VAR, les productions TV 4K/8K. Cette couche technologique ouvre un nouveau front de business pour des acteurs marocains de l’IT, de la cybersécurité, des télécoms et de l’IoT, appelés à s’insérer dans la chaîne de valeur des stades «next- gen». Le tableau n’est toutefois pas exempt de risques. Le premier concerne les délais : la CAN 2025 impose un calendrier quasiment non négociable, sous le regard de la CAF, des médias internationaux et des supporters. Le deuxième enjeu concerne l’in- flation des coûts de construction. Entre la hausse des prix des maté- riaux et la complexité technique des ouvrages, le risque de dérive budgétaire est réel. Les premières estimations de 14,5 à 21 milliards de dirhams devront être confrontées aux décomptes finaux une fois les stades livrés. Le troisième défi a trait à la gou- vernance et la maintenance. L’expérience internationale montre que le véritable coût d’un stade se joue sur sa durée de vie, pas unique- ment à la construction. Un pari assumé sur le soft power et le territoire En injectant des dizaines de mil- liards de dirhams dans les infras- tructures sportives, le Maroc assume un pari de long terme : uti- liser le football comme levier de soft power, mais aussi comme accéléra- teur d’aménagement du territoire. Autour des stades, se dessinent déjà de nouveaux pôles urbains : hôtels, résidences, centres commerciaux, transports structurants. Plusieurs analyses soulignent que la prépa- ration de la CAN 2025 a déjà dopé le marché immobilier et les inves- tissements dans les villes hôtes comme Rabat, Tanger, Marrakech, Casablanca ou Agadir. Pour la filière BTP, c’est une séquence historique : jamais les entreprises marocaines n’avaient été autant exposées à des projets aussi visibles, aussi techniques, aussi compressés dans le temps. La réussite - ou non- de ces chantiers pèsera lourd dans la crédibilité du pays à accueillir le Mondial 2030…
médias, hospitalités, loges VIP; la mise à niveau des accès, parkings, périmètres de sécurité et flux pié- tons. Les délais sont serrés : les autorités sportives ont confirmé que Tanger et Rabat devaient être livrés en priorité avant la CAN 2025, tandis qu’Aga- dir, Marrakech et Fès entreront dans une deuxième phase d’optimisation en vue du Mondial 2030. Pour la filière BTP, cette vague de chantiers se traduit par un taux d’occupation élevé des grandes entreprises de construction, mais aussi par une densité de marchés pour les PME spécialisées (climati- sation, sécurité incendie, systèmes électroniques, signalétique, mobi- lier, etc.). Au-delà des montants, ces projets ont un impact structurant sur la montée en gamme de l’écosystème BTP marocain. Le choix de confier des lots majeurs à des acteurs natio- naux - comme SGTM pour des tra- vaux clés sur le Grand Stade Hassan II - illustre la volonté des pouvoirs publics de faire des infrastructures sportives un terrain de montée en compétence locale. À moyen terme, ces références doivent permettre aux groupes marocains de se posi- tionner sur des marchés africains et
moyen-orientaux, où la demande en infrastructures sportives reste forte.
Chantier du Grand Stade Hassan II à Benslimane : une enceinte de 115.000 places, conçue selon les standards FIFA.
Innovation, durabilité et stade connecté Les nouveaux stades ne sont pas seulement plus grands : ils sont aussi plus intelligents. La feuille de route présentée autour du Mondial 2030 insiste sur l’innovation et la durabilité : optimisation énergé- tique, gestion de l’eau, mobilité douce, digitalisation de l’expérience spectateur. Concrètement, cela se traduit par des systèmes d’éclairage LED à haute efficacité; des pelouses natu- relles ou hybrides associées à des systèmes d’irrigation rationalisée; l’intégration d’énergies renouve- lables (toitures solaires, récupé- ration de chaleur); des dispositifs de contrôle d’accès dématérialisés et de billetterie 100% digitale; des réseaux de télécommunications dimensionnés pour le streaming, la
Pour la filière BTP, cette vague de chantiers se traduit par un taux d’occupation élevé des grandes entreprises de construction.
61 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO
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