B ÂTIMENT ET T RAVAUX P UBLICS
Ports
Une nouvelle carte logistique qui ouvre un cycle inédit de marchés Le Maroc redéfinit profondément son réseau portuaire, de Tanger Med à Dakhla Atlantique, en passant par Nador West Med, Safi et Casablanca. Cette stratégie d’envergure ne se limite pas à moderniser les quais : elle ouvre un cycle d’investissements qui transforme les acteurs marocains du BTP en piliers essentiels de la nouvelle architecture logistique africaine.
es travaux engagés, massifs et pluriels, mobilisent la construction maritime, les terrassements, les ouvrages industriels, les zones logistiques inté- grées, mais aussi la digitalisation des infrastructures. À l’horizon 2030, le Royaume pose ainsi les fondations d’un système portuaire capable d’ab- sorber les recompositions des chaînes de valeur mondiales et de renforcer son rôle d’interface entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie. Les acteurs glo- baux du BTP comme SGTM, TGCC ou Jet Contractors sont en pole position pour accompagner cette dynamique. Tanger Med incarne le premier moteur de ce repositionnement. Après avoir mobilisé 6,42 milliards de dirhams en 2025, l’Agence spé- ciale Tanger Med prévoit 7 milliards supplémentaires entre 2026 et 2028 pour agrandir les terminaux passa- gers, développer des ports secs et finaliser la digitalisation complète des opérations. Pour le BTP, ces chan- tiers représentent un marché conti- nu allant de l’extension des terre- pleins à la construction de bâtiments techniques, en passant par la mise à niveau des accès logistiques. L
À cela s’ajoute l’investissement de 280 millions de dollars porté par la coentreprise Marsa Maroc - CMA CGM pour relever la capacité conte- neurs de 1,2 million d’EVP supplé- mentaires, une initiative qui implique de nouveaux quais, des renforce- ments de digues et des plateformes spécialisées. La croissance du trafic justifie cette montée en puissance. La dynamique environnementale, avec un objectif de neutralité carbone en 2030, introduit aussi de nouvelles opportunités dans la construction d’infrastructures vertes et d’équipe- ments énergétiques. Plus à l’est, Nador West Med s’impose comme un second hub méditerra- néen et un nouveau marché de taille pour les entreprises de construction. L’infrastructure principale étant presque finalisée, l’entrée en service prévue pour fin 2026 s’accompagne d’un ensemble de projets qui vont au-delà des seuls quais. Le terminal disposera de 1.440 mètres de quais, répartis entre conteneurs et mar- chandises diverses, et sera capable de traiter jusqu’à 25 millions de tonnes d’hydrocarbures, 7 millions de tonnes de vrac solide et 3 millions
de tonnes de fret divers. La concession de 25 ans accordée à Marsa Maroc pour le terminal Est, inclut un investissement de 200 mil- lions d’euros et une extension de quai à 1.520 mètres, avec une capa- cité finale de 3,4 millions d’EVP, opérationnelle en 2027. Cette indus- trialisation nouvelle de l’Oriental appelle des ouvrages routiers, des plateformes logistiques, des zones tampons, ainsi que des installations pour hydrocarbures et vracs. À terme, 80.000 à 100.000 emplois directs et indirects devraient être générés, ce qui traduit l’ampleur du chantier pour les opérateurs du BTP. Dakhla Atlantique s’inscrit, lui, dans la stratégie atlantique du Maroc et représente un autre relais majeur de croissance pour le secteur. Avec un budget de 12,5 à 13 milliards de dirhams et un taux d’avancement de 47% en octobre 2025, ce futur port, dont la mise en service est atten- due début 2029, structurera durable- ment les échanges avec l’Afrique de l’Ouest. Le projet inclut un terminal commercial multifonctionnel, un ter- minal pour la pêche hauturière, des installations de réparation navale et
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 66
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