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B ÂTIMENT ET T RAVAUX P UBLICS

Comment barrages et usines de dessalement stimulent le secteur La politique publique en matière de barrages et de ressources alternatives représente un véritable relais de croissance pour le secteur du BTP. l’emploi BTP dans les zones pluvieuses du Nord et du Sud.

Le développement des projets de dessa- lement stimule à son tour significative- ment le secteur du BTP via des contrats d’ingénierie lourde et de construction d’usines et extensions d’infrastructures. Le programme national prévoit 13 nouvelles usines et 4 extensions d’ici 2030 pour atteindre 1,7 milliard de m³/ an, avec un investissement global de 130 milliards de DH (14,27 milliards USD) via le consortium Taqa Morocco- Nareva-Fonds Mohammed VI, mobili- sant entreprises pour génie civil, osmose inverse et pipelines. Des projets phares comme Casablanca (300 Mm³/an, 1 ère tranche en 2026, contrat chinois Lipu 6,5 milliards de DH) et Dakhla (37 Mm³/an) impliquent terrassement, bassins et réseaux, boos- tant les carnets de commandes BTP. Jorf Lasfar et Safi (extensions OCP) ajoutent 60 Mm³, avec reprise du ciment liée à ces chantiers hydrauliques. La phase de construction des 17 usines existantes (320 Mm³/an) et 17 en déve- loppement crée des milliers d’emplois directs (ingénieurs, soudeurs, ouvriers) et indirects (fournisseurs locaux), par- ticulièrement dans les zones côtières comme Agadir, Dakhla et Casablanca. À terme, l’exploitation (500 Mm³ pour irrigation) stabilise l’emploi via la main- tenance et l’agro-industrie, avec 200 sta- tions mobiles opérationnelles fin 2025, renforçant l’activité BTP d’urgence.

L

global de 6,2 milliards de DH, mobili- sant entreprises locales et internatio- nales pour terrassement, enrochements et ouvrages hydrauliques. Cette accé- lération réduit les délais de réalisation de 6 à 3 ans, dynamisant les carnets de commandes du BTP et favorisant l’innovation en techniques anti-érosion. En 2025, les livraisons de ciment bon- dissent de 4,88% en novembre (1,34 mil- lion de tonnes), portées par ces grands chantiers hydrauliques aux côtés des infrastructures routières. Le secteur de l’acier est lui aussi stimulé, alors que les acteurs traditionnels du bâtiment commencent à gagner des contrats dans ce segment. Emplois et impact régional Les 14 grands barrages en construction et 11 programmés jusqu’en 2027 créent des milliers d’emplois temporaires en phase de travaux (ingénieurs, ouvriers, sous-traitants), avec des effets multi- plicateurs sur l’économie locale via des approvisionnements et services. À long terme, ces ouvrages soutiennent l’agri- culture irriguée et l’industrie, stabilisant

a sécheresse structurelle bou- leverse la politique hydrau- lique du Royaume. Sept années consécutives de déficit

pluviométrique, des apports historique- ment faibles – 160 millions de m³ en septembre – et un taux de remplissage des barrages limité à 32% : le constat présenté par le ministre de l’Equipe- ment et de l’Eau, Nizar Baraka, devant les conseillers est clair. Le Maroc ne peut plus s’en remettre au seul modèle des grands ouvrages de stockage. Mais cette mutation profonde ne touche pas que la stratégie de l’État : elle redéfinit en pro- fondeur les perspectives du secteur du BTP, l’un des premiers exposés à cette transformation. Le développement des barrages au Maroc stimule fortement le secteur du BTP en générant des contrats massifs de construction, en boostant la demande en matériaux comme le ciment et en créant des emplois directs et indirects dans les régions concernées. Le programme 2025-2028 prévoit 155 nouveaux barrages (dont 16 grands en cours et 150 collinaires), pour un coût

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 68

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