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B ÂTIMENT ET T RAVAUX P UBLICS

L’international devient un véritable moteur de croissance Afrique – Moyen-Orient

Portés par une décennie de transformation interne, les géants marocains du BTP accélèrent désormais leur projection hors des frontières. Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Moyen-Orient : autant de marchés en pleine mutation, où la demande en infrastructures dépasse largement l’offre locale.

entreprises marocaines du BTP dis- posent de quelques avantages stra- tégiques : une expertise reconnue, un savoir-faire éprouvé dans les projets d’envergure, une proximité culturelle et des modèles d’exécu- tion compétitifs. Moyen-Orient : l’autre eldorado Si l’Afrique constitue un socle natu- rel pour l’expansion marocaine, le Moyen-Orient représente l’autre terrain d’hyper-croissance. Au pre- mier rang : l’Arabie Saoudite. Avec Vision 2030, le Royaume investit à une échelle inédite pour transfor- mer son économie et ses villes. Le marché saoudien du BTP est esti- mé à 1.300 milliards USD d’ici 2030 contre 655 milliards aujourd’hui. Même si plusieurs mégaprojets, dont NEOM, connaissent des ajuste- ments d’échelle, l’appétit demeure colossal : infrastructures urbaines, complexes touristiques, zones industrielles, routes, lignes ferro- viaires, stades et équipements spor- tifs en vue de la Coupe du monde 2034. Pour les groupes marocains, il s’agit d’un marché exigeant, mais mieux rémunéré, solvable, et à très forte visibilité. Les premiers mouvements y sont déjà engagés. TGCC : l’ouverture de l’Arabie Saoudite comme catalyseur Déjà très présente en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Sénégal, Gabon), TGCC a franchi une étape décisive en 2024 avec l’ouver- ture de TGCC Arabie Saoudite. L’international représente désor- mais 7% de son chiffre d’affaires, un niveau encore modeste mais qui marque une volonté claire de s’ins- taller durablement dans les zones à forte croissance. L’expansion africaine de TGCC

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métros, hubs logistiques…, des pro- jets d’une ampleur rarement obser- vée ailleurs sont attendus. L’échelle des chantiers est révélatrice : l’auto- route Abidjan-Lagos (965 km, 15,6 milliards USD), le TER de Dakar, le métro de Lagos, ou encore les projets énergétiques de Nachtigal au Cameroun et Lake Turkana au Kenya. Ces chantiers traduisent un mou- vement de fond : l’Afrique se struc- ture et accélère. L’Afrique de l’Ouest incarne cette dynamique avec une croissance autour de 5% et un poids du BTP déjà majeur dans plusieurs économies régionales : 7% du PIB au Sénégal, 4,3% en Côte d’Ivoire, près de 6% au Burkina Faso. Dans ce continent où les besoins dépassent les capacités locales, les

our des acteurs comme TGCC, SGTM ou Jet Contractors, l’interna- tionalisation n’est plus un relais complémen-

taire, mais un axe stratégique pour capter des marchés massifs, mieux rémunérés et structurants pour leur développement futur. Le continent connaît en effet une dynamique unique au monde : une croissance démographique appelée à porter la population africaine à 2,4 milliards d’habitants d’ici 2050, une urbanisa- tion sans précédent - la population urbaine passera de 650 millions en 2020 à 1,4 milliard en 2050 - et des besoins en infrastructures évalués à 130 milliards USD par an. Routes, ports, zones industrielles, énergies renouvelables, logements,

Le poids du BTP est déjà majeur dans plusieurs économies régionales en Afrique de l’Ouest.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°50 72

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