B ÂTIMENT ET T RAVAUX P UBLICS
Alors que le Maroc accueille la CAN 2025 et se prépare à coorganiser la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, les stades sont devenus l’un des principaux moteurs de la relance du BTP. Derrière les images de tribunes flambant neuves, c’est tout un secteur - génie civil, matériaux, ingénierie, architecture, urbanisme - qui est en train de changer d’échelle, porté par des enveloppes d’investissement inédites et des hautes exigences techniques. Un levier de relance du secteur Infrastructures sportives
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Grand Stade Hassan II : vaisseau amiral de la stratégie Pièce maîtresse du dispositif, le Grand Stade Hassan II à Benslimane concentre à lui seul une bonne partie des regards et des budgets. Installé sur un site de 100 hectares dans la commune d’El Mansouria (province de Benslimane), il doit offrir 115.000 places, ce qui en ferait l’un des plus grands stades du monde. Le budget du projet est estimé à 5 milliards de dirhams, financés dans le cadre du programme national d’infrastructures sportives. La livrai- son est annoncée à l’horizon 2027- 2028, avec en ligne de mire l’accueil des plus grands matchs du Mondial 2030. Conçu par le cabinet internatio- nal Populous en cotraitance avec Oualalou+Choi, le stade est pensé comme un complexe multifonc- tionnel : enceintes d’entraînement, centre de conférences, espaces com- merciaux, hôtel, piscine, zones de loisirs. Pour le BTP, cela signifie des mar- chés multiples : terrassement (attri- bué à SGTM), gros-œuvres, façades complexes, structures métalliques, voiries, réseaux, aménagements paysagers, équipements techniques de haute performance.
e virage est assumé au plus haut niveau de l’État. Selon les docu- ments budgétaires et les communica-
Le projet se positionne clairement sur les standards HQE / durables: optimisation des flux, gestion de l’énergie, intégration paysagère. L’objectif est autant sportif que poli- tique : inscrire le Maroc dans la carte des grandes infrastructures mon- diales, au même niveau que les pays hôtes des derniers Mondiaux. Rénovation lourde des grands stades En parallèle de Benslimane, le Maroc a lancé un programme mas- sif de mise à niveau de six stades existants pour répondre au cahier des charges de la CAF et de la FIFA. Les enceintes concernées sont principalement : Tanger (Ibn Battouta), pressenti pour accueil- lir une demi-finale, Rabat (Moulay Abdellah), destiné à l’ouverture et à la finale de la CAN 2025, Marrakech, Agadir (Adrar), Fès et Casablanca (Mohammed V), déjà opération- nel mais en cours de mise à niveau complémentaire. Les travaux portent sur la refonte des tribunes et des sièges pour se conformer aux normes de capaci- té et de confort; la modernisation des systèmes d’éclairage, de sono- risation et de vidéosurveillance; la création ou l’extension des zones
tions officielles, le Maroc a mobi- lisé environ 20 à 21 milliards de dirhams pour la mise à niveau des stades existants et la construction d’un nouveau stade à Benslimane, dans la perspective de la CAN 2025 et du Mondial 2030. Une première estimation consolidée, issue du PLF 2026, chiffre à 14,2 milliards de dirhams le coût combiné de quatre grands chantiers : Fès, Benslimane, Marrakech et Agadir. Cette enve- loppe ne couvre pas encore l’en- semble des infrastructures sportives et illustre bien l’ampleur de la com- mande publique adressée à la filière BTP. En amont, une convention de parte- nariat a été signée dès 2023 entre le gouvernement, la FRMF et la CDG pour structurer le financement de ces projets, avec un montage où l’État, les collectivités et les institu- tions financières publiques se par- tagent l’effort. En clair : les stades ne sont plus un simple équipement sportif, mais un actif stratégique au cœur de la politique d’investisse- ment du Royaume.
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 60
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