé.

La région de Benguérir accueille la Smart Health Care City, un projet hybride combinant hôpital, centre de recherche et incubateur biomédical

Des défis structurels persistants Malgré les progrès réalisés, le BTP

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 56

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