CONJONCTURE
Les moteurs de la reprise se rallument Croissance
elon les dernières esti- mations des institutions internationales, la crois- sance du PIB devrait se S À l’heure où 2025 se referme, la conjoncture marocaine renvoie l’image d’une économie qui accélère sans pour autant dissiper ses fragilités. La croissance est revenue à un rythme plus soutenu, l’inflation a été ramenée à des niveaux exceptionnellement bas et le Dirham reste protégé par un matelas de réserves confortable. Mais le chômage des jeunes demeure à des niveaux élevés, la sécheresse continue de peser sur le monde rural et les comptes publics restent sous tension.
ans, 21,6% des femmes et 19% des diplômés. Parallèlement, l’ «emploi sous-utilisé» progresse, en particu- lier en milieu rural, signe d’un sous- emploi massif et d’une précarisa- tion de la main-d’œuvre. Sur le front budgétaire, l’exécutif poursuit la trajectoire de consoli- dation entamée après le choc du Covid. Le déficit a été ramené à 4,1% du PIB en 2024, soit mieux que prévu dans la Loi de Finances, grâce à des recettes fiscales supé- rieures aux anticipations. Pour 2025, les projections des bail- leurs situent le déficit entre 4,2% et environ 3,6% du PIB, selon le scé- nario de croissance et de baisse des subventions énergétiques. Sur une base de trésorerie, le déficit cumu- lé a atteint entre 50,5 et 55,5 mil- liards de dirhams à fin septembre- octobre, en nette hausse par rap- port à la même période de 2024. Le gouvernement reste sous forte pression de dépenses : généralisa- tion de la protection sociale, sou- tien au pouvoir d’achat, investis- sement public élevé, et désormais réponse aux mouvements sociaux, notamment ceux portés par la jeu- nesse autour de la qualité des ser- vices publics. Le projet de budget 2026 prévoit d’ailleurs une hausse de 16% des crédits alloués à la santé et à l’éducation, pour atteindre 140 milliards de dirhams (près de 10% du PIB). Déficit commercial en hausse, réserves confortables Le premier semestre 2025 a été mar- qué par un creusement du déficit commercial : il atteint 162 milliards de dirhams, en hausse de 18,4% sur un an. Les importations progressent
scénarios de la Banque centrale et du FMI. Cette normalisation a per- mis à Bank Al-Maghrib d’inverser le cycle entamé en 2022 : le taux direc- teur a été ramené à 2,25% en mars 2025, puis maintenu à ce niveau en juin et septembre. Le Maroc se retrouve ainsi dans une situation rare dans la région : une inflation très basse, une politique monétaire redevenue accommo- dante, et des anticipations de prix jugées «bien ancrées» par les insti- tutions internationales. Frémissement sur le chômage, fracture chez les jeunes Le marché du travail, lui, donne des signaux plus nuancés. Après une hausse du taux de chômage à 13,3% en 2024, conséquence directe de la sécheresse qui a détruit près de 140.000 emplois agricoles, la ten- dance s’est légèrement améliorée en 2025. Au premier trimestre 2025, le HCP mesure un taux de chômage de 13,3%, en légère baisse sur un an. Au deuxième trimestre, il recule à 12,8%, avant de remonter margi- nalement à 13,1% au troisième tri- mestre. Derrière ce frémissement, la frac- ture générationnelle reste béante : le chômage touche 38,4% des 15-24
situer en 2025 autour de 4 - 4,5%, après une année 2024 atone (autour de 3 - 3,5%). Le FMI projette 3,9% de progression du PIB en 2025, la Banque mondiale 3,6%, tandis que Bank Al-Maghrib et plusieurs bureaux d’études privés tablent sur une fourchette plus proche de 4,5 - 4,6%. Le rebond est déjà visible dans les chiffres : la BERD souligne une hausse de 4,7% du PIB réel sur le seul premier semestre 2025, portée par l’industrie, les services et une légère reprise de l’agriculture. L’un des faits marquants de l’année tient à la désinflation rapide. Après un pic à plus de 6% en 2023, l’infla- tion est retombée à 0,9% en 2024, grâce à la détente des prix alimen- taires et des importations. En 2025, Bank Al-Maghrib anticipe une inflation moyenne autour de 1%, avant un léger redressement vers 1,8 - 2,4% en 2026, selon les
Le secteur automobile demeure le premier exportateur du pays, représentant près de 15 milliards d’euros de ventes annuelles. repré Le le p sentant
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FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 6
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