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Financement des projets Comment banques, fonds et PPP donnent forme aux méga-chantiers

À l’heure où l’État lance de multiples programmes d’infrastructures, logements, réhabilitation post-catastrophes, le financement traditionnel (fonds propres, crédits bancaires) coexiste avec des montages plus structurés : fonds d’investissement, partenariats public-privé (PPP), lignes de crédit longue durée. Ce mix s’impose comme le pilier indispensable pour lancer les grands chantiers. Le recours aux PPP présente plusieurs avantages concrets. Il permet d’intégrer le coût total du projet (construction + exploitation) dès le départ, de lisser les flux financiers sur plusieurs années, de répartir les risques entre public et privé. Il attire des capitaux privés (nationaux ou étrangers), désengorge le budget de l’État, tout en accélérant les délais d’exécution. Récemment, l’État a décidé de donner un coup d’accélérateur. Pour mieux struc- turer ces partenariats, le ministère de l’Économie a lancé la création d’une pla- teforme nationale de gestion des projets PPP. Objectif : centraliser, coordonner, L e cadre réglementaire des PPP au Maroc, codifié par la loi-cadre de 2014 (modifiée en 2020), offre un support juridique clair. Le principe est de confier à un partenaire privé la conception, le financement, la construction et souvent la maintenance ou l’exploitation d’un ouvrage public, sur la durée d’un contrat défini. Depuis les années 1990, le Maroc déploie ce modèle sur des secteurs variés : infrastructures de transport, énergie, ouvrages publics.

sécuriser les processus de l’appel d’offres à la réalisation pour garantir transparence et efficacité. Cette initiative devrait flui- difier le flux des projets en cours, amé- liorer la prévisibilité pour les investis- seurs et optimiser la gouvernance des programmes. À côté du PPP, les banques et les fonds d’investissement jouent un rôle essen- tiel. Les établissements bancaires four- nissent crédits, lignes de financement, montages de dette à long terme. Mais, compte tenu de l’ampleur des projets (autoroutes, grands barrages, infrastruc- tures portuaires, complexes hospitaliers ou ferroviaires), ces financements seuls sont souvent insuffisants. Les fonds d’in- vestissement, y compris des acteurs inter- nationaux ou des institutions de déve- loppement, apportent des capitaux frais, parfois adossés à des conditions de retour sur investissement plus souples, et offrent la capacité de financer des cycles longs, avec des périodes de retour sur investis- sement étalées. Des études récentes confirment que l’in- vestissement via PPP a un impact positif à long terme sur la croissance économique

du Maroc. En combinant l’efficacité du privé avec les priorités publiques, le Maroc peut mobiliser des ressources bien supérieures à ce qu’une gestion exclusi- vement étatique permettrait, tout en atti- rant des capitaux nationaux et étrangers. Pour le BTP, cela signifie que les pro- jets devenus stratégiques, à savoir infras- tructures ferroviaires, ports, hôpitaux, réseaux hydriques, énergie, aménage- ment urbain, peuvent désormais réunir les conditions financières, techniques et de gouvernance nécessaires. Le montage financier mixte (banques + fonds + PPP) sécurise le risque, assouplit les flux de trésorerie et donne de la visibilité sur le long terme. Mais ce modèle est sous-exploité. Le recours aux PPP demeure limité par des obstacles : lourdeur administrative, délais de structuration, besoin de capacités techniques pour évaluer les projets, per- ception de risque par les investisseurs. Dans plusieurs cas, les montages se sont arrêtés faute de coordination, d’évalua- tion de risques ou de garantie institu- tionnelle. La nouvelle plateforme devrait contribuer à lever ces verrous.

Des études récentes confirment que l’investissement via le PPP a un impact positif à long terme sur la croissance économique du Maroc.

75 HORS-SÉRIE N°50 / FINANCES NEWS HEBDO

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